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Boulevard Jean-Paul II : Nouvelle route de la mort

En rénovation depuis quelques mois, le Boulevard Jean Paul II fait désormais parti des routes les plus dangereuses au Togo. La semaine dernière, pas moins de trois personnes ont succombé suite à des accidents sur cette voie.

Le Boulevard Jean-Paul II est une longue artère qui va du Collège Saint Joseph jusqu’au pont aérien de Kégué. Depuis quelques mois, cette route ne cesse de faire parler d’elle. Et pour cause, les accidents s’y comptent par dizaine toutes les semaines. La semaine dernière, du jeudi à dimanche, au moins 3 morts ainsi que de nombreux blessés ont été signalés  dans 2 accidents. « Lundi 29 juillet dernier, aux environs de 14 heures, un accident à Ecobank Nukafu, un camion a écrasé 2 personnes qui étaient à moto. Mardi, c’est à Kégué qu’un cycliste a été ramassé par un automobiliste. Il a rendu l’âme sur place », a rapporté le confrère togobreakingnews. Toujours en chantier, mais ouvert à la circulation depuis plusieurs mois, la recrudescence des accidents sur le Boulevard Jean-Paul II suscite de vives réactions.

Ni feu tricolore ni électrification…

Quoique les conduites imprudentes et les comportements de certains usagers accentuent les risques d’accidents sur cette voie, l’opinion s’interroge surtout sur les manquements constatés sur le Jean Paul II. En effet, confiée à l’entreprise chinoise CRBC pour achèvement du bitumage, la route n’est toujours pas électrifiée. Les feux tricolores ne sont pas encore installés. Pour délimiter la voie, il a fallu des cris d’alerte avant que l’entreprise chinoise ne s’exécute. Chose curieuse, la séparation faite à base d’une peinture blanche n’est pratiquement pas visible surtout la nuit. « Ma tante était si vigilante et prudente qu’ un autre usager est venu la ramasser elle et sa moto par derrière en évitant une voiture qui roulait en sens opposée cherchant à doubler une voiture qui cherchait elle aussi à doubler un tricycle. Qui sait si la route était bien  tracée notre « chauffard » aurait compris que la voiture qui doublait le tricycle était sur la bande de séparation et aurait avorté sa dangereuse manœuvre ?», s’est indigné un proche d’une victime. « Je sais que ce n’est pas la seule route où se produisent des accidents, mais je me limite à ce boulevard que j’emprunte plusieurs fois par jours et je n’ai fait que publier la photo de l’accident ou désagrément dont j’ai été moi-même victime et 2 autres accidents plus graves dans respectivement la nuit du mien et le lendemain. Plus de 13 cas m’ont été signalés, mais je n’ai pas été directement témoins. Si tous ces cas étaient vrais il y aurait en moyenne 5 accidents par jour sur la portion assemblée de Dieu kegué et à la station TOTAL Jean Paul II », a écrit Eugéne Attigan, un animateur Télé de renommée au Togo sur sa page Facebook.

L’autre danger qui guette les usagers de cette voie, ce sont les caniveaux laissés à ciel ouvert par endroit aux abords de ce boulevard. Une situation incompréhensible pour Eugène Attigan.  « Pourquoi c’est seulement par endroit que les dalles de fermeture marquant les travaux de finition des caniveaux sont posées ? Il y aurait-il des conditions non dites qui doivent être satisfaites avant que les dalles soient posées sur la portion de caniveaux de sa devanture (boutiques, bureaux, maisons)? Si la réponse est OUI, alors pourquoi ? Si la réponse est NON, d’autres questions vont suivre forcément et qui ne feront pas plaisir. Ma démarche à laquelle des milliers ont adhéré n’est pas d’attaquer X ou Y, mais de motiver pour que les travaux de finitions de ce boulevard se fassent », a écrit l’animateur sur sa page Facebook. Et de poursuivre « ma prière est de voir dans les prochains jours, les caniveaux complètement fermés, la route finalement tracée et de commencer par penser franchement à l’éclairage de ce boulevard ».

Attribuée dans un premier temps à CECO BTP, la route Lomé-Vogan-Anfoin, dont fait partie le Boulevard Jean-Paul II, est passée en 2016 à la China Road and Bridge Corporation (CRBC) pour 30 milliards CFA. Pour l’instant, ni l’entreprise chinoise ni les autorités togolaises n’ont réagi aux séries d’accidents sur cette voie. Pendant ce temps, la liste des victimes continuent de s’allonger. « Jusqu’ à quand », s’est interrogé un conducteur de Taxi moto qui a assisté la semaine dernière à l’un des accidents meurtriers.

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