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Gabon : En attendant le retour d’Ali

Ali Bongo est, selon les sources officielles, hospitalisé depuis quelques jours à Riyad, en Arabie Saoudite. En attendant son retour, les spéculations  sur son pronostic vital vont bon train, avec des révélations sur un plan B en coulisse.

Les nouvelles de la santé de Ali Bongo

Le Président du Gabon a été hospitalisé mercredi dernier à Riyad à la suite d’un « malaise », a annoncé la présidence gabonaise. Il se trouvait en Arabie saoudite pour assister au forum économique « Future Investment Initiative ». « Les médecins qui l’ont consulté ont alors diagnostiqué une fatigue sévère due à une très forte activité ces derniers mois », a  indiqué Ike Ngouoni Aïla Oyouomi, porte-parole de la présidence gabonaise précisant que les médecins lui ont prescrit un « repos médical ».

Selon la présidence gabonaise, Ali Bongo Ondimba « va mieux et se repose en ce moment-même à l’hôpital » à Riyad. Son porte-parole a appelé à la « vigilance » contre les « fake news», après qu’une télévision camerounaise, Vision 4 pourtant proche des Palais présidentiels sous les tropiques,  eut annoncé samedi en direct qu’Ali Bongo était décédé, sans apporter aucun élément de preuve. Et pendant que Ali Bongo serait en convalescence en Arabie Saoudite, sur le terrain, son parti conforte sa main mise sur le parlement.

Le PDG se confirme le monopole du Parlement

Sans surprise, l’écrasante victoire du Parti démocratique gabonais (PDG) s’est confirmée lors d’un second tour sans réel enjeu. Le parti au pouvoir était assuré d’avoir la majorité à l’issue du premier tour. Sur les 59 circonscriptions qu’il restait à attribuer, le PDG a remporté 25 sièges, selon les résultats proclamés lundi 29 octobre dernier par le Centre gabonais des élections (CGE), en charge de l’organisation du scrutin. Le parti au pouvoir cumul, au total, 98 députés dans le nouvel hémicycle.

Les Démocrates (LD), le parti de Guy Nzouba-Ndama sera la principale force d’opposition représentée au Parlement. La formation de l’ancien président de l’Assemblée nationale (sorti au premier tour dans le Koulamoutou), qui avait déjà obtenu trois membres élus à l’issue du premier tour, comptera onze de ses représentants dans la future assemblée.

L’Union nationale (UN) a obtenu deux sièges, tandis que le Rassemblement héritage et modernité (RHM) sera représenté par quatre députés. Le président du parti, Alexandre Barro-Chambrier, menait un des duels les plus attendus du second tour face au jeune Séverin-Pierre Ndong Ekomi. Arrivé en tête au premier tour avec 59 voix d’avance sur son adversaire direct, ABC n’a pas réussi à l’emporter  au second tour.

En somme, dans la nouvelle Assemblée nationale, l’opposition n’aura que 17 sièges sur 143 députés. Il semble que cette victoire aux législatives va être d’une grande importance à la survie du PDG à la tête du pays.

Les plans se préparent…

Malgré les nouvelles rassurantes communiquées par la présidence gabonaise, les plus rigoureux du Palais du bord de mer appréhendent dejà un scenario pessimiste et préparent un plan B en conséquence.  Selon ces derniers, le président gabonais serait affaibli à tel point qu’il se trouverait dans l’incapacité de gouverner. Et dans ce cas, un jet d’un éventuel après Bongo est gribouillé.

Selon ce plan très plausible, les tractations sont en cours pour introduire rapidement une législation d’urgence au parlement qui modifierait l’ordre de la succession établi par la constitution. Cette législation permettra au président du parlement de succéder à Ali Bongo au dépend de Aubusson M’boussou actuellement présidente du Sénat  à qui le pouvoir devrait revenir en cas de vacance à la tête du pays.

Mais ses prises de positions ne rassurent pas l’entourage de Ali Bongo qui tient à éviter toute surprise en écartant Aubusson M’boussou du pouvoir. Ce qu’on qualifie de « coup d’état constitutionnelle » serait mis en branle avec l’appui de la belle-mère de Ali Bongo, Marie-Madeleine Mborantsuo, présidente de la Cour Suprême.

Tout compte fait, ce scénario ressemble à un poil à celui qui a permis à Ali Bongo de prendre la succession de son père en 2009 après le décès de ce dernier dans les situations quasi similaires que celles qui se déroulent actuellement.

Et pour ce faire, le PDG a besoin d’une solidarité et d’un pragmatisme de combat plus que ce qu’elle a réussi à montrer dans le dernier bras de fer présidentiel.

FRATERNITE

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