LA UNE POLITIQUE

Sortie de crise et l’option de la médiation: Le vil bling bling de Taama

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Pour une sortie de crise apaisée et au Togo, chaque acteur politique y va de ses propositions. Pour le Président du parti Nouvel Engagement Togolais (Net), Gerry Taama, les élections constituent l’une des solutions. Cette approche, le natif de Siou et Secrétaire général du mouvement des «Centristes» l’a encore défendue, il y a quelques jours, avant sa mésaventure Bruxelloise. Mais la dernière déclaration du Président guinéen Alpha Condé, l’un des médiateurs de la crise sociopolitique togolaise, aura douché l’obsession à aller aux urnes de l’ancien sous-officier de l’armée togolaise.

Le recadrage du Président Alpha Condé

« Nous n’avons pas appelé à des élections au Togo… Nous avons seulement donnée une date indicative… », a martelé ce lundi, sur France 24, le Président Alpha Condé, en marge du 31ème sommet de l’Union Africaine (Ua) tenu en Mauritanie.

Si cette déclaration qui recadre les débats sur l’amalgame né des diverses interprétations faites du dernier communiqué des médiateurs de la Cedeao devra réjouir la Coalition des 14 formations politiques (C14), elle ne sera nullement pas la bienvenue au sein du parti Union pour la République (Unir) et ses partis satellites. Parmi eux, le Nouvel Engagement Togolais (Net) de Gerry Taama.

Un homme «caméléon»… dans une posture claire obscure

C’est un secret de polichinelle, le natif de Siou n’a jamais été stable politiquement. Hier comme aujourd’hui, l’homme a toujours fait du vacillement politique, sa ligne de conduite. Ceci, au point d’attirer tristement les regards de nombre de togolais sur lui, au regard de sa position claire- obscure.

L’une des résultantes de ce dualisme politique reste l’obsession que nourrit l’homme quant à la tenue des prochaines élections, surtout législatives, comme l’une des alternatives possibles pour une sortie de crise au Togo. Déjà, l’ancien sous-officier de l’armée togolaise et son parti n’ont hésité à envoyer leur représentant à la Commission Électorale Nationale Indépendante (Ceni). Rien d’anormal, puisque prévues par le calendrier républicain. Sauf que Gerry Taama a choisi une amnésie occasionnelle sur l’histoire politique du Togo toujours mouvementée et jonchée de violences, de morts et déplacés, du fait des élections. Un cycle infernal, mieux un mauvais sort qu’il faut à un moment donné, parvenir à conjurer. Ceci à travers des actions fortes, comme  l’épurement du fichier électoral, puis la recomposition de la Ceni, et de la Cour Constitutionnelle, des institutions loin d’être neutres, sinon très partisanes dans les conflits électoraux au Togo.

Mais visiblement, le Président du Net ne semble pas analyser la situation de cet angle et il ne rate aucunément l’occasion de défendre sa proposition que porte également le mouvement des Centristes dont il est le secrétaire général.  «C’est bien de demander le départ de Faure Gnassingbé mais en réalité, à la fin de la journée, il est toujours au pouvoir.

Aujourd’hui, pour sortir du pétrin, il faut aller à des élections législatives crédibles et transparentes qui vont donner à l’opposition un Premier ministre pour préparer l’élection présidentielle de 2020 et modifier toutes les lois pour battre à la régulière l’actuel chef de l’Etat », disait-il en substance, il y a encore quelques jours sur RFI, défendant ainsi bec et ongles la tenue des élections, dans les conditions actuelles, peu avant sa déconvenue survenue dans la capitale belge.

Retour à la raison et à la sagesse

Depuis lundi, l’ancien élève du Collège Saint Cyr, dégonflé par les propos de récadrage précités du Président Condé, devra revoir sa copie, qui est en déphasage avec la réalité. Les élections ne sauront être la solution au problème togolais pour nombre de raisons dont certaines ont été sus-évoquées. La précision du médiateur guinéen n’est donc qu’un rappel de ce que tout observateur doté d’un esprit libre savait déjà. Un retour à la raison et à la sagesse donc. De là, aussi bien Gerry Taama, son parti Net, son regroupement politique «Les Centristes» que le ministre Gilbert Bawara, tous sont appelés à revenir à la raison. Autrement, la thérapie de la Cedeao risque d’être une thérapie de choc.

Cyrille PESSEWU

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