ACTUALITE LA UNE

Injonction de l’OMT A quand la nouvelle prison civile de Lomé?

Quelques jours seulement après le passage du Togo devant le comité des Nations-Unies contre la Torture à Genève, les recommandations n’ont pas tardé à être formulées à l’endroit du gouvernement. Dénonçant des conditions exécrables dans ses cellules, le comité onusien contre la torture recommande la fermeture pure et simple de la prison civile de Lomé dont le taux d’occupation est de 120%.

Le Grand oral’de Klassou

Dans une sortie médiatique sur la chaîne Afrika 24, le jeudi 08 août dernier, le Premier ministre Selom Klassou est revenu sur les derniers développements de l’actualité sociopolitique au Togo. De la lutte contre la pauvreté aux Réformes politiques et Institutionnelles, en passant par les mesures de décrispation du climat social, la diversification de l’économie et l’amélioration du climat des affaires, Komi Klassou s’est prêté au grand oral.

Abordant le dernier passage du Togo devant le Comité des nations unies, le Premier ministre a tiré a boulet rouge sur le caractère dit «tendancieux» du rapport Togo élaboré par certaines organisations de défenses des droits de l’Homme sur la torture au Togo. A en croire le Chef du Gouvernement, ces rapports colportent des contre-vérités qui n’honorent pas le Togo. «Certains défenseurs des droits de l’homme m’ont dit que s’ils ne pondent pas leur rapport, ils n’auront pas de financement. On ne peut pas, au nom du ventre, salire l’image de son pays», a déclaré Komi Klassou au cours de l’émission.

L’OMT recommande

On en était là quand est tombé sur la table de Lomé, les recommandations de l’OMT sur la fermeture pure et simple de la prison civile de Lomé.

En effet , le Comité de l’ONU contre la torture recommande au Togo de « fermer définitivement et sans délai la prison de Lomé, et concevoir un plan général sur la situation des établissements pénitentiaires au Togo ». Pour ce faire, ce comité donne un an aux autorités togolaises pour se conformer à cette recommandation. Et pour cause, l’état de vétusté et non réglementaire de la bâtisse qui représente une vraie menace sécuritaire pour les détenus. «On a pu constater au Togo que la condition des détenus est particulièrement inquiétante. L’état de la prison civile de Lomé, c’est impossible, même pour des raisons de sécurité… de laisser ce bâtiment tel quel et de continuer à accueillir des détenus dans cet établissement », a indiqué à Genève, lors du passage du Togo, Sébastien Touze, expert du Comité contre la torture des Nations Unies, Rapporteur pour le Togo.

Pour l’OMT qui n’a pas passé sous silence les allégations de tortures et de mauvais traitements dans les geôles du Service de renseignement et d’investigations (Sri), devenu aujourd’hui Service de renseignement et d’investigations criminelle, les conditions dans les lieux de détention au Togo sont « assimilables à des mauvais traitements dans la majorité des établissements du pays ».

Le Gouvernement face à la dure vérité

Tel un couperet, ces recommandations faisant suite au constat alarmant fait sur le terrain viennent donc mettre le gouvernement devant la réalité. Les prisons du Togo et spécialement celle de Lomé ne garantissent pas de bonnes conditions de détention. Bafouant ainsi la dignité des détenus permanemment confrontés à une condition de détention inhumaine et dégradante.

Ceci repose la pertinence du contre rapport élaboré sur la torture au Togo par les organisations de la société civile qui qualifie de tango tango, les efforts du Togo. Puisqu’au même moment qu’une litanie de bonnes intentions est égrenée et ventilée sur tous les toits, les réalités du terrain montrent tout autre.

Rectifier le tir

Des cas d’abus de pouvoir sont toujours à l’actualité avec à l’appui, une sorte d’usurpation de rôle. En exemple, le cas de musellement d’une voix dérangeante déguisée en arrestation et la détention prolongée du Conseiller spécial du Président National du Pnp, Ouro Dzikpa Tchatchikpi qui, arrêté en avril, n’a pu recouvrer sa liberté que samedi dernier, à la veille de la Tabaski. Même si ce dernier n’a subi aucun traitement dégradant, l’acharnement du pouvoir de Lomé contre le parti au symbole de Cheval galopant et ses dignitaires conforte, de plus belle, la thèse du comité des nations unies contre la tortures, notamment «…contre des personnes arrêtées suite à leur participation à des manifestations, ou à leur soutien aux revendications de l’opposition », recommande le comité.

Il reste à savoir dans un délai perscrit par l’OMT, à quand le pouvoir de Lomé compte commencer la construction rapide d’un nouveau cadre de privation de liberté plus acceptable aux locataires de la Prison d’Azitimé comme on l’appelle communément. Et pendant qu’on y est, le gouvernement gagnerait mieux d’assainir sa politique carcérale en revoyant les conditions de détentions dans le pays en général.

FRATERNITE

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *