LA UNE POLITIQUE

Félicitations de Issifou à Faure: Une posture diplomatique… rien de plus !

Le Niger a créé l’histoire en abritant, courant octobre 2019, un sommet d’anciens chefs d’Etat africains qui partent en guerre contre un troisième mandat sur le continent africain. Lequel sommet s’est achevé par la confirmation de la parole sur l’honneur de l’hôte nigérien Mahammadou Issoufou, celle de ne pas briguer un autre mandat de plus.

Trophée de guerre…

Les derniers jours, une certaine presse togolaise se délecte d’une supposée salve de messages de félicitations qui atterrissent sur la table de Faure Gnassingbé. Parmi les expéditeurs, figure le Président nigérien, Mohamadou Issoufou.

Tel un trophée de guerre, ces messages purement diplomatiques à l’instar de celui qui fait actuellement office de Président en exercice de la Cedeao à son homologue togolais sont exhibés par le régime cinquantenaire comme une certaine «bénédiction de la communauté internationale» à la victoire à la pyrus de Faure Gnassingbé.

Les faits parlent…

De quoi se réjouissent-ils autant ?  Se demandent nombre d’observateurs devant ce fait à la limite ordinaire. Toutefois, le rappel et la répétition étant les règles d’or en pédagogie, il urge de ramener, de leur piédestal, les jouisseurs de lettres de félicitations qui, visiblement, semblent ignorer tout des fondements du jeu  diplomatique.

En effet, cela ne peut en être autrement, lorsqu’il s’agit du président en exercice d’une institution sous régionale dont les observateurs ont eu à établir et transmettre un rapport d’observation sur le scrutin du 22 février 2020 au Togo.  C’est donc à juste titre. Mais à fond, à l’antipode du Chef d’Etat loyal aux vertus diplomatiques,   Mahammadou Issoufou ne donne aucunement sa bénédiction à une gloutonnerie de mandats. Et pour cause.

Issoufou… L’opposant aux mandats de trop !

C’est, en effet, avec sa pleine bénédiction que Niamey a abrité le 3 octobre 2019, un sommet d’anciens chefs d’Etat, étendu aux personnalités de la société civile qui a pour thème : «Non à un troisième mandat sur le continent ». Autour donc du Président Issoufou, se trouvaient les anciens chefs d‘État africains Nicéphore Soglo du Benin, Goodluck Jonathan du Nigeria, le Nigérien Mahamane Ousmane et la Libérienne Ellen Johnson Sirleaf.

Organisée par le National Democratic Institute (Ndi), la rencontre de Niamey visait à inciter les dirigeants du continent à respecter la Constitution de leur pays et surtout, à éviter des modifications pour s‘éterniser au pouvoir.

Une position soutenue par le président du Niger qui a déjà fait savoir qu’il ne se représenterait pas pour un troisième mandat en 2021. «Je respecterai scrupuleusement les dispositions de la République du Niger. Mon désir le plus ardent est de passer le pouvoir en 2021 à un successeur démocratiquement élu, ce sera une première dans notre pays depuis son accession à l’indépendance », a déclaré le président Issifou. Et d’ajouter ensuite que «le peuple aspire au changement de manière périodique et la limitation de mandats lui offre cette opportunité».

Voilà donc qui affiche et rappelle les convictions de l’homme qui s’apprête à vider le planché, en respect à la Loi fondamentale de son pays. Tout le contraire pour 12 de ses homologues qui s’échinent encore à rentrer, tête haute, dans le cercle des dirigeants et hommes d’Etat qui se font raisonnablement petits devant les institutions.

Lomé et son quatrième mandat avilissant

Et à la lumière de ce qui précède, il est donc clair que la démarche du président nigérien, outre son caractère diplomatique et protocolaire, se veut aussi, et après tout, professionnelle. Ceci, en ce sens qu’il est de bon à loi pour tout administrateur (Ndlr: ici au titre du Président en exercice de la Cedeao) de prendre acte d’une mission pour laquelle ce dernier a dépêché ses techniciens.

Ce qui ne change rien du combat de l’homme contre un troisième mandat sur le continent africain. Quoi donc pour le quatrième de Faure qui, logiquement, doit paraître avilissant et méprisant à ses yeux.

FRATERNITE