LA UNE POLITIQUE

Bras de fer autour autour des manifestations de la C14 : COULER OU REBONDIR !

Pour une fois, depuis le démarrage du dialogue, le gouvernement admet la reprise des manifestations par la Coalition des 14 partis politiques. A compter de ce mercredi et ce, jusqu’à samedi, les partis membres de la coalition des 14 formations politiques déverseront dans les rues de Lomé et de l’intérieur du pays, leurs militants et sympathisants. Objectif, crier, pour une énième fois, leur ras- le-bol face au «dilatoire» du pouvoir de respecter ses engagements pris dans le cadre du dialogue. Mais face aux conjonctures, tout paraît comme un guet-apens.

La reprise des classes !

Mercredi 25, jeudi 26 et samedi 28 avril, les rues de Lomé vont encore gronder. Se sentant désabusée par ce qu’elle appelle le dilatoire et le refus systématique du régime cinquantenaire de Lomé de respecter ses engagements pris en présence du Facilitateur, notamment la mise en œuvre des mesures d’apaisement, l’arrêt de la préparation unilatérale des consultations électorales en vue ainsi que l’arrêt des persécutions, arrestations et poursuites à l’encontre des militants et dirigeants des partis politiques de l’opposition et de la Société civile, la Coalition des 14 partis politiques  (C14) redescend dans les rues de Lomé et celles de l’intérieur du pays.

A cet effet, elle invite toutes les populations togolaises, éprises de liberté et de démocratie, à prendre massivement part auxdites manifestations pour  exiger le retour à la Constitution originelle du 14 Octobre 1992, la révision du cadre électoral et l’instauration du droit de vote des togolais de l’étranger et surtout, dénoncer les répressions sauvages des manifestations pacifiques publiques des Mercredi 11, Jeudi  12 et Samedi 14 avril 2018. Des répressions qui ont fait un mort ainsi que de nombreux blessés. Par ailleurs, la Coalition, à travers les manifestations de cette semaine entend également exiger qu’une enquête indépendante soit diligentée pour situer les responsabilités et traduire en justice les auteurs  et commanditaires, exiger la libération immédiate et sans conditions, de tous les prisonniers politiques. De même que l’arrêt immédiat des entraves à l’exercice du droit constitutionnel de manifestation sur toute l’étendue du territoire national.

Le hic

Si le gouvernement a concédé, cette fois-ci, la tenue de ces  trois (3) jours de manifestations, il n’a point cédé face aux itinéraires préalablement choisis par la Coalition. «Le gouvernement déplore la persistance de cette volonté de la coalition de violer les mesures prises par le facilitateur, en prévoyant de manifester à nouveau pour les questions qui sont en cours de discussion au sein du dialogue inter-togolais », lit-on dans la lettre-réponse du ministre de l’administration territoriale et des Collectivités Locales, adressée aux responsables de la coalition. Et d’aller ensuite de sa menace à peine voilée.  «Le gouvernement prend acte de cette attitude regrettable, et va en tirer toutes les conséquences qui s’imposent». Et comme, on peut s’y attendre, les itinéraires ont connu un bouleversement, concentrant les trois jours de marches dans la périphérie de Bè, sous prétexte de plusieurs plaintes reçues par les riverains des voies habituellement empruntées par les cortèges. Une décision à laquelle n’est pas prête à se soumettre la coalition qui maintient toujours les anciens itinéraires.

Le guet-apens

A voir de près, il est à déduire que les deux parties sont engluées dans un cycle qui risque d’être préjudiciable à chacune d’elles. D’une part, si le pouvoir arrive à fébriliser la coalition, il aura carrément rebondit dans cette crise où il a du mal depuis 8 mois à reprendre réellement la main. De l’autre, le régime de Faure ne pourra éperdument continuer à réduire l’espace de liberté d’expression et de manifestation dans le pays, par quelques prétextes que ce soient. Il finira par être obligé, de gré ou sous la contrainte des partenaires, de donner force à la Constitution en laissant faire les marches. A défaut, il risque de tomber dans la disgrâce des chancelleries. On se rappelle de la tentative d’octobre 2017 qui a vite échoué  dès sommation des capitales occidentales notamment Paris et Washington.

Pendant ce temps, la coalition, est, elle dans un dilemme de baisser les bras et voir démobiliser les troupes ou maintenir le bras de fer des marches à tout prix contre gaz lacrymogènes et courses-poursuites jusqu’à ce que le pouvoir sous la pression internationale cède. En soi,  une épée de Damoclès plane sur la tête des leaders de la coalition, dans la mesure où ils n’ont pas droit de reculer. Au risque de perdre la confiance et l’espoir placés en elle par les millions de Togolais qui répondent à leurs appels depuis 8 mois.