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Couverture forestière au Togo : La vérité des chiffres pour une politique efficace

La lutte contre le changement climatique est le nouveau champ de bataille des organismes internationaux qui militent dans le cadre de la préservation et de la protection de l’environnement. Pour que cette lutte soit couronnée de succès, plusieurs projets ont été élaborés. Et le Togo, en tant que pays, pilote des Objectifs de développement durable (Odd) bénéficie ou souscrit aux projets notamment celui de la Réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts au Togo (Redd+). C’est ainsi que des études sont menées pour mesurer la couverture forestière du Togo. Mais après les études, les chiffres publiés par le ministère de l’environnement et des ressources forestières, laisse entrevoir des  doutes

La contradiction…

Il ressort des résultats du premier Inventaire forestier national (IFN) publié il y a deux ans que le taux de couverture forestière est de 24,24%. Dans le détail, la région des Savanes dispose du plus faible taux (9,46%). Bien évidemment, la région des Plateaux a le plus grand taux de couverture forestière (32,81%).

Cet inventaire forestier national (IFN) premier du genre au Togo réalisé sur financement de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) à travers son programme d’appui à la REDD+ Readiness et réhabilitation de forêts au Togo (ProREDD), devrait permettre la constitution d’une base de références pour la construction des outils appropriés de gestion des ressources forestières pour faciliter la prise de décisions rationnelles en matière de reboisement, de gestion, de production et d’exploitation des ressources forestières aux niveaux national, régional et local.

Ces chiffres reflètent-il réellement la réalité ? En effet, quelques mois avant la publication de cet inventaire, lors d’un atelier de concertation des acteurs sur le contenu du Programme national du reboisement (PNR), il est ressort que le taux de couverture forestière du Togo en 2010 était de 6,8%. C’est pourquoi une nouvelle politique de reboisement a été mis en place pour relever ce  taux à 30% à l’horizon 2030 voire 2050. Alors l’on se demande comment le Togo a pu multiplier ce taux par quatre en espace de 6 ans. Surtout que les effets du changement climatique continue d’influer sur les forêts au Togo. Et si tel est véritablement le cas, pourquoi jusqu’en 2030, la couverture ne devrait qu’évoluer de 4%. C’est dire que dans les chiffres publiés par les uns et les autres, il y a une grande différence et même de la contradiction.

Conséquence, des projets comme le projet TCP/TOG/ 3502, intitulé « Appui à la formation et à la mise en œuvre du programme national de reboisement au Togo » financé par l’organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), en collaboration avec le Ministère de l’environnement et des ressources forestières (MERF) en n’ont souffert. D’un montant de 316 000 dollars  U$  soit environ 175 380 000 FCFA, ce projet qui a couvrit la période de  juillet 2015 à juillet  2017 et a porté sur le renforcement du cadre de planification des activités de reboisement au Togo. Il a pour objectif de  conduire les études approfondies sur les contraintes et opportunités liées au développement du reboisement au plan national et permettra la formulation d’un programme national de reboisement (PNR) qui sera largement diffusé à travers le pays et présenté aux partenaires financiers du secteur. Les différentes études prévues dans le cadre de ce projet permettraient de mieux  comprendre et d’améliorer le cadre juridique et institutionnel du reboisement et de la gestion des plantations  ainsi qu’une maitrise des aspects techniques liés à la sylviculture des essences à reboiser, selon les zones agro-écologiques et les types de sol au Togo. Ce projet a permis également l’introduction de nouveaux plants dans la sylviculture notamment le teck indien. Lancé seulement en 2015, l’on soit mal comment il peut influer déjà sur le taux de couverture forestière au Togo.

La vérité des chiffres pour mener à bien les politiques…

Selon le rapport mondial sur les forêts, de 2014, publié par la FAO, le secteur forestier formel emploie 13,2 millions de personnes dans le monde, tandis que 14 millions de personnes supplémentaire y travaillent de façon informel. « En 2011, le secteur a employé 146.000 personnes, soit 4,8% de la main d’œuvre total du pays et contribué au PIB à hauteur de 18,32% en 2015. Par ailleurs, il permet de couvrir les besoins en bois énergie de près de 86% de la population togolaise et en bois d’œuvre, nourrit nos populations, soigne des maladies et alimente la recherche », a relevé André Johnson, ministre de l’environnement et des ressources forestières dans l’une de ses interventions.

Ces chiffres témoignent l’importance de la forêt dans la vie socio-économique des populations. Aujourd’hui il est admis que la forêt ne fournit pas que du bois, mais d’autres «valeurs utiles à l’homme». De ce fait, il urge que les chiffres publiés témoignent fidèlement de la réalité pour que les politiques élaborées pour la protection et la préservation des forêts influent pour le bonheur des populations. Puisque la majorité de la population togolaise dépend d’une manière ou d’une autre des ressources forestières, la vérité des chiffres est nécessaire pour mener à bien les politiques forestières en vue d’améliorer le rendement.