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Gabon : Ali Bongo, mal aimé en Afrique Centrale?

Poursuivant sa convalescence au pays, le Président gabonais, victime d’un Accident Vasculaire Cérébrale (Avc), le 24 octobre 2018, reprend, au fil des jours, les rênes du pouvoir. Pour ses premières audiences publiques, Ali Bongo Ondinba a donné la priorité à ses homologues de l’Afrique de l’Ouest.

Le président gabonais, alors qu’il était en voyage officiel à Ryad en Arabie Saoudite, dans le troisième trimestre de 2018, a été victime d’un accident vasculaire cérébral l’ayant éloigné du pouvoir pour plusieurs mois. Mais depuis fin février 2019, Ali Bongo Ondimba a regagné Libreville où il poursuit sa convalescence, après l’étape marocaine. Et depuis lors, le fils de Omar Bongo qui aura fait un «retour triomphal» a repris ses activités à la tête du pays.

L’Afrique de l’Ouest à l’honneur !

Mais alors, s’il y a un fait marquant qui suscite curiosité, c’est le choix de ses homologues reçus en audience, en ces moments difficiles que traverse le Président Ali Bongo. Sur ses trois premières audiences, le Président gabonais a donné priorité aux Chefs d’Etats de l’Afrique de l’Ouest dont la dernière s’est tenue le samedi 25 mai dernier, avec le président sénégalais Macky Sall. Il est donc le troisième dirigeant du continent à se rendre au Palais du bord de mer de Libreville depuis le retour au pays de son occupant. Ceci, sur son chemin de retour de l’investiture de son homologue sud-africain, Cyril Ramaphosa.

«Tout le monde sait que le Président a eu un choc. Nous sommes tous des humains, aussi Président que nous soyons, nous pouvons tous tomber malade comme tous les êtres. Et donc dans cette situation, il est important que notre humanisme nous pousse non seulement à prier pour que les malades recouvrent leur pleine santé, mais également que la marche du pays puisse se faire de la manière la plus importante qu’il soit », a-t-il déclaré à la presse. «Je suis donc très heureux de le revoir recouvrir ses capacités et je suis sûr qu’avec le temps, inch Allah, les choses se passeront très bien», a poursuivit Macky Sall.

À côté de la satisfaction, des questionnements

Si l’opinion se réjouit que le Président gabonais recouvre, au fil des jours, sa santé, il n’en demeure pas moins vrai qu’il y a des détails qui n’échappent pas à la curiosité. En effet, la visite de Macky Sall intervient après celles de Faure Gnassingbé du Togo et d’Alassane Ouattara de Côte d’Ivoire qui sont déjà allés au chevet de leur «cher frère et ami», comme ils aiment si bien le dire et de façon protocolaire. Ce, sur invitation de ce dernier. Et c’est justement là où naît le débat, quant on sait qu’Ali Bongo est le président en exercice de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale (Cemac). Il est donc si curieux qu’après un tel événement malheureux dans sa vie , la primeur de l’information sur son état de santé actuel soit officiellement réservée à ses homologues de l’espace communautaire ouest-africaine. Ceci, au détriment de ses paires de l’Afrique Centrale avec lesquels il partage des intérêts communs, dans un même espace communautaire.

Ali, mal aimé en Afrique centrale?

Même s’il est annoncé, dans le protocole, le tour d’autres chefs d’Etat comme Paul Kagame du Rwanda, Teodoro Obiang Nguema de la Guinée Equatoriale et Ibrahim Boubacar Keïta du Mali, il est à se demander si Ali est-il en froid avec ses voisins directs pour que cette distance apparente, paraissant anormale, puisse  se produire.

C’est également le lieu d’analyser en profondeur, sur le plan diplomatique, la demande du Maroc  d’adhérer à la Cedeao, lorsqu’on connaît les liens historiques et idéologiques qui existent entre le Gabon et le royaume chérifien, et que perpétuent dans le temps et dans l’espace, les dirigeants des deux pays. Aussi, l’on ne doit pas non plus passer sous silence que c’est également sous la présidence de Ali Bongo qu’il s’est tenue la toute première conférence intercommunautaire entre la Cedeao et la Cemac, conférence qu’a abrité en novembre 2018, Lomé, capitale togolaise.

Partant de ces différentes réalités, on peut en déduire que Ali Bongo pourrait être mal aimé de ses paires de la sous-région, la plupart des dirigeants étant jaloux de leurs acquis socio-économiques lorsqu’il s’agit surtout de parler d’un projet de marché commun. La réflexion n’est qu’au début.

FRATERNITE

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