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Faure-Bawara, de l’eau dans le gaz ?

Connu très prolifique, le ministre Gilbert Bawara l’est de moins en moins ces derniers temps. La désignation officielle de deux ministres au titre de porte-paroles du Gouvernement Dogbe alimente de plus belle les débats. L’actuel ministre en charge de la Fonction publique tombe-t-il en diète politique?

Depuis l’éviction, en 2012, de Pascal Bodjona du Gouvernement, les Exécutifs qui se sont succédés, n’avaient plus de porte-paroles officiels. Ceux qui se sont essayés depuis lors à cet exercice étaient circonstanciellement désignés, soit par le Chef de l’Etat, soit par le Premier ministre.

C’est ainsi que très souvent, le ministre Gilbert Bawara, à défaut d’un titulaire, a rempli, de façon officieuse, cette mission. Laquelle il alternait avec son collègue en charge des Droits de l’Homme, Christian Trimua.

Un gouvernement… deux porte-paroles

Mais depuis le 1er octobre dernier, cette mission est officiellement dévolue à deux ministres du Gouvernement Dogbe. Il s’agit d’un habitué en la matière, Christian Trimua, ministre des Droits de l’homme, de la formation à la citoyenneté, des relations avec les institutions de la République. Et du novice et néo ministre Akodah Ayewouadan, ministre de la communication et des Médias.

C’est donc clair, le gouvernement togolais ne parlera plus à l’emporte-pièce. Mais plutôt en ordre. C’est bien là l’une des caractéristiques du Gouvernement Victoire Tomegah-Dogbe qui, au-delà de faire la part belle à la gente féminine avec 11 places sur 35, une première, promeut également la jeunesse et la technicité.

S’expliquant sur le fait, Akodah Ayewouadan indique que «le fait qu’on a deux porte-paroles est une manière d’avoir une certaine souplesse et disponibilité» dans la communication gouvernementale. Une approche qui permettra, à coup sûr, de mieux informer l’opinion sur les grands enjeux du programme du nouveau gouvernement. Lequel est essentiellement axé sur le développement économique, l’inclusion, l’emploi et l’accès à la santé …

La disgrâce?

Dès lors revient sur le tapis, une question bien pertinente. Celle de savoir si Gilbert Bawara vit-il son crépuscule dans l’entourage de Faure Gnassingbé.

En effet, un regard rétrospectif et diagnostic sur les dernières évolutions de l’actualité sociopolitique au Togo fait constater un Gilbert Bawara moins visible depuis le 23 février dernier, au lendemain donc de la dernière présidentielle où il était présent dans la salle de proclamation des résultats par la Ceni. Et depuis lors, plus de nouvelles de l’ancien fonctionnaire du système des Nations Unies jusqu’à la survenue, en mai 2020, de l’assassinat du Colonel Madjoulba Bitala.

Mais à la faveur des liens de parenté avec le Colonel retrouvé mort dans son bureau, Gilbert Bawara a repris service avec une mission de conciliation qu’il a conduite, les jours suivants les heurts et violences avec son frère Noël Bataka, auprès de ses frères et sœurs de la Préfecture de Doufelgou mécontents et déchaînés. Après qu’il ait joué à l’équilibriste, le calme est relativement revenu, nonobstant les violences et blessures. Face aux parents meurtris à Siou, le fils Bawara aurait-il dit quelque chose qui ait suffi aux détracteurs pour le décendre profondément auprès de son patron et ami ? Est-il officiellement celui qui est cousin de ce Madjoulba, a dû, face à la pression des médias se résoudre à faire une légère sortie où nous avons apprécié son fort équilibrisme. Un exercice dont la réussite n’est point évidente dans la peau d’un homme aussi lucide à la fidélité d’un Samouraï comme Bawara. On était là à s’interroger sur son silence  suspect, quand le natif de Siou s’est vu dégraisser dans ses charges dans le nouveau gouvernement avec l’amputation de son portefeuille du volet «accès au service universel de santé» qui revient à un ministère délégué auprès du ministère de la santé. Autant d’éléments qui cacheraient mal une situation bien inconfortables pour celui qui occupe actuellement le portefeuille de la Fonction publique.

Des raisons de s’inquiéter…

Aujourd’hui, au regard de la succession des évènements qui ont vu évincer de leurs postes Noël Bataka et Toba Tanama, ses frères, l’on est tenté de se demander si Bawara ne paie-t-il pas pour quelque chose qu’on ignore. Est-il que dans l’affaire Madjoulba, c’est le leader du Net Gerry Taama seul qui n’ait pu résussir l’équilibrisme béat. Il se trouve que Taama est un neveu de Bawara. Ceci aura-t-il alimenté cela, on ne saura le dire. Tout compte fait, sans l’attester, les éléments parlent d’eux-mêmes et éveillent les attentions. Connaissant surtout la méthode de Faure Gnassingbé lorsqu’il veut se débarrasser d’un allié devenu encombrant, Gilbert Bawara peut s’inquiéter.

FRATERNITE