LA UNE POLITIQUE

Commémoration du centenaire de l’armistice : Curieuse absence de Faure à Paris

Le 11 novembre novembre dernier, des dirigeants du monde se sont réunis à Paris, capitale française, dans le cadre de la commémoration de l’armistice de 1918, marquant la fin de la première guerre mondiale. Grand absent de ce rendez-vous historique de Paris, Faure Gnassingbé dont le pays, le Togo fut le premier champ de victoire des alliés sur l’Allemagne Hitlérienne. 

Il y a 100 ans, l’horreur mondiale

Il y a un siècle, le 11 novembre 1918, a été signé dans un wagon. Ainsi prenait fin, la Première Guerre mondiale, après quatre années de combats acharnés et un bilan humain plus qu’effroyable. Plus de 18 millions de morts, dont 1,4 million de soldats français aux rangs desquels figuraient les tirailleurs africains, communément appelés tirailleurs sénégalais, et 2 millions de militaires allemands.

 Le Rendez-vous de Paris

Samedi, jour marquant le centenaire de cet armistice, plusieurs chefs d’Etat du monde dont Donald Trump des États-Unis, Vladimir Poutine de la Russie, Macky Sall du Sénégal et Ibrahim Boubakar Keïta du Mali se sont réunis autour de Emmanuel Macron et Angela Merkel, à la clairière de Rothondes, à Paris, où un hommage mérité a été rendu aux millions d’âmes tombées sous les affres des armes.

L’Afrique et le Togo à l’honneur

A l’occasion, une place de choix a été réservée à l’Afrique, continent particulièrement victime de cette guerre aux conséquences multiformes. Outre l’aspect politique marqué par la présence de certains chefs d’Etat au lieu spécialement aménagé en mémorial en 1922, détruit par les allemands en 1940 puis reconstruit par les Français, le continent africain était également bien présent sur le plan culturel. Le fameux titre «Blewu» de la diva togolaise Bella Below a été interprété par l’ambassadrice de la musique béninoise, Angélique Kidio, sous le regard émotionnel et admiratif des puissants du monde. Et le choix de cette œuvre de la regrettée Diva togolaise par la béninoise Angélique Kidjo pour cet illustre rendez-vous diplomatique international a été la première curiosité sur cet événement.

Curieuse absence de Faure

Fait marquant, le Chef d’Etat togolais, Faure Gnassingbé a été le grand absent à ce lieu incontournable de la mémoire des deux conflits mondiaux.

Beaucoup sont donc les observateurs à s’interroger sur les mobiles de cette absence du prince de Lomé 2. S’il serait assez hasardeux d’être décis sur le sujet, il est cependant patent, des signaux susceptibles de l’expliquer. Notamment, la situation sociopolitique des plus complexes que vit actuellement le pays. Une crise née du soulèvement populaire du 19 août 2017 et ses imbrications.

 Crainte d’une conspuation ?

En effet, il est un constat que chaque présence de Faure Gnassingbé, ces derniers temps, à des grands rendez-vous est toujours entachée des mouvements des togolais de la diaspora qui manifestent leur mécontentement contre sa gouvernance politique. Cela fut déjà le cas à Washington et à Berlin où ces togolais vivant à l’étranger, pancartes à la main, ont véhément scandé, aux yeux du monde, des slogans hostiles à Faure et son pouvoir. Ceci, pourrait donc expliquer l’absence de Faure qui, par crainte d’être hué par ses compatriotes de la diaspora qui ne se retrouvent pas dans sa gestion du pays depuis 13 ans déjà, aurait préféré rester au pays. Ceci, alors même que son pays, non seulement était culturellement à l’honneur, mais aussi fut le premier  champ où les alliés sont venus à bout de l’Allemagne, avec les  conséquences, bénéfiques qui ont suivi pour la France.

Par ailleurs, on se rappelle également que lors d’un récent voyage au Canada, le Président Emmanuel Macron, répondant aux questions d’un groupe de togolais, leur a fait remarquer qu’il n’a jamais invité le Président togolais à l’Elysée. Une façon de dire qu’il n’en sent pas encore le besoin. Autrement, le Président français, dont l’avènement au pouvoir résulte de la vitalité démocratique ne trouve d’aucun intérêt, la présence de Faure dans le gota des dirigeants du monde qui, exceptés les cas comme N’guesso, Deby et quelques uns dont les pays représentent des alliés stratégiques  pour la France sur le continent noir, les autres sont tous des fruits de l’alternance politique au sommet de leur État respectif.

Sortir par la grande porte

Qu’à cela ne tienne, l’absence constatée de Faure à Paris s’interprète, aux yeux des observateurs, comme un cinglant désaveu de Paris au régime Togolais dont la gestion de la crise qui secoue le pays depuis août 2017, est loin d’être appréciée de l’extérieur. Cela doit être un signal fort aux dignitaires de Lomé 2, appelés ainsi à choisir de sortir par la grande porte.

FRATERNITE

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