LA UNE POLITIQUE

La C14 reprend la mobilisation : Mais… pourquoi pas KARA ?  

La coalition des 14 formations politiques, au travers d’un communiqué rendu public hier mardi 10 juillet, annonce la reprise de ses meetings de sensibilisation sur toute l’étendue du territoire national. Ainsi, du 12 au 28 juillet, Brigitte Kafui Adjamagbo et ses camarades de lutte renoueront avec leurs militants et sympathisants, y compris ceux de Sokode, Mango et Bafilo, les trois villes jusque-là interdites de manifestations publiques.

 La C14, le come-back !

 Après plusieurs mois d’inertie, faute d’étouffement du pouvoir, la coalition des 14 formations politiques (C14) reprend service. Mieux, elle observe son come-back. Dans un communiqué publié ce mardi, la Coalition des 14 formations politiques (C14), se basant sur les recommandations des médiateurs, issues du dernier round du dialogue politique en cours, invitant le gouvernement togolais à garantir le droit et la liberté de manifester, en toute sécurité, sur l’ensemble du territoire national, convie ses militants à une série de manifestations. Lesquelles vont des visites aux manifestants encore en détention  aux meetings d’information et de sensibilisation dans plusieurs villes du pays.

Un agenda chargé !

Commençant le jeudi 12 juillet par une visite aux détenus de la prison de Sokode, la C14 poursuivra son programme, le vendredi 13 juillet 2018, par un meeting d’information et de sensibilisation à Mango et à Bafilo. Suivront ensuite les étapes de Sokodé, le 14 juillet, la visite aux détenus de la prison civile de Lomé, le 19 juillet et un meeting d’information et de sensibilisation à la place du Collège du Plateau. Le samedi 28 juillet 2018, Brigitte Kafui Adjamagbo et ses autres camarades poseront leurs valises à Tsevié pour un meeting d’information et de sensibilisation. Cette série de manifestations bouclera, le dimanche 29 juillet par des meetings d’information et de sensibilisation à Atakpamé et à Kpalimé.

Sauf Kara

Fait marquant, la ville de Kara restera en marge de la reprise des activités de la C14. Le programme concocté par ce regroupement de partis politiques a pris en compte plusieurs villes du Togo sauf celle d’où est originaire Faure Gnassingbé. La démarche de la coalition répondrait à «une mesure de précaution» selon une source interne. La C14 ayant choisit de mettre le pouvoir à l’épreuve prioritairement dans les 3 villes jusque-là interdites de toutes manifestations politiques.

Dans le but de mettre toujours la pression sur le pouvoir de Lomé en ce qui concerne ses revendications, la C14 invite tous les togolais des villes de Mango, Bafilo, Sokode, Lomé, Tsevie, Atakpamé et Kpalimé, organisations de défense des droits de l’homme, associations de presse, syndicats et associations de la société civile, travailleurs des secteurs publics et privés, revendeuses des marchés, taximen, zémidjans, étudiants à répondre à leur appel, munis de drapelets togolais.

« Soyons tous au rendez-vous… pour recevoir les informations appropriées au renforcement de votre détermination à obtenir le retour à la constitution de 1992 dans sa version originelle;les réformes institutionnelles, la révision du cadre électoral y compris le droit de vote des Togolais de la diaspora, la libération des manifestants arrêtés dans l’exercice de leur droit constitutionnel et la levée de l’Etat de siège de fait des villes de Mango, Bafilo, Sokodé, Tchamba, Karaet des quartiers de Lomé…  », peut-on lire dans ce communiqué.

Les revendications de la C14 portent, par ailleurs, sur l’arrêt immédiat des rafles dans les quartiers de Lomé et sur toute l’étendue duterritoire et le retour des réfugiés et des déplacés.

Les yeux rivés sur Lomé

Désormais, tous les yeux sont rivés sur le gouvernement togolais. Va-t-il laisser faire, pour ainsi mettre exécution les recommandations faites le 27 juin dernier par les présidents Nana Akufo-Addo du Ghana et Alpha Condé de la Guinée, ou résistera-t-il encore dans sa posture de mauvais élève en matière de démocratie dans la sous-région ? Faure Gnassingbé et son gouvernement ont donc l’occasion de faire profil bas, dans l’optique d’éviter une feuille de route rude de la Cedeao le 31 juillet prochain.

Cyrielle PESSEWU

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