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Coopération Chine-Afrique : Silence sur la compétence et la corruption !

La coopération Chine-Afrique se renforce de plus belle. Cette semaine s’est tenu à Pékin, capitale chinoise, le troisième Forum de Coopération entre le continent noir et le pays de Xi Jiping soldée par une promesse de 60 milliards de dollars de Pékin pour le développement de l’Afrique. Si l’approche d’une coopération économique gagnant-gagnant est salutaire, il est à se demander, néanmoins, quelle réelle plus-value tire l’Afrique en terme de compétence et de gouvernance de cette coopération.

L’Afrique à la rencontre de la Chine

Ce 3e Forum de coopération entre l’Afrique et son premier partenaire commercial, la Chine, s’est soldé par une série de nouvelles mesures devant s’échelonner sur les trois années à venir. Tout comme à Johannesburg l’année dernière, la Chine promet, entre autre, 60 milliards de dollars d’investissement supplémentaires en faveur du continent africain.

Comme toujours, cette annonce est saluée partout sur le continent qui s’exprime à travers ses dirigeants présents dont Faure Gnassingbé du Togo. Toutefois, une analyse plus poussée amène nombre d’observateurs à s’interroger plutôt sur l’intérêt que porte une telle coopération pour l’Afrique.

Une coopération à double face

En effet, grâce à cette coopération qui gagne du terrain, la Chine est en grand conquérant sur le continent noir. Aussi bien dans le domaine des bâtiments et travaux publics dans d’autres secteurs d’activité, l’omniprésence du géant asiatique est patente. Tapis rouge est déroulé à Pékin au point d’envahir, voire absorber les marchés africains. Aujourd’hui, l’invasion du marché africain par les produits chinois entraîne une concurrence dans laquelle seule la Chine parvient à tirer le marron du feu. Malheureusement, cette «invasion chinoise» se heurte, le plus souvent au protectionnisme chinois qui fait du pays de Xi Jiping, dans l’un ou dans l’autre cas, le grand bénéficiaire. Ceci, au point d’absorber, au fil des années, les originalités africaines au profit des produits chinois. Le cas des célèbres «Nana Benz» dont le monopole et le prestige  sont presque noyés par les pagnes made in China. Cette coopération sino-africaine, pourtant dite gagnant gagnant emporte également au fil des années, des identités qui faisaient la fierté du Togo, et de toute Afrique.

Par ailleurs, c’est également un secret de polichinelle que dans le domaine des bâtiments et travaux publics, cette coopération est tout sauf gagnant gagnant, dans la mesure où le transfert de technologie tant souhaité n’est jamais effectif. Les ouvriers et autres responsables locaux qui collaborent avec les chinois sur des projets font très souvent mention du voile dont ces derniers couvrent leurs technologies. Une situation qui s’apparente à une nouvelle forme de colonisation où l’Afrique se mue toujours dans la peau du défavorisé.

Prioriser l’intérêt des peuples

L’on ne saura passer sous silence, l’aspect de la corruption. Si cette coopération semble avoir le vent en poupe, c’est qu’elle est, en substance, du pain béni qui profite plus à une certaine catégorie sociale qui se sucre allègrement sur le dos de pauvres contribuables à travers détournements et corruption. Abusant de ces derniers qui paient, au final, la facture. Cette coopération sinoafricaine ne peut être vraiment porteuse que si les dirigeants du continent mettaient vraiment au-devant, les intérêts de leur États respectifs. Auquel cas, elle ne pourrait être la vache laitière d’une minorité qui continuera toujours par sauter de forum en forum, d’accord commercial en accord commercial, mais l’Afrique restera toujours défavorisée en termes de réels intérêts pour les États. Juste parce que la bourgeoisie politique et capitaliste qui régente dans nos pays, aura pris le dessus sur le socialisme.

FRATERNITE

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