LA UNE POLITIQUE

Réformes et Présidentielle L’ANC entretient le flou

Des voix discordantes ont résonné, cette semaine, au sein du parti Alliance nationale pour le changement (Anc). Ceci, au sujet de la candidature ou non de son Président national à la présidentielle de 2020 qui avance à grand pas. Des déclarations controversées qui entretiennent le flou dans l’opinion et nourrissent les débats.

L’ex député de l’Alliance nationale pour le Changement (Anc), Drah Seveamenou Sévérin et le Conseiller à la Communication du parti orange, Eric Dupuy ne sont visiblement pas sur la même longueur d’onde. Et pour cause, divisés sur le sujet de la candidature ou non de l’ex Chef de file de l’opposition, Jean-Pierre Fabre à la prochaine présidentielle.

Du tic au tac

En effet, lors d’un meeting tenu, samedi dernier, avec la Jeunesse de l’Anc à Bè Kondjindji, l’ex député Drah a laissé entendre que Jean-Pierre Fabre est le candidat naturel du parti pour la présidentielle de 2020. « On a déjà un candidat naturel à l’ANC», a déclaré l’honorable Drah avant de préciser : « Je ne dis pas que le candidat de l’ANC s’impose à tous les autres candidats. Mais l’ANC a déjà son candidat. Je regrette que certains partis ont une mauvaise compréhension du conclave. L’objectif de cette réunion n’était pas pour choisir un candidat unique. C’est plutôt voir comment réaménager la C14 pour répondre de façon efficace aux élections qui nous attendent».

Une affirmation qui semble ne pas être du goût du Conseiller à la Communication du parti. Dans sa réplique, en guise de rectification, Eric Dupuy a désavoué publiquement son camarade militant Drah qu’il tient responsable de ses affirmations qui n’engagent nullement le parti. «A l’Anc, seul le congrès est habileté à désigner les candidats. Donc les propos relatifs au candidat naturel n’engagent pas l’Anc», a précisé M. Dupuy qui poursuit en estimant que sa formation politique accorde la priorité aux réformes et non à la candidature de M. Fabre.

Du flou…

Dans l’opinion, plusieurs sont des questions qui jaillissent, au regard du flou engendré par ces déclarations ambigües qui émanent de deux cadres d’une même formation politique. Et de toute analyse faite, l’on en vient à déduire que la sortie de Eric Dupuy, au lendemain de celle du député Drah, a tout l’air d’une réplique plutôt que d’un recadrage. Sinon comment comprendre qu’un député connu si proche du président national peut se permettre une telle déclaration si le sujet n’ait déjà pas fait l’objet de réflexions poussées au sein du sérail. L’interrogation est somme toute légitime quant on sait certaines pratiques propres au parti orange, surtout en matière de communication. On se rappelle encore du récent acte posé par Eric Dupuy qui a, dans un premier temps, balancé sur les réseaux sociaux, la notification faite par le Car à la C14 déclinant sa participation au conclave, avant de revenir brandir une erreur de sa part. Sachant qu’en bon communicateur, l’objectif etait déjà atteint, celui d’alerter l’opinion sur la situation, sinon livrer le parti des déshérités aux critiques, comme cela a toujours été au sein de l’opposition togolaise, gangrenée dans son ensemble par des attaques et coups bas à répétition retardant depuis lors, l’alternance politique au Togo. Autrement, pourquoi alors avoir laissé cette déclaration de si haute portée faire son chemin au sein de l’opinion et sur les médias avant de revenir tenter de la ravaler, non par un démenti mais plutôt par un recadrage. Toute la question est là. Et tout observateur avisé peut se faire une idée de ce qui se joue à l’état-major de l’Anc, surtout à une période où la confiance et la sérénité sont mises à rudes épreuves au sein de la C14.

Nécessité de se ressaisir

Le parti de Jean-Pierre Fabre se doit de soigner sa communication, si tant est qu’elle n’est pas orientée stratégiquement et à dessein. Sinon, l’occasion sied bien à toute hypothèse et interprétation au sein de l’opinion. Lesquelles ne seront pas favorables à ce parti qui, à l’approche de chaque échéance électorale, prépare les mentalités à toute éventualité. D’où justement la nécessité pour ce parti de se ressaisir, surtout à l’heure où le peuple togolais n’est plus prêt à se faire rouler en farine par ceux-là qu’il a clairement identifié depuis un temps comme de vrais businessmen politiques qui font office d’opposants. Et en la matière, les postures de l’Anc depuis 2015 ont édifié plus d’un.

FRATERNITE

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