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Economie togolaise : L’inflation douche l’optimisme de Sani Yaya

Depuis le début de la pandémie, l’économie de plusieurs pays a pris un coût. Le Togo n’a pas fait exception. Malgré l’annonce d’une reprise soutenue de l’activité économique depuis plusieurs mois, tout semble dire que l’économie togolaise est loin de sortir de l’auberge.
Lors de la 4ème session du Conseil National de Crédit (CNC), le ministre de l’Economie et des Finances, Sani Yaya a fait un point sur la situation économique du pays. Les dernières prévisions estimaient le taux de croissance à 5,3% en 2021, contre 1,8% en 2020, « dans un contexte de maîtrise du taux d’endettement public », souligne le Ministère de l’Economie. De quoi renforcer l’optimisme de Sani Yaya. Ainsi pour lui, ces résultats sont plutôt encourageants dans un contexte de crise sanitaire.

En août dernier, dans une communication présentée au Conseil des ministres, ce dernier affichait sont optimisme. « Dans un contexte mondial marqué par une reprise globale des activités, la conjoncture économique nationale au premier trimestre 2021 comparée à la même période de 2020 est essentiellement caractérisée par une hausse des activités dans les différents secteurs de l’économie, à l’exception du transport aérien. Egalement, la situation du financement de l’économie togolaise s’est légèrement améliorée à fin mars 2021 par rapport à un an plus tôt », a-t-on lu dans le communiqué sanctionnant le conseil des ministres du 11 août 2021.

Pour lui, l’économie nationale « s’est montrée beaucoup plus résiliente face à la crise sanitaire, grâce, entre autres, aux mesures d’incitations fiscales et de soutien à la demande prises par le gouvernement. Elle a affiché une croissance plus élevée des activités économiques que celle estimée en septembre 2020. Ainsi, le taux de croissance économique est révisé à la hausse à 1,8%. Cette progression est principalement portée par le regain d’activités dans les secteurs secondaire et tertiaire », a notamment indiqué Sani Yaya.

L’inflation créée la panique…

Contrairement aux autres pays de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (BCEAO), dans lesquels « le rythme de progression de l’inflation a ralenti pour ressortir, en glissement annuel, à 3,8%, contre 4,3% le mois précédent », comme le souligne un rapport sur la conjoncture économique dans les pays de l’Uemoa (Union Economique et Monétaire Ouest Africaine), au Togo l’inflation a atteint un taux record. Pour la première fois depuis 10 ans, le taux d’inflation moyen a atteint un niveau exceptionnel de 4,1% au terme des neuf premiers mois de l’année 2021 », a indiqué le ministre de l’Economie et des finances.

Selon les explications fournies par le Ministère de l’Economie, cette situation est « imputable selon lui au renchérissement de certains produits alimentaires, en raison de l’insuffisance de l’offre sur les marchés et à la hausse des prix des produits importés, en liaison avec les perturbations dans les chaînes d’approvisionnement ». « Nous espérons qu’il s’agit d’un phénomène passager. Car, comme vous le savez, une hausse continue des prix dilue le pouvoir d’achat des ménages, décourage l’épargne et l’investissement. Ce qui, en retour, pourrait avoir un impact négatif sur la croissance économique », a souligné Sani Yaya.

En effet, les économistes insistent sur le fait que l’inflation serait le reflet d’un déséquilibre économique. Comme conséquence, une inflation peut conduire, lorsqu’elle est forte, à un ralentissement de la croissance économique, du produit global, et à une détérioration de l’emploi. L’inflation chronique entraîne de nombreux effets néfastes à savoir la répartition macroéconomique des revenus, la réduction de l’attractivité de l’économie et la compétitivité des entreprises nationales. «Des taux d’inflation élevés faussent le pilotage des économies en brouillant les signaux donnés par les indices de prix relatifs, c’est- à-dire par le marché. Les agents économiques sont dès lors incapables anticiper les mouvements de prix », explique-t-on.

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