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27ème Dialogue politique togolais : Une exclusion pragmatique

Le dialogue intertogolais attendu par tout un peuple s’est ouvert, le lundi 19 février, sous la houlette du facilitateur, le Président ghanéen, Nana Akoufo- Addo. Une première journée de travaux entre pouvoir et coalition des 14 formations politiques qui a débouché sur quelques note d’avancée notable. Il s’agit notamment de l’obtention de la grâce présidentielle pour 45 personnes ainsi que le jugement, ce mercredi, de 7 detenus dans l’affaire des incendies. Ceci, afin d’entrevoir leur mise en libération sous conditions. Une note de satisfecit résultant, en partie, du caractère “exclusif” du dialogue.

Les attentions étaient orientées, ce lundi, vers l’hôtel du 2 Février qui abrite les travaux du dialogue politique très attendu des togolais. Comme annoncé, l’ouverture officielle de ce dialogue politique entre acteurs politiques togolais a été présidée par le Président ghanéen, Nana Akoufo-Addo dont les émissaires ont mené, avec diplomatie et élévation d’esprit, les travaux préparatoires.

Ordre du jour béton… Mais après les préalables !

Six (6) mois donc après le déclenchement de la crise politique qui secoue le Togo depuis août 2017, laquelle est-on tenté qualifier de “sans précédent”, à l’ère de Faure Gnassingbé, les différentes parties prenantes devront donc parvenir, en dix (10) jours de discussions franche et sincère, à une sortie de crise honorable.

A l’ordre du jour des discussions, plusieurs points essentiels, les uns aussi pertinents que les autres. Il s’agit notamment du rétablissement de la Constitution de 1992 , de l’implication du rétablissement de la Constitution de 1992, de la transition, de l’organisation du référendum portant révision de la constitution de de 1992, du cadre du dialogue, de la participation du gouvernement au dialogue, du caractère “inclusif” du dialogue et des réformes constitutionnelles, entre autres.

Des délégations commando… en ordre de bataille !

Pour discuter de tous ces sujets, le facilitateur fait face, depuis lundi, à trois délégations bien fournies, notamment celles du pouvoir et de la coalition, représentées chacune par 7 membres. L’une ou l’autre, toutes sont en ordre de bataille, dans l’optique de faire avancer, d’un pas, la jeune démocratie togolaise. TRIMUA Christian, AGBA Kondi Charles, Mme Dzigbodi Yawa TSEGAN, Aklesso ATCHOLI (Secrétaire UNIR), NATCHABA Malick et René Théophile KAPOU, pour le compte du Pouvoir. Et la Coalition compte, dans ses rangs, Ouro Tchikpa du Parti National Panafricain (PNP de Tchika Atchadam), Me Yaovi Agboyibor du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR), Mme Brigitte Kafui Adjamagbo de la Convention Démocratique des Peuples Africains (CDPA), Prof. Aimé Gogué de l’Alliance Démocratique pour le Développement Intégrale (ADDI), Me Dodji Apevon des Forces Démocratiques pour la République (FDR), Antoine Folly de Sursaut-Togo, puis Jean-Pierre Fabre de l’Alliance Nationales pour le Changement (ANC). Quant au gouvernement, il est représenté par les ministres Gilbert Bawara et Payadowa Boukpessi.

Déjà des acquis !

Déjà connu de tous, les préalables devraient constituer le tout premier challenge pour le facilitateur qui fonde l’espoir de tout un peuple. Mais entre exigences, réalisme, souci d’apaisement et dépassement de soi, le premier cap a été franchi, avec l’implication de toutes les parties. La première journée des travaux a donc été sanctionnée par des décisions, pour le moins, appréciables.  En clair, l’on retient l’accord, par le Chef de l’Etat, de la grâce présidentielle à 45 personnes dont 36 déjà relâxées, le jugement, illico presco, ce mercredi, de 7 detenus arrêtés dans l’affaire des incendies en vue de statuer sur leur mise en liberté provisoire et le jugement, au cas par cas, des autres détenus. Quant aux manifestations politiques, elles restent provisoirement suspendues pendant le dialogue.  En vue de donner du temps aux acteurs de faire le point sur l’ensemble de ces décisions prises, les travaux sont suspendus pour reprendre vendredi. Somme toute des acquis dont les togolais doivent se réjouir, puisque constituant de fait, un signe avant coureur de la bonne volonté de chacune des parties à sortir dans les plus brefs délais, de la crise.

Exclusion positive

Pour nombre d’analystes, si les travaux ont pu connaître une telle accélération à l’amorce, c’est en partie dû au caractère exigu du cadre qui ne regroupe exclusivement que le pouvoir et la Coalition des 14. Les exemples du passé, notamment la signature de l’Accord Politique Global (APG), un accord moins solide que l’Accord cadre de Lomé, fondent l’argumentaire de ces analystes pour qui, la mise à l’écart des autres partis de l’opposition comme le Net de Gerry Taama et le Mrc de Frédéric Abass Kaboua, très bouillants et prolifiques en gesticulations se veut une démarche évitant au dialogue d’être un marché, où les certains politiques mercantististes viendront faire leurs affaires. Comme l’avait déjà annoncé Faure Gnassingbé dans les colonnes de Jeune Afrique, ce dialogue ne peut être une conférence nationale bis. Et c’est en cela qu’il faut se féliciter de l’intransigeance de la coalition des forces démocratiques sur le sujet et dont les résultats sont déjà prometteur.

Toutefois, il urge que toutes les parties prenantes restent dans cette dynamique en vue d’aller vite aux vrais enjeux du dialogue que sont le retour à la Constitution de 1992 ainsi que son implication juridique, tel que l’exige, depuis le 19 août 2017, la coalition des 14 formations démocratiques, au cœur de la constatation populaire contre le pouvoir de Faure Gnassingbé.

Cyrille PESSEWU

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