ACTUALITE LA UNE

Décalage de la fête du Ramadan:  L’UMT…encore dans la polémique !

Au travers d’un communiqué signé de son Président, El Hadj Inoussa Bouraïma, l’Union Musulmane du Togo (Umt) a informé la communauté musulmane du Togo de la célébration, le mercredi 05 juin, de la fête du Ramadan. Ainsi, la fête sanctionnant le mois béni de jeûne tient avec un retard de 24heures sur la majorité des États du monde.

Décalage du Ramadan…

Alors qu’elle a été fêtée mardi  dernier dans la grande majorité des pays du monde, au Togo, la fête du Ramadan a été programmée sur mercredi 05 juin. Ceci, sur décision de l’Union Musulmane du Togo (Umt). «Le Président de l’Union Musulmane du Togo (Umt) a le plaisir d’informer la communauté musulmane que la fête de Ramadan (Aïd El Fitr) sera célébrée le mercredi 05 juin 2019 sur toute l’étendue du territoire national », informe, dans un communiqué, cette organisation confessionnelle. Et de poursuivre en précisant qu’à Lomé, la grande prière se déroulera sur le terrain du Lycée de Tokoin, pendant qu’à l’intérieur du pays, elle a lieu aux lieux habituels.

Grincements de dents

Cette décision, bien qu’informative n’a malheureusement pas été motivée par l’Union Musulmane du Togo qui choisit délibérément de ramer à contrecourant aussi bien de la plus grande majorité des pays, mais aussi contre le principe sacro-saint qui institue cette fête. Lequel recommande la fin du jeûne à l’apparition de la lune. Ainsi donc, en reportant d’une journée le Ramadan, l’Umt a contraint les musulmans du Togo à 24h de pénitence de plus. Une sorte de torture psychologique volontaire et « une rébellion contre Allah» mal appréciée par beaucoup de togolais, y compris ceux de la confession mahométane.

Dans une Libre Opinion intitulée «Salam Aleikum à toute la communauté musulmane», Bouraima Kader, alias Kader le Patriote, activiste politique de son état estime que la décision de l’Umt  fixant la fête de l’Eid El Fitr à Mercredi plutôt que  Mardi est une aberration. Pour ce fidel musulmane, et « défenseur du pouvoir de Lomé », l’UMT doit faire la part des choses et arrêter de jouer avec la foi des milliers de gens. «On ne se lève pas pour décider en fonction des humeurs de X ou Y. Le lieu saint de l’islam est la Mecque. Nous nous prosternons en direction de la Qaba qui est à la Mecque pour prier et prions en arabe. Alors nous devons attendre les nouvelles de la Mecque pour décréter le jour de fête, comme cela a été fait en France, Qatar et beaucoup d’autres pays. Et l’Arabie saoudite a décrété mardi comme jour de fête après avoir vu la lune», a-t-il écrit. Et de pousser, ensuite, un coup de gueule. «La décision de l’Umt a été hâtive, précipitée. Mais celui qui est à la tête de l’Umt et qui a pris cette décision, sur je ne sais quelle base sera le seul responsable devant Dieu le jour du jugement dernier».

La suite logique

Pendant que l’on en est là à chercher des mobiles pouvant soutendre une si curieuse décision, le gouvernement procède, de son côté, et ce à la veillée, au décalage des épreuves du Brevet d’Etudes du Premier Cycle (Bepc), justement pour cause du Ramadan. «Le ministère des Enseignements Primaire et secondaire porte à la connaissance de tous les candidats à l’examen du BEPC, Session 2019 que la date du démarrage des épreuves écrites, initialement prévue au mardi 04 juin 2019 est reportée au jeudi 06 juin 2019, compte tenu de la fête de Ramadan qui sera probablement célébrée, cette année, le mercredi 05 juin 2019», informe le ministère au travers d’un communiqué signé du Directeur de Cabinet, Komlan Y. Amesiamenou. Par conséquent, renchéri la note, « les épreuves écrites de l’examen du BEPC 2019 se dérouleront les 06, 07, 08 et 11 juin 2018, sans changement dans l’ordre de leur passage ».

Décision hâtive et légère

 Par cette décision visiblement hâtive, puisqu’indiquant 2018 au lieu de 2019, le gouvernement togolais prouve à suffisance, une fois de plus, ô combien les affaires de la République sont gérées avec autant de légèreté. «Au-delà de la légèreté, cela nous démontre que le Togo est géré comme un moulin où sur un coup de tête, on peut décider d’une chose qui s’impose à plus de 7 millions de citoyens. Je trouve que c’est dommage», s’offusque Rémy, 42 ans, enseignant à Lomé. «Dans un pays normal, le ministre des Enseignements Primaire et Secondaire doit être remercié pour la pagaille orchestrée dans l’organisation de l’examen du BEPC», ajoute, pour sa part, Marc, 39 ans, Informaticien.

L’UMT… encore dans la polémique !

À voir de près, et telle que motivé par le gouvernement, le décalage dans le démarrage des épreuves écrites du BEPC trouve son essence dans le mauvais casting de l’Umt qui se retrouve de facto à la base du désagrément causé aussi bien aux candidats qu’aux fidèles musulmans togolais qui se font passer, spécialement cette année, pour des musulmans entièrement à part. Pathétique ! Une fois de plus, la preuve ici de la manipulation politique dont fait toujours objet l’Umt dirigée depuis des années déjà par un ancien ministre et inconditionnel affidé du pouvoir. On comprend d’ailleurs mieux les décisions éhontées très souvent décriées de cette structure, surtout en ce qui concerne les sujets à caractère politique.

Mille et une fois, l’Umt est allée à l’antipode de la position des autres organisations confessionnelles du Togo pour prendre fait et cause pour le pouvoir de Lomé qui l’a manipule à sa guise. Au point même de se ridiculiser aux yeux de ses membres. La voilà encore et comme toujours au cœur d’une autre polémique qui ternit de plus son image.

FRATERNITE

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *