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Croisade pour la normalisation de la gouvernance hémiplégique au Togo: Les USA mettent le pied sur l’accélérateur

Difficile lutte contre la corruption, violations flagrantes des droits humains, favoritisme, immunité politique sont entre autres mots qui ont jalonné les quinze (15) dernières années de gouvernance au Togo. Une carence désormais en ligne de mire.

De la parole aux actes…

«Lui c’est lui. Moi c’est moi !», s’exclamait, en 2005, à son arrivée au pouvoir, Faure Gnassingbé. Une sorte de parole sur honneur de son engagement à parfaire l’héritage politique aux lourds actifs à lui légué par son feu père, le Gal Gnassingbé. Malheureusement, force est de constater que cela n’a été qu’un mot vain.

Plutôt que d’avancer, le Togo ne fait plutôt que régresser sur plusieurs plans, notamment sur la lutte contre la corruption et le rapport des droits de l’homme. Tout porte à croire, par simples analyses qu’en quinze ans, les rangs des fortunés ont excessivement brandi au Togo. Ceci, contrairement au temps du «Vieux» où une certaine austérité a caractérisé la gouvernance. Cela ajouté à la peur de représailles qui constituaient une sorte d’épée de Damoclès qui planait de façon permanente sur la tête des barons du régime.

La fin d’un mythe

Malheureusement, ce mythe semble tomber sous Faure où les deniers publics sont dilapidés au vu et au su de tout le monde. A la faveur du favoritisme et de l’impunité, plusieurs sont donc les fortunés qui jonchent le pays et dont on connaît, pourtant, la modestie de leurs revenus. Tout semble dire que désormais au Togo, tout est permis, pourvu qu’on soit dans le zèle politique pour louer nuit et jour les mérites du «Prince». Ceci, face à une justice corrompue et à double facette, et des institutions spécialisées dépourvues de moyens. Le cas des dossiers de la route Lomé -Vogan -Anfoin et de la Can 2015 transmis à la justice par la Hapulcia, mais toujours resté sans suite en est illustrateur de la gravité de la situation.

Pour ce qui est des droits humains, plusieurs rapports doigtent également une politique hémiplégique caractérisée par de nombreuses violations des droits humains. Outre les rapports épinglants des Nations unies sur la torture et les conditions de détention au Togo, puis du Groupe de Travail de la même institution sur le cas Foly Satichivi, les Etats-unis viennent d’en rajouter une nouvelle couche.

Un rapport salé pour Lomé

En effet, par son récent rapport 2019 sur les Droits de l’Homme au Togo, le Secrétariat d’Etat américain met à nu le vrai visage du régime de Lomé qui, du haut de son autoritarisme, n’a visiblement d’égards à la dignité humaine. Ce rapport de 23 pages publié le 11 mars dernier sur le site du département américain aux affaires étrangères détaille les pratiques inacceptables des droits humains au Togo. Rédigé en anglais, ce document relève plusieurs cas de violations des droits humains au Togo. Entre autres, le meurtre,en décembre 2018, Issoufou Moufidou, jeune mécanicien de 12 ans par des membres de force de sécurité et dont les résultats des  enquêtes n’ont pu donner suite, l’arrestation musclée des membres de la sécurité du président du PNP,  Me Tikpi Salifou Atchadam à son domicile, suivie de la confiscation de leurs téléphones portables sans autorisation légale à la recherche d’informations, la fouille de la maison du président du PNP et de leur incarcération au SRI puis déferrement à la prison civile de Lomé.

Aussi, la diplomatie américaine fustige la modification de la loi « Bodjona « à l’Assemblée Nationale dans le but de restreindre les droits de manifestation. Malgré le rappel à l’ordre du Rapporteur Spécial des Droits de l’Homme à l’ONU, dans sa lettre adressée aux autorités togolaises en septembre 2019.

Que dire aussi des arrestations arbitraires, de la surpopulation dans les prisons, de la restriction des visites aux prisonniers, la prise en charge alimentaire insuffisante,  l’accès aux soins limité,  la question des detenus politiques etc…

Partant de tous ces constats, ce rapport déduit une violation systématique des règles democratiques en matière d’interpellation des prétendus criminels,  de même qu’il constate l’accès à un avocat très limité ou pratiquement inexistant au Togo.

Ce rapport 2019 des droits humains au Togo, produit par le Secrétariat d’Etat américain au travers de son département en charge des Droits de l’homme en Afrique met, par ailleurs, en exergue des tueries arbitraires, la violation de la vie privée des citoyens, le non-respect des droits de la femme, l’incapacité  des autorités à poursuivre les responsables d’actes criminels , tortures, traitements inhumains et dégradants dans les prisons, au Service Central de Renseignements et d’investigation Criminelle (SCRIC).

Les USA, le pied sur l’accélérateur…

Voilà qui peint, par des éléments objectifs, un tableau moins reluisant, sinon sombre de ce qui est des droits humains au Togo.

Des entraves que ne sauraient cautionner, pour longtemps, ces partenaires qui s’engagent en faveur d’une vraie démocratie au Togo.  Par sa démarcation positive, la diplomatie américaine met ainsi la pression sur les autres représentations diplomatiques qui pêchent jusqu’alors par leur mutisme complice qui n’a que trop duré. Plus que jamais, le régime de Lomé, de gré ou de force, se voit contraint à asseoir de vraies bases pour la normalisation de la gouvernance à la limite hémiplégique au Togo.

FRATERNITE