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Crise d’alternance au Togo : Les sous-entendus de Akufo-Ado

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Dans un entretien accordé, le week-end  dernier, aux médias français TV5 Monde, Radio France Internationale et le journal «Le Monde», le Président ghanéen, Nana Akufo-Addo, s’est prononcé sur la situation politique au Togo. Une sortie qui nécessite une analyse profonde.

Ses déclarations sur le Togo sont si rares qu’elles font, à chaque occasion, le chou gras de la presse togolaise. Encore que la médiation de la Communauté Economique es Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) qu’il avait assumée, ensemble avec son homologue guinéen, le Prof Alpha Condé, a pris fin aux termes de la dernière session ordinaire de la communauté sous régionale tenue le 22 décembre 2018 à Abuja.

L’après médiation… Akufo-Addo à l’abordage !

Dans cet entretien enregistré à Accra, dans le cadre de l’émission «Internationales», le Président ghanéen, en Homme d’Etat et avocat de qualification professionnelle y est allé avec tact, parlant du Togo. Celui qu’il convient d’appeler désormais l’ex facilitateur désigné de la Cedeao dans la crise togolaise a parlé en des termes pleins de symboles, nécessitant une certaine hauteur d’esprit pour tout analystes et observateurs avant de pouvoir bien comprendre le fond de sa pensée.

En effet, à l’entame du sujet, le Président ghanéen ne s’est pas fait prier avant de recadrer ses interlocuteurs en leur faisant comprendre que la médiation était désormais du passé. «La médiation est terminée !», a dit, en substance, Nana Akufo-Addo de façon à la fois diplomatique et gestuelle à l’appui.  Le Président ghanéen a tenu ainsi à réitérer sa position sur la sortie de crise au Togo qui, selon lui, passera par l’alternance, comme il l’a d’ailleurs toujours affirmé. «C’est un problème des togolais…le plus important, c’est qu’ils arrivent à avoir une vie politique normale», a-t-il poursuivi.

Les sous-entendus

Un bout de phrase lourd de sens et qui explique clairement que la situation politique togolaise est anormale depuis plusieurs années, avec un régime qui régente le pays, du père au fils depuis plus de 50 ans déjà. Ce qui dit tout sur le le régime politique qui a court au Togo, après l’assassinat de Sylvanus Olympio où le pouvoir est confisqué par un clan. Un clan qui, par conséquent, voit systématiquement d’un mauvais œil, tout togolais nourrissant le vœu et travaillant pour l’alternance politique à la tête du pays.

Une analyse objective et minutieuse de la déclaration de Nana Akufo-Addo démontre également le monolithisme politique savamment orchestré et imposé aux togolais et qui, au regard de la marche du Monde, a besoin d’être réformé. En d’autres termes, le président ghanéen semble dire, à demi-mot, que l’alternance se veut une exigence politique à tout État qui se veut démocratique. Donc elle s’impose au Togo, qui se trouve obligé de se ranger dans les rangs de la dynamique mondiale, au risque de continuer par être une curiosité, non seulement dans la sous-région, mais aussi et surtout, sur le continent, même si le clan est résolument réfractaire à toute carricature aussi hideuse soit-elle.

Ne pas s’asseoir sur une braise

Aujourd’hui, c’est une certitude. Cette résistance affichée de Lomé à la normalisation de la vie politique au Togo, comme le souhaite le président ghanéen, risque de dresser contre soi, tous les autres États soucieux, avant tout, de la stabilité de leurs  territoires.

En effet, c’est un secret de polichinelle, et le président nigérian Muhammadu Buhari avait souligné que la stabilité de la sous-région passe avant tout par celle du Togo. Et par conséquent, aucun des États de la sous-région qui expriment désormais et tous merveilleusement, et sans grand nuit, les saveurs de la démocratie et l’alternance politique à leur sommet   n’accepterait basculer dans la violence par la faute d’un pouvoir aussi têtu et conservatiste que celui du Togo.

Aujourd’hui, lorsqu’on apprend que Faure Gnassingbé s’est rendu,  auprès de Nana Akufo-Addo, quarante-huit heure avant la diffusion de l’entretien par les médias français on est tenté de se demander ce qui fait courir tant, l’homme fort de Lomé, si tant est qu’il estime avoir repris en main la situation depuis la dernière parodie d’élections législatives qui a débouché sur des députés dits «élus».

Refuser de se conformer revient pour le clan, de jouer au Tarzan contre le monde.

FRATERNITE

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