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Guinée L’Omega de l’Alpha … 1 Nmandataire de moins en Afrique francophone !

Alors que tout le monde s’y attendait le moins, le Président guinéen, le Prof Alpha Condé a été renversé, le dimanche 5 septembre dernier, par l’armée, sans écoulement de sang. Si ce renversement des institutions qui s’avère certes antidémocratique mais, satisfait globalement, cela répond au coup de force antidémocratique dont s’est rendu coupable, quelques mois plus tôt, ce membre du syndicat des Nmandataires qui inondent l’Afrique francophone.
L’armée nettoie l’écurie

Le Président Alpha Condé se conjugue désormais au passé. À la tête d’une fraction de l’armée, le Colonel Doumbaya Mamadi nettoie l’écurie en renversant, au terme de quelques minutes d’assaut seulement, l’ancien opposant qui jouit, depuis octobre 2020, d’un troisième mandat à la tête de la Guinée Conakry.

À l’origine, les putschistes du Comité national de rassemblement et du développement (Cnrd), conduits par l’ancien légionnaire de France, reprochent une bonne dizaine de manquements et dérives graves dans la gouvernance de cet ancien universitaire. De façon spécifique, ils dénoncent la situation socioéconomique et politique du pays, le dysfonctionnement des institutions républicaines, l’instrumentalisation de la justice, le piétinement des droits des citoyens, l’irrespect des principes démocratiques, la politisation à outrance des institutions de la République, la gabegie financière, puis la pauvreté et la corruption endémiques qui sévissent dans le pays.

Au regard de tout ce qui précède, le Cnrd a dit prendre ses responsabilités vis-à-vis du peuple souverain de Guinée et a décidé de la dissolution de la Constitution, des institutions de la République, du Gouvernement, de même que de la fermeture des frontières aériennes et terrestres qui a duré 24h.

Prix de la gourmandise et de l’entêtement

Dans la foulée de l’annonce du renversement du pouvoir de Condé, cueilli à froid, une rencontre de prise de contact a eu lieu, le lundi 6 septembre, au Palais du peuple, entre le nouvel homme fort et les membres du gouvernement sortant. Réunion au cours de laquelle des grandes décisions ont été prises par le Cnrd. Il s’agit entre autres du retrait des documents et véhicules de voyage et véhicules de fonction à tous les anciens ministres, une prochaine consultation nationale pour décrire les grandes lignes de la Transition, la formation d’un gouvernement d’union nationale pour conduire la Transition, la réouverture des frontières aériennes, puis la libération de tous les détenus politiques et d’opinion, surtout ceux embastillés dans la contestation du troisième mandat de Alpha Condé.

Sur les réseaux sociaux et dans les médias, l’annonce du renversement du pouvoir de Condé a été accueillie par une ferveur généralisée. Ceci, au regard des causes qui ne sont pas si légères que la conséquence.

En effet, on se rappelle que pour s’offrir son troisième mandat, aucun sacrifice n’a été trop grand pour Alpha Condé. Du toilettage constitutionnel au référendum en passant par la politisation des institutions et commis de l’État à des fins égoïstes, le tout habillé d’une politique de terreur, Alpha Condé n’a pas fait dans la dentelle. Des opposants aux acteurs de la société civile et même les journalistes, la direction du Tribunal et de la prison était systématique pour toute voix discordante au troisième mandat très décriée de Alpha Condé qui aura tout appris de Faure Gnassingbé du Togo et d’Alassane Ouattara de la Côte d’Ivoire.

Condé dans le rôle de corbeau au Togo

Il se souvient que c’est le désormais ex-troisième mandataire guinéen qui a donné le coup fatal au soulèvement populaire porté par le peuple togolais le 19 août 2017 pour couper la route du 4ème mandat à Faure Gnassingbé qui était alors devenu une curiosité pour toute la communauté internationale. Non prévu au départ dans le rang des médiateurs, Alpha Condé s’y est invité à pas feutré. De file en aiguille, il a fini par reléguer le président ghanéen pourtant médiateur principal désigné par la Cedeao au second rang. Le manège visait justement à faire réussir le complot de 4ème mandat au jeune doyen togolais afin que lui-même Condé fasse passer son projet de 3ème mandat chez lui en Guinée. Et il a réussi son coup à travers le simulacre de négociation organisée chez lui en novembre 2018 où tout a été scellé avec un communiqué des plus abjects tel un crachat sur toutes les victimes que cette nouvelle crise togolaise a alignées depuis le 19 août 2017. Les voies avaient donc été ouvertes aux fameuses simulacres de législatives de décembre 2018 et la suite.

L’opposition avait pourtant été alertée par le presse de ce guet-apens. Mais elle a choisi volontairement d’aller boire l’opium en Conakry.

Aujourd’hui, le cours des évènements a démontré que le vrai pouvoir, loin des palais présidentiels appartient au peuple et les cris de détresse auront été écoutés par l’armée républicaine.

Que de leçons à tirer…

Dans l’ensemble, ce renversement de situation en Guinée doit, non seulement être une leçon à tous les chefs d’État qui, obnubilés et aveuglés par le pouvoir s’inscrivent dans la logique de plus de deux mandats, quitte à violer les principes sacro saints de toute une République, comme la Loi fondamentale. Mais aussi, il sonne également comme la messe de requiem de la CEDEAO et de l’Union Africaine , ces deux institutions moribondes qui, après s’être fourvoyées sur nombre de cas comme ceux de la Côte d’Ivoire et du Tchad, ne représentent aujourd’hui que l’ombre d’elles- mêmes. Autrement, elles auront beau crié pour dénoncer, mais n’auront que leurs beaux yeux pour pleurer. Car, elles récoltent aujourd’hui les fruits de leur complaisance complice doublée d’une légèreté criarde et déconcertante qui amènent nombre de voix à exiger aujourd’hui leur refonte complète.

FRATERNITE