LA UNE SANTE

CHU-Sylvanus Olympio/ Un Colonel succède à un autre… Agbobli pour mieux faire que Adom ?

Le Centre Hospitalier Universitaire Sylvanus Olympio de Lomé a un nouveau directeur général. Par arrêté ministériel signé du Prof Mustafa Mijiyawa, le Médecin-Colonel Agbobli Yawo Apélété succède au Colonel Adom Wiyao Kpao qui, annonce t-on, est admis à la retraite. Dès lors ressurgit le débat de l’urgence de réparation de l’image écornée de ce premier centre hospitalier du Togo au sein de l’opinion.

Par sa nomination, l’ancien Directeur Général du CHU Campus de Lomé, spécialiste de la médecine légale, de la médecine du travail et de la médecine du sport, est plus que jamais attendu par les Togolais. Tant les défis qui l’attendent sont grands.

Le prix de la légèreté?

En effet, après plusieurs années passées à la tête du Centre Hospitalier universitaire Sylvanus Olympio (Chu-So) de Lomé, plusieurs sont les observateurs qui estiment que le Col Adom n’a pas été à la hauteur des attentes des populations.

Un jugement qui pourrait être bien plus objectif que subjectif quant on sait que la modernisation de ce centre hospitalier, le premier d’ailleurs, est essentiellement du ressort de l’État. Il est vrai que l’on ne saurait trop tenir Adom responsable entier de l’état piteux dans lequel végète ce centre, depuis des années déjà. Ce, malgré la fanfaronnade autour du projet de contractualisation annoncé comme la baguette magique qui modernisera complètement ce centre. Un idéal qu’on n’arrive toujours pas à toucher du doigt. Mais est-il qu’Adom aurait pu y mettre plus de punch et de volonté que la situation serait moins crasseuse. Pour un Chu qui affiche une image indignante, le Colonel-Directeur sortant venait de cumuler deux ans supplémentaires à son poste malgré son admission à la retraite depuis.

La démission de l’État…

En effet, il est ahurissant de constater que ce centre qui se veut pourtant le seul de référence au Togo, à ce jour, ait un plateau technique à pauvreté indescriptible. Il ne dispose pas d’un seul scanner, tout comme les autres centres hospitaliers publics du pays. C’est encore plus ahurissant de se rendre compte que les Togolais ne doivent, aujourd’hui, les rares respirateurs dont disposent certains centres de santé publics qu’à l’apparition de la nouvelle maladie de Coronavirus qui en a forcé les mains aux gouvernants. Toutes ces tristes illustrations font, de fait, de ces centres, de véritables mouroires que fuient la majorité des togolais. Ceux qui s’y font traiter, l’acceptent malgré eux, la peur au ventre, faute de moyens pour s’offrir les services d’une clinique dont le coup de traitement n’est généralement pas à la portée du Togolais moyen.

C’est donc dire que cet état de délabrement du Chu Sylvanus Olympio n’est que le reflet parfait de la politique sanitaire qui demeure encore embryonnaire, sinon inexistante au Togo.

Légèreté dans le management

Qu’à cela ne tienne, il est tout de même palpable que malgré cette démission de l’État, le management du Col Adom Wiyao Kpao n’aura pas aussi été influent. En témoigne la pluie diluvienne du 11 juin dernier qui a inondé nombre de salles d’hospitalisation de ce centre hospitalier. Les images qui ont été virales sur la toile montrent des malades, dans leur lit d’hôpital, les pieds trempés dans l’eau. Le comble de l’irresponsabilité venait d’être franchi par le désormais ancien Directeur qui, selon certaines sources, aura ainsi payé le lourd tribut des dommages collatéraux de son manque de management, de leadership impactant et de créativité à la tête du Chu Sylvanus Olympio.

Agbobli… mieux faire que Adom

Certes, l’État doit pourvoir les services et institutions de moyens conséquents pour leur bon fonctionnement. Mais il revient également aux directeurs et chefs service de chaque département de servir à bon escient, pour une gouvernance plus impactant. Et c’est le challenge dont devra s’approprier le Médecin-Colonel Agbogbli pour qui sonne l’urgence de changement de paradigme, sur fond de créativité, de rigueur et d’audace. Ceci, pour redonner à ce centre universitaire, son statut approprié. Un hôpital de référence qui puisse sauver la vie aux togolais.

FRATERNITE