LA UNE POLITIQUE

Le «soldat» Dussey et son travail de Sisyphe

Après le One Planet Summit organisé par le chef de l’Etat français à Washington fin septembre dernier, le chef de l’Etat togolais participe cette semaine au Compact wiht Africa du G20 en Allemagne. Soit deux grands rendez-vous internationaux auxquels en moins d’un mois pour Faure Gnassingbé. Sous un certain angle, on pourrait parler d’une renaissance diplomatique pour le fils de Eyadèma, un an après le grand flop qu’il a connu avec le report à pied levé du sommet Israël-Afrique et de la Conférence ministérielle de la Francophonie

 La diplomatie togolaise hier et aujourd’hui

 A l’antipode de nombre de ses hauts prédécesseurs, dont les passages n’ont rien engagé pour le Togo sur le plan diplomatique, l’actuel patron de la diplomatie togolaise Robert Dussey, émerveille en toute discrétion son monde. Le cœur vraiment à l’œuvre, le ministre des Affaires étrangères et l’intégration africaine n’a de cesse multiplier les initiatives pour dynamiser la diplomatie togolaise pendant longtemps victime collatérale des affres de la politique.

Après les sommets ramenés à Lomé, l’ouverture des ambassades et la suppression des visas, le Togo se rapproche de plus en plus des nations du monde et s’invite davantage dans le concert des nations. Sommet sur la Sécurité maritime et le développement maritime en Afrique, sommet ACP-UE, AGOA, Sommet conjoint Cedeao-Ceac en juillet dernier à Lomé. Après c’est la conquête d’autonome pour Robert Dussey en faveur de son patron : One Planet Summit à Washington, une haute représentation au 17ème  Sommet de la Francophonie en Arménie en passant par l’Assemblée générale des Nations Unies où le diplomate de Sant’Egidio a sauvé l’honneur du Togo en lieu et place du coup surprise que les détracteurs ont voulu réserver au président,  actuellement c’est la participation au Compact wiht Africa G20 que Dussey a garanti au chef de l’Etat en Allemagne.

Discrétion et efficacité

Contrairement aux années 90, Lomé est redevenue aujourd’hui fréquentable.  Si l’on doit a priori ce renouveau aux différentes réformes entreprises dans divers secteurs professionnels, l’on ne saurait perdre de vue le travail remarquable qu’abbat, au quotidien, le soldat Robert Dussey pour polir l’image de son pays à l’extérieur, malgré une gouvernance politique interne peu reluisante. Et cet exploit du Professeur de Philosophie à l’Université de Lomé n’est pas sans conséquence, puisque confronté à des coups bas de certains esprits aigris au sein de la sérail qui ne manquent point d’instiller des polémiques diversives  sur ce collègue pour un hi ou un ha. Une discrétion et une efficacité qui fait tout le contraire de certains membres de l’exécutif qui s’illustrent négativement aux yeux de l’opinion et dont le zèle de nerf enfonce le pouvoir du prince de Pya.

La dernière en date de ses actes d’une autre époque reste les événements malheureux qui se sont déroulés, ces derniers jours à Sokodé où, sans aucune raison valable, on assaille et torture psychologiquement des Togolais, au nom de la politique du «Moi» et de la baillonnette. Ceci, alors même que la Cedeao, dans ses recommandations, exige la levée de l’état de siège sur les villes de Sokodé, Bafilo et Mango. Avec la dernière sortie de certains membres du gouvernement, on tend à affirmer que pendant que certains s’emploient par tous les moyens à polir l’image de Faure Gnassingbé et de son régime, d’autres restent indéfiniment dans la posture de destructeurs.

Quelle prochaine étape pour le soldat Dussey ?

 Aujourd’hui, l’on en vient à se demander quelle prochaine étape du soldat Robert dans son ingéniosité et son obsession à oxygéner, de plus, la diplomatie togolaise qui s’exprime de façon plus professionnelle désormais. Il est évident que quels que soient les marrons que le prince aura tirés de Berlin, son capital crédit est aujourd’hui réduit presqu’à néant juste par le génie des professionnels de la force et du «Moi». Il reste à savoir comment ce fils des Plateaux de Danyi pourra reconstruire ce château qui pourrait réluiser l’image de son ami et patron ? Un travail de Sisyphe en soi.

FRATERNITE

Laisser un commentaire