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Échec dans sa course pour l’organisation du mondial 2026: Le Maroc rattrapé par son passé complexé !

Le Mondial 2026 se déroulera au Canada, Mexique et Etats-Unis, aux dépens du Maroc. Tel est le résultat du tirage au sort effectué à Moscou, en marge du 68eme sommet de la Fédération Internationale de football et Associations (Fifa). Si l’attribution de la 22ème coupe du monde de football à ce trio est très désapprouvée par certains analystes, certains estiment, par contre, que le Maroc aura ainsi payé le lourd tribu de son complexe longtemps nourri envers le continent africain.

La coupe du monde 2026 au trio américain

Avec 65 voix contre 134 pour le trio américain, le Maroc vient ainsi de rater sa deuxième tentative d’abriter la coupe du monde. Une frustration énormément ressentie du côté de Rabbat pour deux raisons. Non seulement certains états africains comme l’Afrique du Sud ont voté contre sa candidature, mais aussi et surtout  le Mexique a déjà eu l’occasion d’organiser le Mondial à deux reprises en 1970 et 1986, tandis que les Etats-Unis l’avaient accueilli en 1994.

Frustré, le Maroc crie à la trahison… Et…

Si la frustration du royaume Cherifien qui crie à la trahison semble être compréhensible, elle remet cependant au goût du jour, l’histoire même du continent africain.

… fait face à l’histoire

En effet, il n’est de secret pour personne que le Maroc ne s’est jamais considéré comme un état africain. Le Royaume l’a suffisamment démontré par ses actes posés qui, malheureusement, se retournent contre lui. On citera, entre autres, le tumultueux épisode du Polisario avec sa guerre ouverte contre l’ex organisation de l’unité africaine (Oua), aujourd’hui Union africaine (Ua). Aujourd’hui, tout porte à croire que l’obsession du Maroc a adhérer à l’UA et à la Cedeao est guidée plus que tout par des intérêts.

Sur le terrain sportif, certains médias sud-africains sont également revenus à la charge pour expliquer pourquoi l’Afrique du Sud et quelques pays d’Afrique australe ont voté contre la candidature marocaine. «A ces Africains qui pleurent la perte du Maroc sur les terres africaines, sachez que ce pays n’est pas une nation africaine (…)», soutiennent certains titres, qui rappellent que le Makhzen, le Président de la Fédération Marocaine de Football a été le premier à trahir le continent en votant «contre» la candidature de l’Afrique du Sud pour l’organisation de la Coupe du monde de 2010. Par ailleurs, tout en indiquant que la Maroc ne s’est jamais senti marocain, les médias sud-africains expliquent également qu’en 1963, le Maroc a refusé de soutenir la décolonisation de l’Afrique du Sud, de l’Angola et du Mozambique. De même, bien qu’étant sur le continent africain, le Royaume du Maroc a demandé à adhérer à l’Union européenne (Ue) en 1987.

Ce n’est pas tout. Dans leur argumentaire, les médias sud-africains ont également relevé le fait que le Maroc, malgré toutes les garanties à eux données, se sont retiré de l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations de football (Can) 2014, seulement à deux mois du coup d’envoi. Ceci, sous prétexte que le virus Ebola qui sévissait uniquement au Liberia et en Sierra Leone se propagerait dans leur pays. Alors que quelques mois plus tard, le royaume a abrité la Coupe du monde des clubs.

Même dans le domaine les affaires, c’est également une triste réalité que les opérateurs économiques marocains opérant en Afrique subsaharienne s’illustrent, le plus souvent, négativement, en soumettant leurs employés à un esclavagisme moderne tel que pratiqués par les asiatiques.

Le fruit d’un passé complexé

Somme toute, des velléités de colon blanc et de complexe à l’antipode des valeurs prônées par le panafricanisme qui se retournent contre le Maroc. Lequel dit se voit trahir par des États africains qui ont plutôt préféré à sa candidature, celle du trio américain. «Ce n’est pas parce que nous sommes dans la même masse terrestre qu’ils font partie de nous. A la lumière de tout cela, nous sommes tellement heureux qu’ils n’aient pas été retenus pour la Coupe du monde 2026 et qu’ils aient perdu leur premier match. Nous ne pouvons pas pleurer pour eux de la même manière que nous avons pleurée pour le Ghana en 2010. Leurs problèmes ne sont pas nos problèmes», soutient, à juste titre, un groupe de journalistes sud-africains.

Cyrille PESSEWU