LA UNE POLITIQUE

Faure et son opposition politique : Finalement une affaire de Gestapo

Au Togo, la crise post électorale que feint de reconnaître le régime Unir est bien une évidence. Les différents développements de l’actualité sociopolitique depuis février 2020 attestent cela. Avec un landerneau politique des plus féroces, voire hantés.

De quoi Faure a-t-il peur au juste? Se demandent nombre d’observateurs ébahis par la tournure malencontreuse de la vie politique au Togo ces derniers temps. Désormais, le régime de Lomé ne manque aucune occasion pour faire taire, tant dans la presse, la société civile qu’en politique, des voix qui paraissent dissonantes et gênantes. Tout faire pour réduire au silence, tout esprit éclairé et critique qui voit autrement les choses semble la nouvelle trouvaille du régime cinquantenaire et ses dignitaires.

La force de la bâillonnette

D’Agbéyomé Kodjo, qui continue toujours par réclamer sa victoire, à Brigitte Adjamagbo, Coordinatrice de la Dynamique Monsieur Kpodzro (DMK) en passant par Gérard Djossou, son compagnon de lutte et d’infortune, et l’ancien ministre Djimon Oré, plus personne n’échappe à la sentence. La moindre prise de position contraire à la directive, sinon à l’opinion du Prince paraît un crime de lèse majesté devient un ticket que l’on s’octroie pour le voyage à la prison . Avec comme poste d’escale, le Service central d’investigations et de répression criminel (Scric), érigé en gestapo. La dernière victime de cette méthode de despote est Paul Missiagbeto. Arrêté manu-militari, et humilié devant sa femme et ses enfants, pour reprendre ainsi les termes de Gérard Adja, le Premier vice-président de Mpdd, ce Conseiller de Agbéyomé séjourne, depuis lundi, sans raison valable, dans les «geôles» de Colonel Yotrofeï Massina.

«Allons-nous en sortir un jour?», se demande un togolais, désabusé qui fait un rapprochement entre le nouveau visage du régime de Faure et celui de son père. Pour ce dernier, la méthode est restée la même. Intimidation, embastillement, violation des libertés publiques…«Faure n’a visiblement guère d’égard à la critique et au débat contradictoire!», se désole un autre qui regrette cette régression démocratique constatée depuis 2017, au lendemain de la plus grave crise politique jamais connue par le régime de Fils d’Eyadema depuis 2005. Une crise instiguée par le Parti national panafricain (Pnp) dont le Président national, Tchikpi Atchadam est contraint, depuis lors, à l’exil. De même que nombre de ses militants actuellement détenus en prison.

Finalement une affaire de bâillonnette

Aujourd’hui, ce grand retour de la méthode forte, sinon de la bâillonette sur fond de restrictions des libertés individuelles et publiques, inquiète à plus d’un titre. Cela sonne donc comme des agissements d’un régime aux abois mais qui, animé par la gloutonnerie, déploie des manœuvres pour honorer son serment dogmatique de conservation de pouvoir.

Les arrestations tous azimuts des acteurs politiques, couplées aux sanctions exagérées et démesurées contre les médias critiques qui, par leur liberté d’esprit, gênent, tendent à comparer le Togo à une véritable jungle. Une forteresse où le plus fort nourrit la propension d’écraser les plus faibles. Un schéma qui sciet au contexte togolais ou l’ogre Unir, par son appétit vorace face au pouvoir, ne se retient pas à dévorer la souris qu’est l’opposition qu’il essaie, de mille feux, de neutraliser, sinon affaiblir. Une image bien salissante pour un Faure Gnassingbé, bien torpilleur des principes démocratiques chez lui, mais qui, comme par enchantement, s’entend passer pour le sage de la sous-région. Drôle de positionnement.

FRATERNITE