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La différence entre Journalisme et activisme

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Très souvent, et sous nos cieux, la limite entre l’activisme et le journalisme est connue de très peu de personnes. Ceci, au point de se mélanger les rôles, soit par ignorance, soit par passion. Mais entre professionnalisme et amateurisme doublé de suffisance, le temps et les événements finissent par situer les responsabilités.

Mal nous a pris !

Tout part du traitement, tendancieux et en des termes très peu courtois réservé, le 22 novembre 2018, à votre journal FRATERNITE sur les réseaux sociaux par l’activiste Dany Ayida. Ceci, pour avoir alors osé analyser, d’un œil objectif de journaliste, l’une des sorties au vitriol de l’activiste Farida Nabourema contre certaines formations politiques, membres de la Coalition des 14 formations politiques (C14). Des sorties, somme toute, rugueuses susceptibles de mettre à mal, l’unicité au sein de ladite coalition. Mais mal nous a visiblement pris, dans notre exercice d’éveilleur de conscience. #Farida Nabourema : En mission commandée contre l’unicité de la C14? #, avions-nous,  à l’époque, mis en manchette dans notre parution N°294 du 21 novembre 2018. «Vous appelez ça journalisme?», avait alors traité votre l’Hebdomadaire, le compatriote Dany Ayida. Ceci, au point de jeter du discrédit sur le caractère sérieux et intègre du travail non moins bon qu’abat, chaque semaine, la Rédaction de ce journal, jeté ainsi, malgré lui, à la vindicte populaire des lecteurs et internautes, sur l’autel d’une ignorance et une inculture royale. Avec  à la clé, des commentaires désobligeants tels «Torchon», «Papier hygiénique», «Journaliste ventrologue», «Journaliste corrompu», pour ne citer que ces qualificatifs.

La vérité rattrapée par le temps

Mais la succession des événements sociopolitiques auront vite déchanté le détracteur de votre journal.

Dans une réflexion publiée, la semaine dernière, l’activiste Farida Nabourema n’a pas été tendre avec la posture de «Messie» que l’on tenterait, à ses yeux, de coller à l’opposant et ancien ministre François Boko dont le retour au pays, après 14 ans d’exil a été empêché par le pouvoir de Lomé. «Hier, on nous disait que Paris a trouvé un remplaçant à Faure Gnassingbé, que nous devons laisser ce faux combat contre l’impérialisme de côté et l’accepter parce que c’est l’alternance qui est le plus important même si cela consiste à remplacer une hyène par une autre. Aujourd’hui, les mêmes grands stratèges nous disent que Paris est complice de Faure Gnassingbé contre le même remplaçant que Paris aurait choisi contre Faure Gnassingbé. Hier on nous disait que la CEDEAO est une institution bidon et les actuels leaders de l’opposition sont tous des imbéciles d’avoir cru en la CEDEAO. On nous fera venir un messie qui, lui, avec la bénédiction de Paris et de Washington, ne comptera pas sur cette maudite CEDEAO pour libérer le Togo.

Aujourd’hui les mêmes grands stratèges qui sont des grands maîtres de la démocratie nous disent qu’ils vont saisir la cour de justice de la CEDEAO contre l’état Togolais qui a empêché le candidat de Paris de rentrer au Togo avec son passeport français»,  a écrit celle que Dany aime appeler affectueusement «Ma soeur et chère amie».

Et de poursuivre en affirmant, sans commune mesure que «Le Togo est la capitale du ridicule. Ce qui m’importune dans tout ceci est comment ces personnes qui se sont entourées de Boko n’ont affiché aucune humilité et se sont comportées comme si toutes les personnes qui faisaient front à ce régime depuis des années même quand ce Boko était de l’autre bord et se servait des institutions de l’Etat pour brimer ses adversaires politiques sont tous des niais, des incapables, des faibles, des égarés, des ignorants qui n’ont aucun savoir-faire politique et c’est leur Messie Boko qui a la solution magique politique. C’est cette arrogance, cette prétention, ce m’avez- vous vu qui m’agacent au plus haut point…Vous avez prouvé à quel point vous êtes des malhonnêtes! ».

Voilà qui sonne comme un véritable requisitoire de Farida contre l’entourage direct de Boko dont fait partie Dany Ayida. Ce dernier l’a d’ailleurs attesté, à travers ses communiqués annonçant le retour au pays de M. Boko. Donc directement indexé par celle qui était jusque-là, son «compagnon de lutte» et l’une des «valeurs sûres» engagées en faveur de l’alternance politique tant recherchée au Togo.

Activiste et journaliste: quelle différence ?

Depuis la publication de ce brûlot qui, soulignons-le, a fait mal au sein de la couche de démocrate qui aspirent au changement dans le pays, difficile pour l’acteur de la société civile de réagir. Que cache donc un tel silence bruissant?  Doit-on alors déduire que celui-ci a été remercié en monnaie de singe par Farida? Cela ne peut l’être, vu qu’elle s’est prononcée, en tant qu’activiste, et en toute démocratie.

Et c’est justement là où réside toute la différence entre un activiste qui agit, certes avec engagement, et le journaliste. Mais à la seule différence que l’activiste peut surfer, par moment, sur la vague de l’émotion et de la passion. Alors que le journaliste professionnel et intègre est contraint par l’éthique et la déontologie d’épouser l’objectivité dans ses écrits, même si l’on a une grande admiration pour le sujet au cœur de ses écrits. C’est cela le journalisme. Pas autre chose.

En clair, la nouvelle sortie de la compatriote Farida se veut donc une bonne leçon administrée à Dany Ayida pour qui nous ne tenons aucunement rigueur, parce que convaincus qu’il s’était tout simplement écarté de la raison, mangeant au passage ses quelques rudiments de journalistes acquis hier alors qu’il pilotait la rédaction de Kanal FM, pour faire désormais le lit à la passion . Il est vrai que le jugement objectif est un exercice de grandeur que rares réussissent. Mais il est aussi vrai que la culture de la grandeur d’esprit est une obligation permanente pour nous quand nous voulons traiter des questions nationales.

Vivement que ce dernier tacle  de Farida  fasse cas d’école en sorte d’inciter chacun des acteurs engagés en faveur de la démocratie et l’alternance politique au Togo a bien jouer le rôle qui lui convient. Mais dans le respect de l’autre et de ses opinions. C’est cela la démocratie.

FRATERNITE

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