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Dépravations des mœurs en milieu scolaire : Faudrait-il  ré-éduquer certains parents ?

Ils ont profité de la reprise des cours après la trêve  provoquée par le coronavirus pour faire leur buzz. Eux, ce sont les apprenants des lycées et collèges qui se sont lancés dans une dépravation des mœurs qui dépasse l’entendement. Sexe, drogue, alcool, violences sont devenus l’apanage de ces élèves qui en font l’usufruit. A qui la faute ?

Des images et vidéos des élèves en pleins ébats sexuels, escaladant les murs de l’école, jouant au jeu de carte et dé etc… sont devenues virales sur les réseaux sociaux depuis quelques jours. Si le sexe, l’alcool, la drogue et la violence ont toujours existé en milieu scolaire, ils sont désormais banalisés. La faute à la démission de certains parents dans l’éducation de leurs progénitures.

Les parents les premiers responsables…

Si on s’accorde sur la responsabilité partagée des dérives observées dans les écoles, il faut en toute responsabilité mettre également un accent particulier sur le rôle des parents. Il est légitime que  l’éducation est la responsabilité des parents comme la formation est du ressort de l’Etat. Même si l’école est également après tout un lieu d’éducation, cette éducation a besoin d’une base assainie depuis la cellule familiale pour s’y asseoir solidement. En effet, les parents ont toujours été et resteront les premiers éducateurs de l’enfant. Ils ont le droit et le devoir de mettre en place ses bases intellectuelles et émotionnelles et de développer son système de valeurs et d’attitudes, d’autant plus que l’avenir d’un enfant est fortement annoncé en filigrane durant la période préscolaire. Ils doivent en toute conséquence exercer leurs responsabilités de parents d’élèves. De son côté, l’Etat, par le système éducatif, doit former les jeunes à devenir de bons citoyens et de bons professionnels et leur donner les bases d’un apprentissage et développement personnel tout au long de la vie.

C’est le lieu ici de rappeler à certains géniteurs ou tuteurs le rôle qui est le leur dans la construction de leurs progénitures. Ces parents « hyperchargés », à la course effrénée derrière le matériel, l’obsession de leur affirmation sociale vaille que vaille et qui donc sont incapables de passer quelques minutes avec leurs enfants.

En lieu et place, ce sont les jeux vidéo, la télévision, le téléphone avec les réseaux qui transmettent leurs « valeurs » à leurs enfants dont certains souffrent d’un manque d’affection grave. L’éducation d’un enfant, ce n’est pas un « projet » qu’on délègue à ces outils sur lesquels l’immoralité et la violence sont érigées en modèle. On ne saurait exagérer au nom de l’alibi trivial selon lequel les parents doivent se battre pour la survie de la famille. Pour autant on est conscient des cas de certaines familles sont monoparentales, et autres. Mais, un enfant devrait être parmi les priorités du parent, qui doit être conscient de la responsabilité qui est la sienne en termes de modèle  pour le bon développement de son enfant. Puisque, parmi tous les facteurs qui influencent l’éducation de l’enfant de sa naissance à l’âge adulte, la famille et l’école jouent un rôle primordial, indiquent les spécialistes de la petite enfance.

Le téléphone portable à l’école, l’autre pan du problème…

Depuis le  1er janvier 2019, l’utilisation des téléphones portables en milieux scolaires est interdite au Togo. En prenant cette décision, le gouvernement voulait lutter contre le mauvais usage des nouvelles technologies de l’information et de la communication par les élèves. A cet effet, les parents qui sont les principaux fournisseurs des portables avaient été appelés à  jouer leur partition.

Mais cette décision n’a jamais été appliquée rigoureusement. Et ce, pour deux raisons princiaples. « Premièrement, la majorité des établissements scolaires font preuve de laxisme.  D’ailleurs, certaines écoles n’ont pas intégré cette décision dans leurs règlements intérieurs. Deuxièmement, certains parents au lieu de rappeler aux enfants cette décision ont plutôt critiqué le gouvernement. Ces parents trouvent dans les portables les moyens d’être rassurés, lorsque l’enfant est bien rentré à la maison par exemple», explique un directeur d’école. Pour lui, les autorités auraient même dû parler de détention au lieu d’utilisation. Et pour cause, en théorie,  selon ce parent d’élèves, les portables devraient rester éteints dans les sacs, mais c’est loin d’être le cas. « C’est une décision difficile à faire respecter à l’école si les parents sont contre », a-t-il affirmé.

Aujourd’hui, les voix s’élèvent pour appeler chaque parent à se poser les bonnes questions quant à l’accès au téléphone portable pour leur enfant. Car, un portable dans les mains d’un adolescent, à l’heure des réseaux sociaux, sans contrôle parental, est un cadeau empoisonné. Et pour répondre à toutes les interrogations liées à une utilisation efficace du téléphone par les élèves, puis les amener à comprendre l’importance de leur rôle, certains parents auront sans aucun doute besoin d’avoir eux-mêmes un guide, un éducateur. Une question de grande utilité publique !

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