LA UNE POLITIQUE

Absence du Togo au «Sommet pour la démocratie» L’autre revers pour Faure

L’administration américaine a organisé, les jeudi 10 et vendredi 11 décembre derniers, le Sommet pour la démocratie. Promesse de campagne du président américain Joe Biden, ce sommet a réuni virtuellement quelque 110 pays et territoires. Constat flagrant, le Togo de Faure ne figure pas sur la liste des hôtes de Biden. Un fait qui relance de plus belle, le débat sur le vrai visage, vu de l’extérieur, du pouvoir cinquantenaire du père au fils.
Le Togo ignoré par Washington

Ce sommet organisé par Washington se veut, selon la Maison Blanche, révélateur du combat des démocraties contre les dictatures et régimes autocratiques. Une vision au centre de la politique étrangère de Biden. Autrement, par ce sommet, les États-Unis entendent refonder les bases de la promotion de la démocratie à travers le monde. Et pour ce faire, déclare Joe Biden, dans son allocution, à l’ouverture des travaux, Washington se doit, lui-même, de «combattre sans relâche pour être à la hauteur de leurs idéaux démocratiques».

Surprise pour les naïfs et confirmation pour les esprits lucides. Le Togo, ignoré par Washington, a été absent de ce sommet qui a rassemblé les représentants d’une centaine de gouvernements, d’ONG, d’entreprises et d’organisations caritatives. Outre la Chine et la Russie, considérées par Joe Biden comme les championnes du camp des autocrates, les autres pays exclus de ce sommet l’ont été, à l’analyse, de raison. En effet, parmi les exclus du rendez-vous de Washington dont l’objectif est de tenter de ranimer la flamme démocratique figurent en bonne place, outre la Russie et la Chine, l’Iran, la Corée du Nord, Cuba, le Venezuela, le Brésil, la Syrie, la Turquie, l’Arabie saoudite, la Hongrie et bien d’autres régimes autocratiques.

Ainsi, sur la base des critères d’invitation et les objectifs du forum, l’on comprend aisément que la lutte contre la corruption, le combat contre l’autoritarisme et la promotion des droits de l’homme, à l’intérieur des pays démocratiques comme à l’extérieur, définissent le profile des pays conviés à la table de l’administration Biden. Encore que pour choisir les pays participants au sommet, l’équipe de Biden a procédé à une analyse rigoureuse des évaluations de la gouvernance démocratique. Évaluations menées par un nombre d’organisations dont Freedom House qui publie annuellement un rapport sur les types de régimes dans le monde. Et à l’arrivée, la majorité des pays invités, soit 77 pays (ou 69%) sont classés dans la catégorie de « pays entièrement libres » dans le rapport 2021 de Freedom House. Et 33 pays, soit 28% sont des pays « partiellement libres».

L’autre revers pour Faure

Fort de ce tableau, l’absence du Togo s’explique de lui-même. Un pays régenté plus de cinquante années par un seul régime qui va du père au fils et qui n’a, par conséquence, rien de démocratique aux yeux de Washington pour deux mandat est la traditition. À cet indicateur moins glorieux dont se fait champion le régime Rpt-Unir, s’ajoute la mauvaise gouvernance et sa horde de conséquences néfastes sur le développement du pays. En exemple, nombre de classements logent le Togo au rangs des pays mal gouvernés. En exemple, le classement fait par The Economist, une référence en matière d’évaluation de la gouvernance qui, depuis 2007, n’a de cesse classer le Togo dans la catégorie des « régimes autocratiques ». Somme toute une expression diplomatique pour désigner une dictature. Sur le classement de 167 pays, le Togo, 164eme, n’était meilleur que par rapport au Tchad, à la Centrafrique et à la Corée du Nord. Douze (12) ans plus tard en 2019, le Togo occupe la 127eme place, mais demeure toujours dans la catégories des dictatures. À cela s’ajoutent les derniers classements de l’Indice de développement humains (Idh) qui ont mal loti le Togo qui, pourtant se glose et se leurre avec des illusions de programme de développement à l’instar du PND et de la Feuille de route gouvernementale 2020-2025 ainsi que des réformettes exhibées à tout va dans le cadre de Doing Business. Un programme d’ailleurs annulé par la Banque mondiale tout récemment pour des senteurs de corruption. Ceci, à une période où le Togo connaît curieusement un rebond relatif dans les classements DB.

C’est dire donc que tout se sait et se constate à la limite près. Surtout dans un monde devenu aujourd’hui un village planétaire. Hormis les observateurs peu crédibles comme des diplomates et fonctionnaires internationaux en poste au Togo qui veulent faire dans la roublardise et complaisance en peignant en rose la gouvernance de Faure, le vrai baromètre viendra des Etats-Unis qui, une fois encore, confirment ce que tout le monde sait déjà du Togo. Un pays loin d’être un modèle démocratique, encore moins de gouvernance sociopolitique. Tout simplement un régime hostile à la critique au point même de restreindre les libertés fondamentales sur l’autel d’un pouvoir que l’on veut sans fin.

FRATERNITE