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Inondations récurrentes au Togo : L’ANPC et la PRC, les médecins après la mort 

Lomé, et plus généralement la Région Maritime connaît depuis quelques jours  des pluies diluviennes.  Des averses qui ont entrainé des inondations dans plusieurs quartiers de la capitale togolaise. Pendant ce temps, les services déconcentrés chargés de la prévention des catastrophes et de la prise en charge des populations sinistrés sont aux abonnés absents.

Comme annoncé par les services météorologiques, les pluies diluviennes s’abattent sur Lomé et ses environs depuis quelques jours. A titre d’exemple, le mercredi 02 octobre dernier, la capitale a connu une forte pluie qui a duré plus de 5 heures de temps. Par conséquent, les habitants de certains quartiers ont vu leurs maisons inondées. C’est le cas dans les quartiers comme Agbalépédo, Avédji, Agoé, Adidogomé, Gbadago, Attikoumé ou encore Klikamé. Plusieurs voies sont devenues impraticables rendant la circulation problématique dans la capitale et ses environs. Même les retentions d’eau n’ont pas résisté. Celle du quartier Léo 2000 a vu ses eaux débordées créant la panique dans les quartiers environnants déjà fortement touchés.

Et ce n’est pas fini. Puisque, selon les services météorologiques, cette situation devrait durer jusqu’au début du mois de novembre. « Au cours de cette petite saison des pluies au sud du pays, on va avoir beaucoup de pluies, ce qui va continuer jusqu’à fin octobre. Les quantités de pluie seront beaucoup plus élevées vers la fin de la saison », a averti, depuis quelques semaines, Latifou Issaou, Directeur général de la météorologie nationale. Mais curieusement, aucune décision n’a été prise par l’Agence Nationale de la Protection civile (ANPC) et la Plateforme de risques de catastrophes (PRC), deux organes chargés de la mise en place des dispositifs quand de telles situations s’annoncent, pour mettre à l’abri les populations vivant dans des zones susceptibles de connaître des inondations. Il a fallu la survenance des pluies pour que l’ANPC et la PRC recommencent par tenir, officiellement, leurs réunions.

Mais déjà en mars dernier, des pluies suivies d’inondations ont causé la mort de trois personnes. Parmi elles, des enfants retrouvés sous le mûr écroulé de leur maison inondée.

Les médecins après la mort…

 

En effet, lundi dernier, le Premier Ministre Komi Selom Klassou a présidé une réunion des principaux acteurs de la plateforme nationale de gestion des risques et catastrophes. Selon les sources officielles, l’objectif était de faire le point sur la situation de Lomé et dresser la cartographie des différents bassins de rétentions de la capitale afin de prendre des mesures urgentes pour venir au secours des sinistrés. « Depuis le 30 septembre, Lomé a connu des pluies diluviennes, il y a eu plus de 92 mm d’eau de pluie enregistrés au niveau de Lomé. Ce qui naturellement a entrainé des inondations dans certains quartiers et amené certains des bassins à faire le plein », a affirmé à l’issue de la réunion Yark Damehane, ministre de la Sécurité et de la Protection Civile et également président de la plateforme.  A en croire, le premier flic du Togo « le gouvernement par ses services déconcentrés, s’est mis à l’œuvre dès que ces pluies ont été enregistrées ».  La question se pose alors de savoir pourquoi le gouvernement attend la survenue de la catastrophe avant de prendre des mesures, surtout que les services météorologiques ont déjà donné l’alerte.

Il nous souvient que l’année dernière, précisément  le lundi 26 Février 2018, une pluie s’est abattue sur Lomé et certaines villes de l’intérieur du pays. Cette pluie a fait des ravages dans certains quartiers de la capitale inondant maisons, routes, ruelles et paralysant même les activités économiques.  Au lendemain de cette pluie, le Premier ministre, Komi Selom Klassou a tenu une réunion, similaire à celle de lundi dernier, avec les responsables des services de gestion des inondations  pour faire le point sur la situation.  La réunion aurait permis de prendre des mesures d’anticipation et de gestion concernant des zones traditionnellement vulnérables comme les quartiers d’Agbalepédogan, Adidoadin-Caméléon, Adidogomé-Essor, Soviépé, Agoè-Zongo, Hedzranawoé, Kélégougan-Togo 2000, Bè-Kpota, Tokoin-Gbadago, Tokoin-Tamé. Le Premier ministre aurait également  demandé aux différents responsables de faire un travail de terrain pour vérifier l’état des bassins de rétention d’eau pluviale ainsi que des caniveaux.

Justement, en parlant d’ouvrages de rétention d’eau, leur mise en place  s’inscrit dans le cadre du Projet d’Aménagement Urbain du Togo, Phase 2 (PAUT-II), dont les travaux ont été lancés en 2016, financé par l’Union Européenne, à travers le  10ème FED, à hauteur de 43 millions d’euros, soit 28,2 milliards de francs CFA avec une contribution du Togo pour un montant de 7 milliards de francs CFA. Ces ouvrages, théoriquement, visent la réduction durable du  risque d’inondations. Mais dans la pratique, ils ne  répondent pas. Aujourd’hui, des questions se posent sur la qualité, l’efficacité et la viabilité de ces ouvrages.

En ce qui concerne la réunion entre le PM et les services déconcentrés, elle est devenue une sorte de tradition, post catastrophe sans résultats, alors que certains de nos concitoyens n’ont plus d’habitats. D’ailleurs à ce jour, le Togo ne dispose d’aucun centre doté d’infrastructures capables d’accueillir les populations en cas de sinistres. « Nos autorités ne sont pas dans l’action. Elles préfèrent que la situation se détériore avant de réagir. Bref, des médecins après la mort », a lâché Innocent, habitant du quartier Adamavo, un quartier également en proie aux inondations chaque année.

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