LA UNE POLITIQUE

Farida Nabourema : En mission commande contre l’unité de la C14 ?

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L’activiste togolaise Farida Nabourema, se prononçant dimanche 18 novembre dernier, sur les derniers développements de l’actualité sociopolitique au Togo, a marqué un arrêt sur la Coalition des 14 formations politiques (C14). A travers un brûlot distillé et suffisamment relayé sur les réseaux sociaux, la jeune dame a fait une fixation sur le Parti National Panafricain (Pnp) de Salifou Tikpi Atchadam. Une sortie susceptible de mettre à mal, la dynamique unitaire bien conservée jusqu’ici par la Coalition, dans sa nouvelle lutte pour l’alternance politique au sommet de l’Etat.

Une femme, une lutte !

Connue pour ses diatribes et charges contre le régime togolais, l’activiste togolaise Farida Nabourema ne manque aucun épisode du feuilleton politique togolais. De sa plume souvent au vitriol, elle ne ménage, sous aucun prétexte, le régime cinquantenaire de Lomé, à gouvernance sociopolitique peu satisfaisante. Il y a un an, notre rédaction a allumé ses projecteurs sur cette dernière dont l’engagement et la lutte sont nobles et suscitent estime et admiration.

Noble… Mais attention….

Mais le diable se trouve dans les détails, dit-on souvent. Au même moment que sa lutte mérite d’être saluée, l’on ne saurait néanmoins rester pantois, surtout face à certains de ses sorties qui, aux yeux de nombre d’observateurs, s’avèrent excessives.

En effet, réagissant sur un supposé boycott de la dernière marche de la C14 par le Parti National panafricain (Pnp) de Tikpi Atchadam, l’activiste togolaise originaire de la région des Savanes et vivant dans la diaspora s’en est vertement prise à ce parti et ses militants. « Je trouve inadmissible et désolant que le PNP eu choisi hier d’organiser un meeting au siège de leur parti, quand la C14 tenait une manifestation dans les rues de Lomé, et ceci après la sortie de leur leader Tikpi Atchadam, il y a quelques jours », a-t-elle laissé entendre. Et de poursuivre en exprimant son dégoût sur le silence des activistes togolais qui, à ses yeux, ne manquent pas d’occasion pour tirer sur Jean-Pierre Fabre, mais gardent tout de même le silence devant le «déraillement» de Tikpi Atchadam et de son parti politique.  « Quand le Pnp a enclenché la manifestation le 19 août 2017, il eu fallu des pieds et des mains pour convaincre les autres partis à se lancer dans une action unitaire… », a ensuite ramené Farida Nabourema. Puis elle porte l’estocade :  « Nous devons pouvoir être objectifs dans cette lutte et rappeler tout leader politique à l’ordre quelque soit son parti. Hélas, les gens manquent de culot dans ce pays et ne s’attaquent qu’aux cibles faciles. Ayez de la dignité un tant soit peu ».

Ne pas tirer sur la corde !

Cette énième sortie fracassante de celle qui se défini comme «Citoyenne Togolaise Désabusée» aura le mérite d’heurter négativement les sensibilités. Et pour cause. C’est un secret de polichinelle que le combat politique de l’opposition, depuis plus d’un quart de siècle, est ponctué d’égoïsme, de médisance et de mépris des uns envers les autres et dont la conséquence n’est que désunion et querelles politiciennes. Même parfois aux portes des enjeux et défis majeurs. La répétition de ces vices a largement contribué à renvoyer aux calendes grecques, l’alternance politique et consolider le pouvoir des Gnassingbé.

C’est dans ce sens que la sortie de Nabourema Farida, dans le contexte précis, est tout sauf inopportune. S’il est évident que le sujet est d’actualité, il est plus judicieux de choisir un meilleur canal pour l’exprimer, pourquoi ne pas saisir officiellement l’état-major du Pnp sur le sujet.

L’activisme, l’autre couteau à double tranchant

En choisissant d’étaler à la place publique, les affaires internes à la Coalition, cet activisme, plutôt que d’arranger les choses, contribue indirectement à fragiliser la C14, et pour rien ! Sinon que pour des calculs ubuesques, petits et  congrus que Dame Nabourema cacherait mal. Du haut de son engagement, Farida Nabourema appuie, à sa manière, la lutte démocratique au Togo. Mais la perfection n’étant pas de ce monde, il est judicieux, dans l’intérêt de la lutte, qu’elle soit par moment recadrée dans ses erreurs de stratégie. Ne pas le reconnaître serait de faire inconsciemment le jeu du pouvoir de Lomé qui ne cherche que pareilles situation pour faire voler en éclat, la Coalition qui a le mérite de parler d’une seule voix depuis plus d’un an. Et ce, malgré la diversité des idéologies politiques le composant.

La lutte politique de l’opposition en faveur de l’alternance, c’est certes entre acteurs. Mais les activistes de tous ordres, jouent également leur partition. Il s’avère donc impérieux, pour l’intérêt supérieur du peuple togolais, de canaliser et converger toutes les énergies différentes vers le seul but. Plutôt que de vouloir se complaire du rôle de donneurs de leçon, un vice qui n’a toujours fait que saborder la lutte pour laquelle le peuple a déjà consenti le sacrifice maximal.

FRATERNITE

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