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Acquittement de Jean-Pierre Bemba à la CPI: Des pistes vers la libération de Gbagbo  !

En fin de semaine dernière, la Cour pénale internationale (CPI) a décidé, à la surprise générale, la remise en liberté provisoire de Jean-Pierre Bemba. Aquitte en appel, l’opposant congolais qui a déjà purgé 10 années dans les geôles de la CPI s’est vu notifier sa libération hier mardi. Un début d’espoir pour le camp de l’ancien président ivoirien, Laurent Gbagbo dont le procès semble avoir un trait commun avec celui de l’ancien Vice-président congolais : le manque de preuves suffisantes.

Surprise…. Surprise…!

 Vendredi dernier, Jean-Pierre Bemba pourtant condamné à 18 ans de prison a été acquitté dans un premier jugement pour des «crimes de guerre» et des «crimes contre l’humanité» commis par ses milices en Centrafrique.

Principale motivation de cet acquittement, la majorité des juges d’appel de la CPI a estimé que de «sérieuses erreurs» dans le jugement avaient fait «disparaître sa responsabilité pénale». « Considérant que monsieur Bemba a été acquitté dans l’affaire principale après dix ans de prison, considérant que les coaccusés de monsieur Bemba dans cette affaire sont tous libres et ce depuis octobre 2014, considérant que monsieur Bemba a purgé 4,5 fois la peine initiale à laquelle il était condamné et 9/10è de la peine maximale possible, considérant qu’il s’est engagé à se rendre s’il devait effectuer une peine de prison supplémentaire, nous estimons qu’il n’y aucune loi ou argument objectif qui justifie de séparer monsieur Bemba de sa famille un jour supplémentaire», a déclaré Me Taylor, l’un des avocats de son conseil. Et d’ajouter que « Nous n’ignorons pas que ce verdict a bouleversé certaines personnes, mais il est final et les critères pour son maintien en détention ne sont pas remplis ».

 Cette décision qui intervient après dix (10) années de détention a, telle une traînée de poudre, envahi la toile et fait le tour du monde. L’ancien Vice-président congolais pourrait désormais rejoindre son Congo natal qui se prépare pour la prochaine présidentielle prévue pour décembre 2018.

Bemba acquitté… Quelle incidence sur le cas Gbagbo ?

S’il est vrai que Jean Pierre Bemba n’est quand-même pas au bout de ses démêlés judiciaires avec la Cour, puisqu’il devra attendre l’audience du 4 juillet et la décision qui devrait fixer sa peine dans la deuxième affaire pour laquelle il a été condamné, celle de subornation de témoins, son acquittement créé, de fait, un cas de jurisprudence dont les échos retentissants ont résonné jusqu’à Abidjan.

En effet, à la suite de la surprenante décision rendue par les juges de la CPI, l’opposition en Côte d’Ivoire, et particulièrement le Front Populaire Ivoirien (Fpi) ont nourri grand espoir quant à une possible libération de l’ancien président Ivoirien, Laurent Gbagbo détenu depuis 2011 et où il est jugé depuis deux (2) ans déjà par la Haye pour les mêmes chefs d’accusation. Mais force est de constater également qu’après deux ans de jugement, la cour manque cruellement de preuves tengibles au sujet des accusations portées à l’encontre de celui-ci etvson bras droit, Charles Blé Goudé.

Après plusieurs passages de témoins qui se sont dédiés par la suite, nombre d’analystes ont conclu que le procès de Laurent Gbagbo et de son ministre Blé Goudé a plus de motivation politiques que judiciaires. Et de soutenir, ensuite, qu’ils devront recouvrer, chemin faisant, leur liberté,tant les temps et le vent jouent en leur faveur. Aujourd’hui, après la libération de Jean Pierre Bemba, le débat se relance de plus belle.

L’espoir est de mise

 A voir de près, il n’est pas exclu que ce procès tourne également en faveur de l’ancien président ivoirien pour déficit de preuves sérieuses. L’espoir est donc permis. Et dans ce cas, il pourrait tenter de prédire que plutôt que penser les anéantir politiquement, l’arrestation et la détention de ses hommes politiques du continent contribueront plutôt à augmenter leur côte de popularité auprès de leurs populations où même les plus septiques verront en eux, des victimes collatérales de la géopolitique. Mais alors, une ouverture directe sur la présidence de leur pays respectif est envisageable.

Cyrille PESSEWU

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