LA UNE POLITIQUE

Audit du fichier électoral: Où sont passés les experts électoraux ?

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Le vendredi 23 novembre dernier, à travers une rencontre tenue à son siège avec la presse nationale et internationale, la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) a rendu public les chiffres assortis des opérations d’enrôlement des électeurs. À l’arrivée un peu plus de 3 millions de Togolais se sont inscrits. Ceci, sans que les experts électoraux commis par la Cedeao n’aient procédé à l’audit du fichier.

Silence ! Kodjona Kadanga fait les décomptes !

3.251.599. C’est le nombre des togolais enrôlés dans le cadre du recensement électoral, dans la perspective de la refonte totale du fichier électoral existant jugé corrompu en 2015 par la Francophonie. Selon le Prof Kodjona Kadanga, 210.000 personnes se sont faites enrôlées lors de la prolongation exceptionnelle. Et parmi eux, 1.428. 273 hommes et 1.613.326 femmes. Des chiffres que la Ceni annonce provisoires et sous réserve des phases de traitement des données, notamment le dé-doublonnage et l’apurement.

Par ailleurs, toujours dans ses décomptes, le Président de la CENI a fait cas de l’enregistrement de 856 candidatures provenant de 12 partis politiques et 18 listes indépendants.

Place à la réflexion…

S’appesantissant d’entrée sur le second aspect, concernant les candidatures enregistrées, il saute clairement aux yeux de tout observateur que les chiffres n’ont jamais été aussi infimes au Togo que cette année. Ceci, essentiellement du fait du boycott de la C14. Un signe avant coureur qui exprime clairement le peu d’engouement des togolais vis-à-vis d’un scrutin unilatéralement organisé par seul le pouvoir de Lomé.

En ce qui concerne le premier aspect, lié au nombre d’enrôlés, la curiosité reste aussi grande dans l’opinion. Et pour cause. En 2015, 3.509.258 se sont inscrits sur une population estimée à 6.191.155 habitants. Soit peu plus de la moitié de la population togolaise. Or, le rapport de la Francophonie sur la fiabilité du fichier électoral a fait état de plus de 8.119 cas irréguliers radiés, et quelques 20.000 cas de décès détectés, après traitement des enregistrements multiples et des contentieux.

Or, il se fait que cette année, ces chiffres avancés ne tiennent pas compte du travail dévolu aux experts électoraux spécialement commis par la Cedeao aux fins d’auditer le fichier. Et rien que sur la base de ces chiffres, l’on peut deviner un fichier qui avoisinerait facilement 4 millions d’électeurs, si la C14 qui draine avec elle la majorité des populations (résultats du découpage électoral des législatives de 2013) s’inscrivait dans la logique des élections. Un chiffre qui mérite réflexion quand on sait que depuis 2007 où tous les scrutins ont connu une participation inclusive, le fichier a toujours comporté presque 3millions d’inscrits. Or, cette année, c’est connu de tous que la C14 a boycotté l’opération, de même que ses militants. Se basant surtout sur les statistiques de 2015, les moins de 15 ans constituent 44% de la population générale du Togo. Il se révèle donc que la population togolaise est fortement jeune dont la majorité a consisté la base du CST, aujourd’hui C14.

Tout ceci mis dans la balance, il saute clairement aux yeux que le nombre total d’enrôlés devrait être que celui produit par la Ceni infecté par des cas de doublons, triplons, mineures, mendiants et autres catégories de personnes non éligibles.

Où sont passés les experts électoraux ?

C’est donc dans le but d’éviter dès estimations loin de la réalité et des supputations qu’il faille attendre, avant toute publication par la CENI, le rendu des experts électoraux. Ce qui n’a pu être fait, contribuant à jeter de plus discrédit sur le processus déjà décrié par tous. D’où justement le lieu de se demander où sont passés les deux experts commis à cet effet.

Aux dernières nouvelles, pendant que nous étions sous presse, nous avons appris que l’audit du fichier a démarré hier mardi pour rendre ses conclusions, dans les jours qui suivent. Quant à la publication des listes, elle est attendue le 30 novembre selon le chronogramme de la CENI. Il est donc souhaitable que ce rapport très attendu que connaissent le même slalom de celui de l’expert constitutionnaliste.

Qu’à cela ne tienne, on aurait pu vraiment faire économie d’énergie du côté de la Ceni en ne prenant en compte que les chiffres qu’auront avancés les experts. Et là encore, si et seulement s’ils reconnaissent l’acceptabilité du fichier.

FRATERNITE

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