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 Kevazingogate au Gabon : Maganga-Mussavou  ou le silence de l’Homme d’Etat

Ouverte depuis mi-mai dernier l’affaire de Kevazingo (bois très prisé en Asie) trafiqué dénommé le Kevazingogate  a ouvert depuis la semaine dernière un autre épisode avec l’éjection de certaines têtes du gouvernement et surtout d’autres non des moindres autour du Président Gabonais Ali Bongo Ondiba, notamment le Vice-Président Pierre-Claver Maganga Mussavou. Un retour sur certaines lignes de cette affaire laisse perplexe avec un gout de scenario bien orienté à des fins qui échappent même au patron du Palais des bords de Mer.

Depuis le Conseil des Ministres du Mars 2018 le fameux bois Kevazingo est effectivement, interdit de coupe et d’exploitation au Gabon.  Mais non d’exportation.

Et la première intrigue dans cette affaire est que des sources bien introduites soulignent que le stock mobilisé par le chinois François Wu pour exportation est constitué e chutes du Kevazingo qu’il a collectés avec l’autorisation dit-on du Ministre des Eaux et Forets. Une autorisation que le ministre Guy Bertrand Mapangou dénoncera après de faux, « sa signature a été scannée. Elle comporte en outre un code courrier différent de celui de son ministère, ce que Mapangou a fait constater par huissier dès le 21 Mars » rapporte nos confrères de Jeune Aafrique dans leur dernière livraison. Et la collecte et l’exportation des chutes de Kevazingo est une vieille pratique au Gabon.  La loi ne saurait être rétroactive.

Qu’à cela ne tienne, même si poursuite il doit y avoir, elle doit respecter les règles procédurales élémentaires. A juste cause Me Minko Mi-Ndong avocat de M. Wu  a très tôt dénoncé, un vice de procédure qui ne respecte aucunement la présomption d’innocence, « un vice rédhibitoire qui selon le Conseil de Wu rend la procédure en l’état véritablement nulle». En la matière, M. Wu aurait dû être écouté avant d’être déclaré par le procureur de la République comme le cerveau ayant planifié la disparition des 353 containers. « Monsieur François Wu n’a jamais été convoqué. Or vous avez dans la Constitution, dans tous les textes que “nulle partie ne peut être jugée sans avoir été entendue ou appelée”. C’est ce qui est grave dans cette affaire. » s’est indigné l’avocat de l’opérateur chinois.

Et c’est au nom de la même procédure à pied levé que le président ABO a été poussé à se débarrasser de certains hommes qui lui faisaient jusque-là office de gardes rapprochés de son fauteuil.

Une affaire alambiquée

En plus de l’absence de procès-verbaux d’investigations ni d’audition de présumés, l’autre paradoxe est que certains portefeuilles majeurs ou services dont relève le circuit d’exportation n’ont point été inquiétés dans ce Kevazingogate.  Comme l’a écrit cette semaine le confrère Jeune Afrique,  « le Port et les douanes de Owendo sont sous l’autorité des ministres de l’Economie et des Transports ainsi que de l’Office des ports et rades dirigé par Regis Landry Alihanga, frère de Brice Laccruche Alihanga, directeur de cabinet d’Ali ». Mais aucun d’entre eux n’a été cité ne serait-ce que du côté des suspects. Tout un mystère.

A contrario c’est sur des acteurs dont le portefeuille n’a aucun lien avec le bois, ni le port ou la douane qu’on met le grappin.  Il est vrai que les postes politiques, plus encore dans les Palais africains sont des loges de privilège pour les affaires. Seulement que le voile du Kevazingogate laisse apparaitre trop de trous. Le scenario a tout d’une guerre de Palais où le fond de l’enjeu consiste, pour ceux qui ont l’avantage aujourd’hui, de dépecer couche par couche le mammouth Ali Bongo Ondimba, afin de le laisser entièrement à la merci des félins. Et l’urgence avec laquelle  le Vice-Président Pierre Claver Maganga Mussavou, un des plus fidèles et des plus rigoureux proches du Président  a été délogée vient conforter la thèse d’un coup d’Etat en douce contre le Gabon. Pour cause, le seul niveau où le nom de PPCMM est apparu est en aval, soit en Mai 2018 où contacté par le Chinois Wu, pour Conseil dans son projet d’exportation du Keva comme on l’appelle communément à Libreville,  M. Moussavou aurait, en respect des procédures d’Etat dirigé ce dernier vers le ministère des Eaux et forêts.

Le lourd silence du Vice Président

Ce vieux routier de la scène politique gabonaise qui a eu à entretenir des relations de respects mutuels avec feu Omar Bongo a choisi de garder le silence pendant que le ministre des Eaux et Forts Guy Bertrand Mapangou également évincé le 21 Mai dernier a trouvé nécessaire de mettre le projecteur sur certaines zones d’ombre qu’on a dissimulé dans cette sibylline « affaire Keva ».

« Mon silence les dérange » aurait confié discrètement celui qu’on appelle PPCMM a un de ses proches tout dernièrement.

Lundi, l’épouse du Vice-Président, députée et doyenne politique du parlement Albertine Maganga-Mussavou, a trouvé légitime d’inviter la presse pour  demander l’arrêt de la campagne ignominieuse dont son mari est victime dans une affaire que la Présidente déléguée du Parti Social-Démocrate qualifie de « cabbale » et de « complot » contre le Gabon.

Tout en s’inclinant devant la décision du Président de la République de relever son mari de ses fonctions, l’honorable Albertine invite Ali Bongo Ondimba à corriger l’amalgame et le parallèle savamment orchestré par certains réseaux.

Contacté, les proches du vice-président ont confié que l’ex N°2 du Gabon se refuse de « descendre dans la marre ». « Il laisse Dieu faire éclater la vérité au nom de sa loyauté et sa fidélité ». 

Le kevazingogate laisse percevoir une forte odeur d’émergence de satrapes qui se préparent à un rôle de Brutus au sein du Palais de bord de Mer.

Une marche en arrière permet de relever que l’épuration à laquelle on assiste aujourd’hui avait déjà annoncée ses prémices dès la vacance du fauteuil par suite d’Avc du président Bongo. PPCMM en l’occurrence a été presqu’écarté depuis lors de nombre de dossiers du Palais, supplanté alors au vu et au su par le Directeur de Cabinet. 

Il est de règle que dans une telle procédure, tout présumé soit d’abord mis en examen. Et pour des fonctions hautement politiques comme la Vice-Présidence, le présumé à l’obligation de de se mettre à la disposition de la justice. Cela implique renoncer à ses charges. Nul besoin donc de recourir à un éjection pure et simple sans la moindre forme de procédure. C’est à se demander si le Président Ali a lu toutes ces failles dans le jeu qu’on lui fait jouer.

Et selon d’autres sources, une vaste stratégie d’hypnose de l’opinion à travers divers canaux et à coûts de moyens conséquents est mise en place pour accompagner cette abracadabrante kevazingogate.

En attendant de revenir sur ces autres éléments. Disons : Attention au Gabon !

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