LA UNE SOCIETE

Forum Présidentiel de la Jeunesse Définitivement rangé dans le placard ?

À l’image du sommet Afrique -France 2021 qui a réuni, à Montpellier, des jeunes africains face au Président français Macron, Faure Gnassingbé avait annoncé et ce depuis des années, une telle initiative. Un Forum Présidentiel de la Jeunesse (Fpj) qui était censé se tenir, il y a trois ans, soit du 20 et 21 avril 2018. Mais depuis lors, plus rien. Apres la phase des rencontres tenues dans différentes régions du Togo, dans la perspective dudit forum, ce grand rendez-vous annoncé entre Faure et la Jeunesse togolaise est rangé dans les oubliettes. Sans la moindre raison servie. D’où des questions qui fusent, surtout au regard des réalités du rendez-vous de Montpellier.
Un rendez-vous avec les jeunes et pour les jeunes

L’idée avait été émise courant il y a des années déjà. Faure Gbassingbé entend échanger directement avec la jeunesse togolaise, lors d’une occasion solennelle. Et le canal était tout trouvé. Forum Présidentiel de la Jeunesse (Fpj) dont l’organisation a été confiée au Prof Dodzi Komla Kokoroko, actuellement ministre en charge des enseignements primaire et secondaire.

Pour participer à ce forum, il faut être âgé entre 18 et 35 ans, engagé dans les actions de développement de sa communauté (réduction de la pauvreté, promotion de la paix, protection de l’environnement, promotion des droits humains, actions humanitaires, développement culturel, santé éducation, AGR, etc.), avoir fait preuve d’aptitudes d’entrepreneurship et de leadership dans les domaines économique, social, TIC, culturel ou sportif, etc., avoir de l’expérience des rencontres de jeunes au plan national ou international, et être membre actif au sein d’associations et organisations de la société civile des jeunes légalement constituées.

Par ailleurs, pourra également participer au Fpj, décrit comme un rendez-vous de la jeunesse et pour la jeunesse, selon les critères, tout jeune capable de s’exprimer facilement dans un grand groupe, discipliné et qui a le sens de responsabilité. Pour ce faire.

« Nous avons pensé qu’il était indiqué de retrouver les jeunes sur la base de leurs compétences pour discuter des résultats qui ont été dégagés au niveau des ateliers régionaux. Il faudrait que ces jeunes se retrouvent, s’approprient ces résultats, apprécient les recommandations qu’eux-mêmes ont formulées et travaillent sur ces recommandations pour voir quelles seraient les plus pertinentes pour le Forum », a expliqué John KAMETI-ATI, vice-président du comité d’organisation du Forum Présidentiel de la Jeunesse. Au total, 1500 Jeunes étaient annoncés.

« Je crois profondément à cette rencontre qui, permettrait d’apporter des solutions appropriées aux maux dont souffre la jeunesse togolaise. Le gouvernement a apporté énormément à la jeunesse sur la problématique de l’emploi mais ces efforts sont ignorés par les bénéficiaires. », avait déclaré Dodzi Komlan Kokoroko, président du comité d’organisation. « Les efforts du gouvernement ne peuvent être perçus comme un ‘correctif’ aux problèmes de la jeunesse mais comme ‘des débuts de réponses qui méritent d’être affinés’», a-t-il ajouté.

L’éléphant annoncé est arrivé avec un pied cassé

Au total, a, par la suite, informé le comité d’organisation, 30 recommandations avaient été retenues et devraient être soumises au Chef de l’Etat lors du Forum. Ceci, après les différents ateliers régionaux préparatoires tenus sur toute l’étendue du territoire national du 09 au 22 mars 2018. Rencontres au cours desquelles, 1330 jeunes ont été écoutés dans les cinq régions administratives du pays.

Malheureusement, ce forum tant attendu se verra reporté, in extremis. La cause principale de cette situation, a expliqué le comité d’organisation, est liée à l’agenda du Président de la République qui, précise-t-on, entend prendre personnellement part aux travaux. « Le Chef de l’Etat veut être aux côtés des jeunes pendant tout le forum. Malheureusement son agenda hyper chargé ne le lui permet plus à ces dates », a avancé le Comité National d’Organisation. Et depuis avril 2018, tout semble dire que Faure Gnassingbé n’a jamais plus eu le temps de rencontrer et écouter, de vives voix, la jeunesse togolaise. Le gros éléphant annoncé est finalement arrivé avec un pied cassé, est-on en droit d’ironiser, plus de trois ans après.

Un revers évité de justesse à Faure?

C’est une situation clair-obscur, voire énigmatique. Ceci, lorsqu’on sait que dans les discours officiels des autorités togolaises, l’on ne cesse de prêcher l’évangile. L’évangile selon lequel, la jeunesse est au cœur de toutes les politiques de développement du gouvernement. Mais alors, qu’est-ce qui pourrait objectivement expliquer cette volte-face de Faure aux allures d’un véritable mépris envers cette jeunesse qui n’attendait que l’occasion pour exprimer au premier des togolais, ses besoins et espérances. La question se pose.

À l’analyse des faits, croisés avec les poignantes réalités vécues par Emmanuel Macron face à une jeunesse africaine visiblement très déchaînée et virulente, tout renvoie à une hypothèse. L’on est tenté de se demander si les émissaires du palais n’avaient-ils pas vu venir de loin, un scénario à la Macron.

Autrement, une éventuelle humiliation en perspective pour Faure Gnassingbé qui sera amené à encaisser les vociférations et vérités d’une jeunesse qui en a gros sur le cœur. En tout état de cause, en l’absence d’une raison plausible et convaincante, des observateurs semblent soutenir mordicus cette éventualité, surtout dans un contexte comme celui du Togo où la parole n’est pas si libre qu’on le pense, encore que les dirigeants n’aiment pas supporter la vérité sans filtre. Ce que pourtant a réussi à faire, le voisin burkinabé Roch Christian Kaboré, il y a quelques jours.

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