LA UNE SANTE

Coronavirus au Togo : 0,5 décès pour 100 milles habitants, un taux inquiétant

La semaine dernière, neuf (9) personnes atteintes par la Covid-19 ont succombé. Une montée de la courbe des morts liés à la pandémie qui inquiète.  Surtout que par rapport à certains pays de la sous-région, le Togo a l’un des taux les plus élevés de décès. Une donnée qui suscite des interrogations sur la prise en charge des malades.

Depuis plusieurs semaines, le Togo connait une propagation de l’épidémie à coronavirus. Du 04 au 13 septembre, le pays a enregistré plus de 114 cas positifs confirmant la courbe ascendante  prise par les nouvelles contaminations depuis plusieurs jours. Malheureusement, ces contaminations riment également avec l’augmentation du nombre de personnes décédées.

Un taux de décès élevé…

Le Togo a officiellement enregistré, à la date du 15 septembre 2020, 40 décès liés au coronavirus dont 3 lundi dernier.  Et par rapport au nombre d’habitant (estimé à 7 965 055 en 2 017), cela fait 0,5 décès pour 100 000 habitants (sans compter les trois morts de lundi dernier), selon une carte interactive publiée sur le site lci.fr, un outil pour comparer les bilans humains dans les pays les plus touchés par le Covid-19.

Un taux élevé comparativement à la majorité des pays de la sous-région où le taux de décès (lié au covid-19) tourne autour de 0,35 à 0,40%. A titre d’exemple, le Bénin voisin, avec ses 11 millions d’habitants à la date du 10 septembre 2020, compte 2267 cas confirmés, 1942 guéris pour 40 décès, soit un taux de décès de 0,36 pour 100 000 habitants. Le voisin du nord, le Burkina Faso fait encore mieux avec un taux de décès de 0, 28 pour 100 000 habitants (à la date du 11 septembre 2020, le Burkina Faso comptait 1707 cas confirmés, 1135 guérisons et 56 décès).

Les tentatives d’explications…

A en croire le Médecin-Colonel, DJIBRIL Mohaman, Responsable de la Coordination nationale de la gestion de la riposte contre la Covid-19 au Togo, 2,3 des personnes décédées soufraient  déjà de maladies graves ou chroniques. Ainsi, les personnes décédées auraient, soit des antécédents cardiovasculaires, soit l’hypertension, une insuffisance respiratoire, le diabète ou encoure une insuffisance rénale. Des profils qui concordent avec ceux établis dans d’autres pays touchés par la pandémie.

Ces malades étaient donc vulnérables avant l’infection au coronavirus. « Dans la majorité des cas, les gens décèdent de différentes causes, mais lorsqu’ils sont porteurs du coronavirus, on considère que c’est ce coronavirus qui en est la cause », explique une source médicale. On appelle cela la  comorbidité, a-t-elle ajouté.  Par conséquent, au Togo, environ une dizaine de personnes seraient mortes uniquement suite à l’infection à la Covid-19.

En outre, les patients arrivent souvent au centre de traitement dans un état critique, explique pour sa part Dr Bawe Lidaw, infectiologue et membre de la cellule de prise en charge au CHR Lomé commune dédié à la prise en charge des patients du Covid-19.

Mais l’autre explication plausible de l’augmentation du nombre de décès est la prise charge médicale.

La prise en charge en question…

En effet, selon des sources médicales, la qualité des soins pourrait être la résultante du taux élevé de décès constaté ces derniers jours.  A contrario de certains pays du continent qui allient les médicaments traditionnels à un traitement classique,  le Togo fait confiance à  un protocole thérapeutique associant hydroxychloroquine à de l’Azithromycine dit « traitement de référence ». « A ce traitement, s’ajoute la prise en charge des autres maladies ou problèmes de santé que présente le patient», assure les autorités sanitaires.

Malgré un nombre de patients guéris relativement élevé, le nombre de décès interroge ce protocole thérapeutique qui semble montrer clairement qu’il a besoin d’autres solutions en soutien. Selon certains experts, le virus a beaucoup muté ces derniers temps entrant dans une forme de résistance face à certains protocoles thérapeutiques.  Il faut donc trouver de nouvelles alternatives.

Et parlant de prise en charge, on ne saurait négliger les plaintes et autres débrayages auxquels le personnel soignant a dû recourir face aux désinvoltures et risques auxquelles le gouvernement les a soumis à plusieurs reprises.

Des médicaments traditionnels pour renforcer la défense immunitaire  des patients…

Les autorités togolaises semblent faire le même constat. En effet, l’Université vient de mettre en place des traitements naturels qui rendent l’organisme plus résistant face au virus. Une solution endogène avec des molécules provenant de la pharmacopée nationale. Après des tests in vitro, puis ceux in vivo sur les animaux, les tests sur les humains devraient commencer ce mois de septembre.  A priori, une bonne nouvelle pour les patients de la Covid-19.

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