CULTURE LA UNE

Annulation des Evala 2020 : Mauvaise nouvelle pour les saltimbanques, courtisans…

L’édition 2020 de la lutte Evala en pays Kabyé, localité d’origine du Chef de l’Etat,  a été annulée en raison de la pandémie du coronavirus. L’annonce a été faite la semaine dernière par les organisateurs. Une mauvaise nouvelle pour non seulement les jeunes lutteurs mais aussi pour toutes les personnes qui s’agrippent autour de cet évènement pour toute raison.

En pays kabyé, les luttes evala, sont une occasion pour les jeunes evalou de se distinguer parmi leurs co-initiés par leur force, leur endurance et l’élégance de leur danse. Cette cérémonie rituelle d’initiation qui se pratique individuellement de maison en maison dès le mois de janvier permet aux jeunes d’intégrer la classe des adultes. Les cérémonies finales débutent le mois de juillet. D’une fête traditionnelle, feu Eyadema a, aux fins de sa dictature, hissé evala en une manifestation nationale où les sommités du pays doivent se rendre  chaque année, preuve de leur allégeance au Timonier. A sa suite, son fils Faure a maintenu cette culture ethno-politique.

Du coup, le fonctionnement de l’administration se plonge en hibernation chaque mois de juillet. Un moment où Evala s’impose et jette presque tout à l’arrière-cour des priorités. Il s’agit, en effet, de cet instant où il ne convient pas d’avoir quoique ce soit d’urgent, à se faire servir par l’administration togolaise; sinon tant pis. Bref, presque tout l’appareil d’Etat se met en vacance.

Une période également propice pour les responsables des sociétés d’Etats et autres institutions de se servir dans les caisses publiques pour soutenir l’organisation de cette fête. Occasion pour eux  de gonfler les factures sachant très bien que personne ne pourrait engager des poursuites contre eux pour avoir soutenu, à grand frais, la manifestation culturelle la plus côtée politiquement.

Les autres déçus, ce sont les vicieux de la chair. En effet, cette fête traditionnelle  rime aussi  avec la dépravation des mœurs. C’est la période par excellence de la floraison du commerce du sexe à tout va, de la consommation excessive de la drogue et de l’alcool qui rendent la ville de Kara plus vulnérable à la propagation du VIH/SIDA et autres maladies corollaires. Dans une région qui se trouve être la deuxième la plus pauvre du pays, Evala fait plus de mal à Kara que ne semble la montrer les quelques jours de bamboula. 

Malgré cette crise sanitaire, certaines voix useraient de tous les moyens pour que les Evala tiennent. Et ce en dépit des mesures barrières édictées par le gouvernement dont l’interdiction des rassemblements de plus de 15 personnes.

Loin de se réjouir du report de cette fête qui permet tout de même à certaines personnes de gagner honnêtement de l’argent en vendant de l’eau ou des œuvres artistiques aux touristes, l’annulation des luutes evala cette année doit permettre à certains responsables de repenser leurs rapports avec cette fête pour le bien de la préfecture de la kozah et du Togo en général.

FRATERNITE