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Examen périodique universel : De 2011 à 2022, le Togo empile les recommandations

Vendredi 28 janvier 2022, aux termes de son passage devant le Comité des droits de l’Homme des Nations Unies à Genève, le Togo a reçu 224 recommandations pour améliorer la situation des droits de l’homme dans le pays. De son premier passage en 2011, le pays de Faure Gnassingbé ne cesse d’empiler les recommandations.

Dans la Salle 20 du Palais des Nations  Unies, quatre-vingt neuf (89) pays ont assisté au passage du Togo. Aux termes de l’oral du ministre togolais des droits de l’homme, Christian Trimua, les pays membres présents ont formulé plusieurs recommandations portant sur  la liberté de la presse, de la liberté d’expression,  la politique et des prisonniers politiques, la justice ou encore la torture.

Il est notamment demandé aux autorités togolaises de « garantir le droit de réunion pacifique », de « modifier les lois qui limitent ce droit ». En effet, dans un rapport rendu public par les experts du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, ils ont dit avoir « relevé des atteintes au droit à la vie et à l’intégrité physique en 2017 et en 2018, notamment au cours de manifestations sociopolitiques et pendant le couvre-feu de 2020 instauré par suite de la déclaration de l’état d’urgence sanitaire lié à la pandémie de maladie à coronavirus (COVID-19) ». Bien avant la production de ce rapport, des organisations nationales de défense des droits humains ont clairement dressé le même constat. « Notre pays fait face à un certain recul des droits et liberté publiques fondamentales depuis la crise socio politique d’août 2017 avec plusieurs violations des droits de l’Homme », a déclaré Me Claude Amégan, Président du Collectif des Associations Contre l’Impunité et la Torture (CACIT).

Le gouvernement est appelé aussi à prendre des mesures pour « garantir à ses forces de l’ordre une formation sur le respect des droits de l’homme », pour « promouvoir un environnement sûr pour la société civile ». Il est aussi recommandé au Togo de « revoir sa législation pour garantir le droit à la liberté d’expression et de la presse », de « faciliter le travail des journalistes et bloggeurs », de « prendre des mesures pour assurer la liberté de conscience et de religion ». Le pays est invité à « enquêter sur les allégations d’arrestations arbitraires et violentes », de « libérer toutes les personnes détenues pour avoir exprimé leur droit à la liberté d’expression ». De même, le Togo est invité à « respecter les droits des prisonniers politiques ». Il faut dire que dans leur rapport avant même ce qui est considéré comme certains observateurs proches du régime togolais ne soit présenté par la délégation togolaise, les experts ont exprimé leur préoccupation « d’apprendre que les opposants politiques et les défenseurs des droits de l’homme qui cherchaient à exercer leur droit à la liberté d’association ou d’expression étaient la cible d’atteintes répétées et qu’ils seraient régulièrement soumis à la torture ou à de mauvais traitements en garde à vue ou en détention, après avoir été arbitrairement arrêtés et placés en détention ».

Les droits de l’homme en recul… les recommandations s’accumulent

Passé pour la première fois devant le comité des droits de l’homme de l’Onu en 2011, le Togo est revenu avec 133 recommandations formulées et 122 acceptées. De son passage en 2016, le Togo a accepté 176 recommandations internationales sur les 195 qui ont été formulées. Cette année, 224 recommandations ont été adressées au Togo. Si sur cette recommandations notamment la dépénalisation de l’homosexualité, les autorités togolaises ont déjà fait savoir leur position, elles ont jusqu’à début avril pour se prononcer sur les restes qui constituent les vraies tâches noires sur l’image du pays.

En effet, le pays doit prendre des engagements clairs sur ces recommandations. En réalité, comme susmentionné depuis quelques années, les droits de l’homme sont nettement en recul au Togo. De la liberté de presse à la liberté de réunion en passant par la liberté de manifestation, les droits des citoyens ont été abusivement restreints par le régime. Pour se justifier, Lomé brandit des articles jugés « vagues » par des organisations des droits de l’homme. Selon Amesty International, depuis l’élection de Faure Gnassingbé pour un quatrième mandat à la tête du pays, les autorités togolaises « s’inscrivent dans une répression croissante des voix dissidentes ».

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