LA UNE RELIGION

Demain la parole des Evêques  sur l’après 22 Février 2020: L’Eglise sera-t-elle « Tiède, Chaude ou Froide »? Apocalypse 3-16

Depuis mardi la Conférence des évêques du Togo s’est réunie pour sa 124e session, la deuxième de l’année. Depuis quelques années, les togolais attendent beaucoup et à chaque fois des conclusions de ce conclave des illustres représentants des valeurs de vérité et de justice sur terre. En ce sens que les sujets politiques sociaux religieux bref l’essentiel de ce qui participe au vivre ensemble et le sincère sourire sont abordés.

En effet, c’est depuis 2012 que les sorties de la Conférence des évêques du Togo ont pris des allures de baromètre du bilan du vivre ensemble quand ils ont commencé par toucher clairement du doigt les inégalités sociaux de plus en plus abyssales qui jonchent la République. Dans un pays où l’église catholique est la première maison de notoriété religieuse et la deuxième en taille après l’animisme les sorties des représentants locaux de St Pierre en plus d’être un baromètre constituent également une girouette pour les citoyens.

En plus des analyses et réflexions qu’ils auront à faire sur des documents-rapports sur la vie dans les séminaires,  les conséquences collatérales du Covid 19 sur la vie de l’église, la prise en charge des évêques durant cette épreuve, mais aussi et surtout la réouverture prochaine des églises , les évêques se pencheront bien évidemment sur le climat politique et social au lendemain Du contentieux électoral du 22 février 2020.

En effet, il se souvient qu’à contre-courant de leur aîné Mgr Kpodzro qui a mis en place une dynamique politique avec un candidat pour l’alternance au sommet de l’Etat lors de la présidentielle du 22 février dernier, les évêques ont brillé par leur positions très alors là très ambiguë au point que les fidèles et tous ceux qui n’attendaient que leur notoriété et leur responsabilité ont dû se résoudre à ne compter que sur eux-mêmes pour espérer voir la fumée de l’alternance. Pour autant la sortie de l’archevêque de Lomé Mgr Nicodeme Barrigah en avril dernier pour rassurer les uns et les autres que contrairement aux spéculations distillées, les hommes en soutane n’ont point pris de l’argent auprès du pouvoir contre leur silence, a été accueillie avec la plus grande perplexité dans l’opinion.  Tout autant pour le dernier communiqué de mise au point de la conférence des  évêques sur les fausses allégations de limogeage du Nonce apostolique près du Togo et du Benin, le cardinal Brian Udaigwe  qui, à en croire le communiqué, est juste affecté au Sri Lanka aux termes de sa mission.

Quelques soient et qu’en seront les arguments de sagesse diplomatique brandis par l’archevêque Nicodème Barrigah et ses collègues, ils sont à l’épreuve de cet adage historique de leur ainé et référence mondiale Mgr Desmond Tutu, militant anti apartheid qui précise que « si tu es neutre en situation d’injustice, alors tu as choisi d’être du côté de l’oppresseur ». Et en cela le Christ a été bien claire à l’endroit des représentants de St Pierre dans le livre de l’apocalypse. «Ainsi parce que tu es tiède et que tu n’es ni froid, ni bouillant, je te vomirai de ma bouche », apocalypse 3-16.

On espère que la déclaration de l’Eglise de demain 19 Juin sur la situation politique et sociale ne sera plus aussi alambiquée qu’on en a vu ces derniers temps. Il se souvient qu’au sortir de l’assemblée générale des prêtres en Janvier 2019, l’Eglise avait clairement déclaré qu’elle « appellera désormais blanc ce qui est blanc et noir ce qui est noir ».

FRATERNITE