LA UNE POLITIQUE

La Conférence des Evêques martèle :  « Les remous politiques seront inévitables dans notre Pays »

Au terme de sa  125ème  session tenue du 19 au 23 octobre 2020 à Kara, la Conférence des évêques du Togo, au travers, d’un communiqué a lancé un avertissement aux internautes qui relayent des propos diffamatoires à l’encontre de l’Archevêque de Lomé, Mgr Anani Nicodème Barrigah-Benissan. Mais le vrai message que voulait faire passer les prélats est ailleurs. Il faut lire entre les lignes pour le comprendre.

Depuis quelques jours, un message abondamment relayé sur les réseaux sociaux faisait état d’un soutien de l’Archevêque métropolitain de Lomé au Chef de l’Etat, Faure Gnassingbé qui selon les résultats de la dernière élection présidentielle proclamés par la Commission électorale nationale indépendante et confirmés par la Cour constitutionnelle, a remporté le scrutin. Le message attribué à   Mgr Barrigah-Benissan semble être un désaveu pour la Dynamique Mgr Kpodzro dont le candidat Agbéyomé Kodjo  reclame toujours être «le président élu ». Sur la toile, le message a suscité de vives réactions et des commentaires à charge contre l’Archevêque métropolitain de Lomé.

Pour la Conférence des évêques du Togo, ces propos attribués à Mgr Barrigah-Benissan sont diffamatoires et mensongers. Ils ne sont rien d’autres  qu’une cabale des personnes mal intentionnées contre le prélat. Ainsi, dans la note signée par le Père Emile SEGBEDJI, Secrétaire Général de la Conférence des Evêques du Togo,  les Evêques avertissent les auteurs de ces messages calomnieux et rappellent ce qu’ils avaient écrit lors de leur Session de juin 2020 : « Tant que le mensonge sera utilisé en particulier dans les médias et sur les réseaux sociaux comme stratégie de déstabilisation des personnes et des institutions […], les remous politiques seront inévitables dans notre Pays ».

A qui s’adresse le message ?

Pour le commun des mortels, le message des prélats est destiné à toutes les personnes qui, sans analyse, ont relayé ces informations erronées sur les réseaux sociaux. Mais à bien scruter le message des évêques et au regard du contexte, ce communiqué s’adresse également au régime du Lomé qui a tout à gagner à voir certains hauts cadres de l’Eglise au Togo discréditer.

En effet, depuis plusieurs mois, l’Eglise s’est engagée aux côtés du peuple togolais pour la réalisation de l’alternance et l’instauration de la démocratie dans le pays. Un souhait régulièrement exprimé par la majorité des togolais mais qui se heurte à la volonté de confiscation du pouvoir par le régime de Lomé. Cela dit  seul, le pouvoir de Lomé a intérêt à casser le soutien du peuple aux représentants du Pape au Togo. Et ce par tous les moyens.

D’ailleurs, la Conférence des évêques n’a pas hésité à émettre des doutes sur les résultats de la présidentielle du 22 février 2020. Si l’élection présidentielle s’est déroulée dans un climat relativement apaisé, « mais pour ce qui concerne la transparence et l’équité de ce scrutin, on ne peut pas en dire autant, la main sur la conscience », a indiqué l’institution. Un tacle appuyé qui n’est pas sans aucun passé inaperçu dans le camp de Faure Gnassingbé.

Aujourd’hui, les évêques sont surveillés comme de l’huile sur le feu.  Le Président de la Conférence des évêques du Togo Mgr Benoît Komlan Alowonou avait même été espionné par le logiciel « Pegasus », selon les confrères anglais , allemands et français .  Ainsi, le pouvoir de Lomé gagnerait beaucoup à voir ces hommes considérés comme les guides du peuple à perdre la face. A cet effet, des armes comme la diffamation mises en branles à travers les réseaux sociaux ne sont qu’évidente.

En somme, au-delà, des internautes lambda qui par manque de discernement ont relayé les propos attribués à Mgr Barrigah-Benissan, les prélats s’adressent également au régime de Faure Gnassingbé qui fait désormais des réseaux sociaux un outil de propagande.  Sans énoncer complètement leurs idées,  les prélats se sont faits comprendre. Le message est passé.

FRATERNITE