LA UNE REPORTAGE

HCTE : Kodjovi Attiso pour aider le “Noé” Dussey

Élus en septembre dernier, les 77 délégués- pays du Haut Conseil des Togolais de l’Exterieur (HCTE) ont été installés et renvoyés dans leur mission ce vendredi 29 novembre 2019. Ceci, au terme d’une cérémonie solennelle présidée, à Lomé, par le Premier ministre, Selom Komi Klassou. Investi d’un mandat de trois (03) ans, le tout nouveau bureau du HCTE est conduit par Kodzovi Attiso.

C’est, en somme, l’aboutissement heureux d’un processus non sans frémissements, mais rondement mené à bout, sous le lead du ministre des Affaires étrangères, de l’Integration africaine et des togolais de l’extérieur, Prof Robert Dussey. Dès aujourd’hui, ces derniers, investis de plein pouvoir, se tâcheront de mener à bien, leur mission régalienne pour le bien des togolais vivant en dehors du pays et du Togo, tout entier.

Cette mission à eux confiée par le gouvernement sera portée par un bureau de cinq (05) membres que préside Kodzovi Attiso, délégué de la Côte d’Ivoire. Ce dernier sera aidé dans ses tâches par 4 vice-présidents. Il s’agit de Komi Devotsu (le vice-président zone Afrique, délégué du Kenya), Bawubadi Amah- Kpatcha (le vice-président zone Amériques et délégué pays Etats-Unis, Komi Maglo, (le vice-président Asie Océanie et délégué pays Japon), et Kag Sanoussi (vice-président de la zone Europe et délégué pays France).

Déjà jeudi, à la veille de leur installation, le Prof Robert Dussey a rappelé à l’endroit des 77 délégués élus que le destin d’un pays se construit et le gouvernement togolais entend construire celui du Togo avec eux. «Dans sa marche vers le mieux-être, notre pays est en droit d’attendre plus d’implication de la diaspora sur toutes les questions y compris celles de développement», a indiqué le Chef de la Diplomatie togolaise. Et de poursuivre par une note galvanisante empreinte d’espoir. «Quand la diaspora réussit, et c’est la conviction du Gouvernement, c’est le Togo qui gagne».

Ce séminaire au cours duquel les délégués ont été outillés sur leurs rôles et attributions a également été une occasion pour le gouvernement togolais de rappeler la motivation sous-tendant sa démarche, celle de voir désormais en la diaspora, “un partenaire au développement”. «La nation et le Gouvernement comptent sur votre sens de responsabilité et engagement à servir le Togo. Vous devez prendre parti pour le développement de notre pays et travailler, chacun individuellement dans sa zone de représentation suivant les principes de décentralisation et de subsidiarité, mais aussi en synergie. Vous devez oser agir et mutualiser vos expériences pour plus d’efficacité dans vos actions», a poursuivi M. Dussey.

Si tous les observateurs s’accordent sur l’efficacité et la méthode avec lesquelles le ministre Robert Dussey a conduit ce processus concluant, il n’en demeure pas moins vrai que l’installation du HCTE n’occulte pas le débat au sujet de l’adhésion entière de la majorité de togolais vivant à l’étranger à ce projet.

En effet, c’est un secret de polichinelle que le pont semble coupé, depuis des années, entre le régime togolais et nombre de togolais contraints à vivre à l’étranger. Ceci, pour des raisons diverses, mais essentiellement d’ordre politique. Et cela se trouve la raison principale qui poussent ces derniers à rechigner d’adhérer aux différentes initiatives émanent du gouvernement dont le HCTE. Un Conseil qui, par essence, se veut un organe consultatif, représentatif et apolitique qui réunira et défendra les intérêts de tous les togolais vivant en terre étrangères. Donc à l’avantage de tous les fils et filles du Togo, sans exception, vivant à l’étranger.

Malheureusement, c’est aussi une réalité que la politique d’injustice, intéressée, clanique et d’exclusion telle que menée par le régime de Lomé, depuis des années, n’est pas de nature à dissuader ces derniers à rentrer dans le mouvement. La dernière illustration est l’opération d’enrôlement des électeurs décriée par endroit dans la diaspora, comme la France pour son caractère sélectif. Et cela ne semble pas rassurer tous les togolais à entrer dans la barque pour mener ce mouvement d’ensemble en faveur du développement inclusif et intégral du Togo.

Au regard donc de ce passif non moins léger que ressasse l’histoire politique du Togo tout au long de ces vingt cinq (25) dernière années, l’on se demande, dès lors, si le Prof Robert Dussey, malgré les inoubliables pierres d’achoppement, parviendra, à la fin, à l’image de Noe, à embarquer la majorité des togolais de la diaspora.

FRATERNITE