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Le PND à l’épreuve du Togo Vers un espoir déçu pour Faure !

Depuis 2018 est mis en œuvre au Togo, le plan national de développement (Pnd). Conçu pour assurer le développement intégral et inclusif du pays à l’horizon 2022, ce plan quinquennal dit ambitieux, à quinze mois de l’échéance, est encore loin du résultat escompté.

Et l’espoir renaît…

Pour mettre le train de développement durable sur les rails au Togo, l’approche est toute trouvée. Le Plan national de développement (Pnd). Adopté par le gouvernement le 3 août 2018 et officiellement lancé le 4 mars 2019 par Faure Gnassingbé, ce plan se veut un document stratégique quinquennal couvrant la période 2018-2022. Son objectif est de transformer structurellement l’économie togolaise. Ce, au travers de trois grands axes stratégiques. L’espoir de développement  du Togo renaît, est-on en droit d’espérer.

Les trois piliers du Pnd

Le premier. La mise en place d’une plateforme logistique et d’un hub financier d’excellence. Cet axe stratégique positionne la mise en œuvre des grands investissements en infrastructures logistiques comme le principal gisement de la croissance à court-terme. Il vise, par ailleurs, à mettre en place un hub logistique d’excellence et un centre d’affaires de premier ordre dans la sous-région. Notamment à travers une amélioration conséquente des infrastructures portuaires et aéroportuaires existantes, de la connectivité multimodale et des TIC.

Le second. Le développement des pôles de transformation agricole, manufacturiers et d’industries extractives. De façon spécifique, il s’agit, dans cet axe, d’assurer le développement industriel dans des secteurs créateurs de valeur ajoutée et significativement tournés vers l’exportation (agrobusiness, manufacture) et la satisfaction de la demande interne. Ce développement industriel, selon sa feuille de route, a vocation à soutenir la croissance à long terme de l’économie ainsi que l’activité logistique et de service.

Le troisième. Il vise essentiellement la consolidation du développement social et le renforcement des mécanismes d’inclusion. Ce qui revient à travailler au renforcement des capacités institutionnelles et humaines appropriées. Ceci, dans l’optique de relever, au mieux, les défis de développement formulés dans les axes 1 et 2. Il contribue, de ce fait, à garantir la réalisation de l’ensemble des droits et libertés en vue du renforcement de la cohésion sociale, tout en assurant la prise en compte effective des principes fondamentaux d’équité, d’inclusion et de durabilité dans l’ensemble du processus de mise en œuvre du PND.

Un espoir douché

Tel que libellé dans sa description globale, le Pnd se veut, par essence, la bouffée d’oxygène pour redonner vie au processus de développement du Togo. Malheureusement, une année près son lancement, rien n’est à se mettre sur la dent. La ligne n’a bougé d’un seul iota.

En effet, c’est un constat unanimement admis que la première année d’exécution s’est résumée au protocole. Elle n’est faite que de voyages d’officiels. En premier, le Chef de l’État. Ils ont sillonné différentes capitales d’Europe à l’Asie en passant par les États-Unis. Ceci, à la recherche des foras et tables ronde pour y trouver des investisseurs.

Au plan national, le Pnd est prioritairement inscrit dans la feuille de route de chaque département ministériel et autres administrations publiques. En  a suivi un grand rendez-vous économique, notamment le premier forum économique Togo-Union Européenne qui a permis de réunir autour d’une table, courant mi-juin 2019, plusieurs dizaines d’opérateurs économiques européens et togolais et dont la finalité est d’investir dans des projets de développement au Togo. A l’arrivée, 141 projets bancables ont été retenus pour un investissement de 852 milliards de FCFA. Somme toute une bonne moisson.

Malheureusement, bien que ces rendez-vous ont semblé dégager des sentiments de satisfaction à divers niveaux, rien a bougé du point de vue retombées sur le quotidien des populations. Pire encore, le Pnd s’est encore plus hypothéqué par  la crise sanitaire actuelle qui remet tout en cause. Et dans un tel contexte où tout roule au ralenti depuis mars dernier, avec un avenir qui paraît encore plus inquiétant, c’est sans nul doute un espoir déçu qui se profile à l’horizon pour Faure Gnassingbé pour le laps de temps qui s’écoule d’ici 2022. Un chef d’Etat dont le programme de gouvernance phare, tant vanté, n’aura guère connu un début d’exécution. Visiblement, un autre goulot d’étranglement au fils de Pya qui éprouve déjà des difficultés à démarrer sa nouvelle mandature. Et à l’image du gouvernement, certainement que le Pnd trouvera également son salut dans la prorogation.

FRATERNITE