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Le Togo et le classement IDH 2019: Rien ne peut démentir les tristes réalités

Quelques jours après la publication du classement IDH 2019 du Programme des Nations Unies pour le Développement (Pnud), logeant le Togo à la 204e place sur 228 au total, le représentant résidant de l’institution onusienne est revenu, cette semaine pour louer les «prouesses» réalisées par le Togo de 1990 à ce jour. Une Communication aux allures réparatrices qui semble répondre aux commentaires alimentées que des journaux dont FRATERNITE ont fait par  à la suite de cette publication mais aura du mal à atteindre son objectif.

Classement IDH 2019

«Indicateur de développement humain 2019 : Le Togo logé à sa juste place !», avons-nous titré dans notre dernière parution. Ceci, traitant donc le rapport 2019 du classement Indicateur de Développement Humain (Idh) du Programme des Nations Unis pour le Développement (P.N.U.D.) qui classe le Togo à la 204e place sur 228 pays au total.

Dans notre analyse, nous avons allumé les projecteurs sur les indicateurs clés de ce rapport qui mesure le niveau de développement des pays, sans en rester simplement à leur poids économique mesuré par le Produit intérieur brut (P.I.B.) ou PIB par habitant. «Cette année 2019, ce classement a logé le Togo au 204 rang mondial sur 228 pays classés, avec un indice de 0,503. Ceci, dans un contexte socio-économique mondial où l’IDH du monde a progressé, passant de 0,717 à 0,728. C’est dire donc que le Togo est encore à la traîne pour faire goûter à ses fils, la saveur du bonheur», avons-nous analysé, tenant compte des trois indices sur lesquels l’ensemble des pays dont le Togo ont été évalués. Lesquels vont, d’une part, de «La santé», notamment la longévité (mesurées par l’espérance de vie à la naissance), qui permet de mesurer indirectement la satisfaction des besoins matériels essentiels tels que l’accès à une alimentation saine, à l’eau potable, à un logement décent, à une bonne hygiène et aux soins médicaux.

De l’autre,  «Le savoir» ou «niveau d’éducation» qui est mesuré par la durée moyenne de scolarisation pour les adultes de plus de 25 ans et la durée attendue de scolarisation pour les enfants d’âge scolaire. Cet indice traduit également la satisfaction des besoins immatériels tels que la capacité à participer aux prises de décision sur le lieu de travail ou dans la société. Puis «Le niveau de vie», selon le logarithme du revenu brut par habitant en parité de pouvoir d’achat. Ceci, afin d’englober les éléments de la qualité de vie qui ne sont pas décrits par les deux premiers indices tels que la mobilité ou l’accès à la culture.

La réplique du mercenariat

Une semaine après, à la suite du traitement critique et objectif fait de l’information par certaines confrères en appui à FRATERNITE, force est de constater une communication de réplique. «L’IDH du Togo s’est amélioré de 1990 à 2018, avec un taux de 26,6% passant de 0,405 à 0,513. L’espérance de vie s’est accrue de 4,9 années. Le PIB par tête a augmenté de 22,4% pour la même période. Des progrès importants. Mais beaucoup d’efforts restent à faire», a tweeté, en début de semaine, Aliou Dia, le Coordinateur du système des Nations unies au Togo. Et de poursuivre sur un air d’espoir. « Le PND est une opportunité », a chuté M. Dia.

Loin de botter en touche les chiffres avancés par le fonctionnaire des Nations Unies, il paraît néanmoins curieux que ceux-ci en viennent à contredire, en quelque sorte, le classement du Togo qui résulte d’un travail technique fait en amont, avec des indicateurs précis. C’est à penser à une option de mercenariat au service de Lomé auquel on s’adonne, mais sans pour autant convaincre. Et pour cause, les faits sont têtus et paraissent trop gros pour être négligés.

Les réalités parlent d’elles mêmes

C’est une réalité que grande chose ne va au pays de Faure Gnassingbé où le Togo paraît une terre étrangère pour ses propres fils. Ceci, au point où Faure Gnassingbé ne le reconnaisse officiellement en affirmant que seule une minorité a la main mise sur la richesse du pays. Incapable d’arrêter l’hémorragie mais plutôt siphonne, étouffe et asphyxie l’économie du Togo et hypothèque le sens de la prospérité partagée, le gouvernement s’exécute en mettant en branle un mandat finissant dit social qui, en réalité, n’en a point été un. En arrivant à une telle option politique, c’est dire que la réalité est si poignante et reconnue par l’Exécutif National que nul ne saurait oser cacher le soleil par la main.

En effet, dans le cadre du fameux mandat social, il a été initié le projet «transfert monétaire», l’un des volets des filets sociaux, qui a ciblé un échantillon de 61.000 ménages issus de 585 villages des 209 cantons les plus pauvres du Togo, une dotation de 15.000 par ménage tous les 3 mois, et ce durant 2 ans. L’objectif visé est d’aider ces couches vulnérables à faire face aux soins d’alimentation, de santé, de scolarisation des enfants, et pour la constitution de petites épargnes en vue du démarrage d’activités de revenu. Tout calcul fait, chaque ménage s’en sort avec 155 FCFA par jour. Et un ménage se constituant, au minimum de deux personnes, il revient à chacun, un maigre revenu journalier de 267 FCFA. Un montant largement en dessous du seuil fixé par l’OMS selon laquelle, un personne vivant moins d’un dollar par jour vit en sous développement. Et connaissant les réalités des ménages africains souvent prolifiques, l’on peut donc se faire une idée de la situation.

Aussi, l’on s’en souvient-il qu’initialement prévu pour le mois de mai, le concours de recrutement des fonctionnaires pour le compte du ministère de l’Agriculture a été finalement repoussé au mois de septembre 2019. Et pour cause, pour 1552 fonctionnaires recherchés, quelques 25.586 dossiers ont été enregistrés. Nécessitant de fait, du temps matériel pour un meilleur traitement des dossiers. Une telle ruée des jeunes diplômés togolais témoigne  en effet, de la situation réelle du chômage et du sous emploi au Togo.

Par ailleurs, en octobre dernier, les togolais ont été également témoins du fort engouement suscité par l’établissement du passeport, conditionnant la participation à la loterie visa 2019. Une situation qui a amené la Direction Générale de la Documentation Nationale (Dgdn) a traiter plus de 1000 dossiers par jour et ceux, durant plus d’un mois.

C’est dire donc que nul ne peut cacher le pot au rose. Le quotidien est morose au Togo. Et ce n’est pas la Communication «réparatrice» d’un émissaire d’un maître qui cachera l’évidence. Autrement, cela n’a été qu’une tentative de sauvetage vile et ratée.

FRATERNITE