DROITS DE L'HOMME LA UNE

Le pouvoir défie les Nations Unies

Reçu en invité, le week-end dernier, par nos confères de New World TV, Gilbert Bawara qui s’est autoproclamé porte-parole du gouvernement, s’est prononcé sur les derniers développements de l’actualité sociopolitique du pays. Politique, droits de l’Homme, décentralisation…Tout est passé en revue. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’une fois encore, la sortie du ministre en Charge du Travail et des Réformes administratives fait polémique et suscite débats.

Le come-back bruissant

L’homme a disparu des radars depuis un moment. Mais son retour sur scène aura de nouveau été retentissant. Mais   alors, de la plus pathétique des manières. Qu’il soit de la politique nationale, internationale que sur la situation des droits de l’homme dans le pays, Gilbert Bawara a manqué de tact, de diplomatie, de politesse et d’élégance. Fidèle à son arrogance légendaire, le natif de Siou (à pres de 450 km de Lomé, dans la préfecture de Doufelgou)  a, d’un langage serpentin, émis ses avis empreints de dédain, de mépris et de provocation. Une légèreté politique béate dont est coutumier ce pourtant ancien agent des Nations Unies.

En mode griotisme

Gilbert Bawara a évoqué le palpitant sujet ayant trait à la candidature ou non du Chef de l’Etat à la prochaine présidentielle de 2020. Dans un contexte particulièrement marqué par la pression aussi bien interne qu’externe sur le fils de Gnassingbé Eyadema de renoncer à son idée de quatrième mandat, ce missi dominici du Prince n’en voit qu’un sujet sans intérêt. «En ce qui concerne le parti UNIR, la question de la candidature du Président Faure ne se pose même pas», a-t-il laissé entendre. Et d’aller de sa démonstration métaphorique. «Imaginons que le parti UNIR est l’entraîneur du Barça et que Messi est en pleine possession de ses moyens et dont l’expérience n’est discutée par personne et pour un match décisif, on le met à la touche, c’est qu’on est un criminel. Il n’y a pas de raison qu’une équipe comme le Barça joue en Champion’s League et laisse son champion le plus aguerri et expérimenté et qui a fait des démonstrations», explique Gilbert Bawara qui poursuit en indiquant que l’intérêt national est de faire en sorte que le pays continue sa marche vers le développement.

…Provocateur

Dans sa dynamique de déification de son patron, ce spécialiste  du langage deconcertant en est parvenu à un discours diplomatiquement constipant, indigne d’une personnalité publique qui s’est arrogé de fait le titre de porte-parole d’un gouvernement. «Je vois les efforts faits par le chef de l’Etat. Je compare avec les pays de la sous-région. Nous ne sommes pas le pays où les salaires sont réduits… Nous ne sommes pas le pays où le droit de grève est limité à dix jours par an. Nous ne sommes pas un pays où le leader de l’opposition serait confiné dans sa maison durant plusieurs jours. Nous sommes un pays où le Chef de l’Etat est un homme d’écoute et conscient de la fragilité de la société… », relève M. Bawara qui, de façon peu voilée, revient sur le dernier développement de l’actualité sociopolitique du Bénin, le voisin de l’Est. Mais c’est à se demander de quelle fragilité sociale parle Bawara si ce n’est que ce sera un bon débarras tant pour la jeunesse togolaise que jusque dans leur propre famille de voir leur petit club de sangsue quitter enfin ces privilèges indues qui les mettent en transe contre toute compétence, tout esprit plus grand que les leurs obstrue. Il est évident que celui qui aiment patiner dans le mal, niveler vers le bas , celui qui ont la maladie de la chair et du ventre , bref du superflue, crient toujours à l’hécatombe en citant les pires exemples une fois que leurs apparats sont menacés.

Les pieds dans les plats

Le plus ahurissant, c’est qu’en voulant aborder le sujet de la dernière injonction faite par les Nations Unies au Gouvernement Togolais, au sujet des droits de l’Homme au Togo, Bawara crache sur son passé en jouant au geôlier du Temple. «Nous sommes mieux placés en tant que gouvernement et en tant que togolais pour savoir ce qui est dans l’intérêt de la sécurité et de la paix au Togo. Personne d’autre! », a-t-il rétorqué. Dans son explication, ce dernier fait comprendre à qui veut l’entendre que dans la loi régissant les manifestations, il y a un certain nombre de limitation concernant les endroits pouvant accueillir les manifestations. Et que ce n’est donc pas une invention togolaise. Par conséquent, «il n’y aura pas une relecture de la loi» sur les manifestations publiques, telle que recommandée, il y a quelques jours, par l’ONU.

Ce faisant, celui que certains appellent Président du Club des défenseurs vuvuzela de Faure Gnassingbé  n’a visiblement d’égard à personne si ce n’est son maître met un gros caillou dans la chaussure de ce dernier en l’opposant, sans le savoir, aux Nations Unies. Si ce ne sont pas les derniers vatous d’une cible qui se sait désormais dos au mûr, Bawara doit certainement être conscient de ce qu’il vise en envoyant ce pied de nez  aux Nations-Unies, juste au moment où la fameuse rencontre de Niamey sur la limitation des mandats en Afrique est à la Une dans les médias internationaux.

Sur le continent le burundais  N’kurunziza a pris ses marques pendant que le guinéen Condé sait déjà que ces marges se rétrécissent. Et bien avant ces deux, c’est le mauritanien sortant qui a lancé la balle. L’ivoirien Ouatarra sur qui Lomé voudrait compter pour marcher main dans la main dans ce rêve de mandat supplémentaire n’est lui-même pas sûr de son avenir. Sinon que le Monsieur CFA de la sous région aurait déjà réussi à faire entrer son courtisan loméen dans les bras de Macron. Et qu’à cela ne tienne, la sortie de Bawara dimanche dernier au lendemain du sommet de Niamey montre que les lignes ont commencé à bouger sérieusement dans l’ombre.

FRATERNITE

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *