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Les maquillages de la « fortune »

Pour être au top, belles et resplendissantes, elles sont prêtes à faire des «  folies ». Elles, ce sont les  Togolaises qui se tapent des make-up ou maquillages dont les prix s’échelonnent désormais entre 10 000 et 20 000 francs Cfa. Il existe ainsi toutes sortes de maquillages sur le marché à savoir le simple, le sophistiqué, le chic, le glamour etc. Une opportunité que les professionnels du secteur entendent saisir.

Le maquillage se définit comme une autre expression du visage et a pour but d’embellir et de sublimer le visage. Il  permet de faire sortir les traits de beauté. On utilise le maquillage le plus souvent pour mettre en valeur la beauté d’une femme. Et actuellement, pour être top, et belles, les filles de Lomé sont prêtes à dépenser une fortune, rien que pour le visage.

Josiane est l’une d’entre celles qui ne comptent pas pour se faire belle. La trentaine, la taille moyenne, teint un peu clair, elle est venue se faire maquiller pour une soirée chique à Agoè, une banlieue chaude de la capitale. « Je suis prête à dépenser n’importe quelle somme pour me faire plus belle. Chaque mois, je viens dans ce salon pour me faire maquiller et je débourse pour chaque séance la somme de 2.000 francs Cfa. Pour mon mariage, j’ai dépensé la somme de 5.000 francs Cfa juste pour me faire un make-up. Il faut faire des sacrifices parfois et c’était le plus beau jour de ma vie », dit-elle, avant d’ajouter qu’elle  « dépense environ 10 000 francs Cfa par mois pour se ravitailler en poudre, en rouges à lèvres et autres parures».

Des « fars à pommette »  et des yeux à 10 000 francs Cfa

Abordant dans le même sens, Florent, un visagiste apporte sa touche personnelle, avec le concept « High lites ». Selon lui, ce concept englobe tout dans le maquillage. «High lites c’est quand nous prenons la console anticerne qui est plus claire que notre peau et on le met sur la zone T (en dessus des sourcils allant du nez pour finir sur le menton) et sur les pommettes », a expliqué le visagiste. « Mais, quand il s’agit du « contouring », il faut prendre des anticernes plus bronzées que la peau. Et il faut les mettre sur les côtés pour le contour. Pour le «High lites», il faut les mettre dans les zones qui demandent le plus de lumière, mettre un fond de teint d’anticerne plus clair que la peau » a-t-il ajouté. Ce visagiste avoue s’occuper des personnalités féminines et haut cadre. Il préfère ne donner aucun nom. Par contre ses tarifs se situent entre 10 000 et 20 000 francs Cfa.  Et particulièrement pour son concept « High lites », il faut dépenser pas moins de 40 000 francs Cfa.

Rencontrée juste au seuil de la porte d’un salon de beauté sise à Bè, Marceline, une dame qui venait se faire un soin de visage, révèle qu’elle s’est récemment procurée un produit éclaircissant pour des lèvres à 15 000 francs Cfa. Selon elle, « ce sont des « gloss » qui sont à la fois des traitements. «Tous les week-ends ou presque, je pars au salon de coiffure pour me faire maquiller et je débourse en moyenne 5 000 francs Cfa », explique-t-elle.

Chaque sortie avec son maquillage…

Remarque importante, toutes les  filles sont unanimes sur le fait que pour chaque sortie, il faut un maquillage adapté. Ainsi, le maquillage dépend de où l’on va, des personnes que l’on va rencontrer et surtout ce qu’on va faire là-bas. « On se maquille par rapport au lieu, à l’événement et aux personnes que l’on pourrait rencontrer. Cela permet de rester dans la tendance.  C’est en fait, comme quand on doit s’habiller », souligne Anisette, friande des tendances.

Si ces sommes dépensées uniquement pour le visage peut choquer certains, les intéressés mêmes s’en moquent. C’est ainsi va la vie dirons d’autres puisque au moment où la majorité des Togolais cherchent 500 francs Cfa pour manger, d’autres sont prêts à le dépenser ce montant multiplié par dix (10) uniquement pour des soins de visage.

L’esthétique a le vent en poupe

De nos jours,  cette filière accueille beaucoup de jeunes et les débouchés existent toujours. Une filière à l’image parfois dévalorisante mais qui a repris du galon pour devenir une formation d’excellence. En quelques années, l’esthétique, la culture de l’image est devenue le culte de l’apparence. Ce faisant, il devient incontournable de faire appel à des soins esthétiques afin de préserver son corps voire de rajeunir son apparence au moyen de différentes techniques.

L’exigence du marché et sa forte innovation contraignent les futurs professionnels à faire le choix d’une formation complète puis d’avoir recours à de la formation continue. «Etant donné que le titre d’esthéticien n’est pas spécialement protégé, tout le monde peut théoriquement le devenir. Mais seuls les très bons professionnels réussissent à fidéliser une clientèle», remarque Florent. Ensuite, nombreux sont ceux qui se mettront à leur propre compte.

En bref, l’esthétique est un métier en pleine expansion à condition de la pratiquer avec un grand professionnalisme. De toute évidence, les clientes ne manqueront jamais.

Koffi Miboussomékpo