LA UNE RELIGION

Les pasteurs en syndicat : Les Eglises sont-elles devenues des entreprises ?

Le 24 Juillet dernier, un nouveau syndicat a été porté sur les fonts baptismaux. Il s’agit du Syndicat des pasteurs « We are one » du Togo (SYNPAWAOTO). Un regroupement syndical qui s’est donné pour mission de lutter pour les intérêts de cette corporation. Au-delà de la curiosité qu’a suscitée la naissance de ce syndicat, elle témoigne de ce qu’est devenue aujourd’hui l’Eglise : Une entreprise. 

C’est une première au Togo : Des pasteurs qui se constituent en syndicat. Le SYNPAWAOTO se veut, une organisation représentative pour défendre les pasteurs face aux difficultés temporelles. C’est un mouvement apolitique et non tribal, ouvert à tous les «Hommes de Dieu». Il est né dans l’esprit de faire face à la méconnaissance des droits et devoirs des principaux acteurs de l’apostolat, dit-on.  « Face aux difficultés de gestion des problèmes liés à la fonction pastorale et face aux enjeux de la mondialisation, il était nécessaire de mettre en place une organisation des pasteurs pour mieux circonscrire les maux dont souffrent la corporation et les populations », a confessé Koffi Totcha, Secrétaire général du SYNPAWAOTO.

Entre autres missions que s’est assigné le syndicat des pasteurs, on compte l’union des pasteurs et évêques des églises et ministères du Togo, l’étude et la défense des intérêts professionnels, économiques et sociaux des membres.

A l’annonce de la naissance de ce syndicat, les critiques et les interrogations ne cessent de se multiplier sur les réseaux sociaux notamment. La question qui revient le plus souvent est de savoir si le pastorat est  devenu une entreprise avec des relations employés-employeurs.

L’Eglise transformée en entreprise….Dieu, une marchandise

En pratique, les religions sont placées au même titre que les associations sous la loi du 1er juillet 1901 relative à la liberté d’association. Ainsi, hormis les églises mondialement structurées et centralisées, celles privées ou les «Business Church » comme certains les appellent, s’enregistrent au ministère de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales sous le régime de déclaration et reçoivent leur récépissé. Qu’on les appelle église, ministère, camp de prières, chapelle etc. elles foisonnent à profusion. Dans toutes les régions, à chaque coin de rue, que ce soit dans de véritables lieux de culte ou dans des bâtiments improvisés, les églises chrétiennes dites « évangéliques » s’implantent et prospèrent, attirant chaque jour des fidèles dont le nombre va sans cesse en crescendo.

La multiplication de ces églises a fini par déboucher sur un véritable business que certains soient « hommes de Dieu » auto-proclamé alimentent sans aucun scrupule. En fait, l’église est devenue une entreprise dans laquelle Dieu est la marchandise à vendre. Prenant le titre d’Apôtre, de pasteur ou encore de prophète, ils profitent de l’« ignorance et de la naïveté » des fidèles pour les dépouiller de leurs biens sans aucun état d’âme.  A tel point qu’aujourd’hui, le nombre des « faux pasteurs », pour emprunter un langage biblique, a dépassé largement ceux qui ont vraiment reçu un appel de Dieu pour sauver des âmes en perdition. Et là encore, c’est tout un débat, s’il faut parler de cet appel de Dieu.

Escroquerie, destruction de foyer, viol, pratiques occultes sont devenus les habitudes de certains de ces « pasteurs » qui cachent leurs gangstérisme sous le nom de Dieu. Ces dernières années, la presse togolaise a largement fait écho des agissements de ces charlatans dits du Christ.  Menacées de représailles, les victimes ont peur de prendre la parole pour dénoncer ces individus aux penchants diaboliques.

Aujourd’hui, il serait mieux que ces pasteurs qui se sont constitués en syndicat pour défendre leurs « propres intérêts », transforme plutôt leur mouvement en un Ordre pour assainir la corporation de ces vices qui l’écument.  En effet, l’Ordre des Pasteurs serait chargé de surveiller l’éthique et la déontologie de la profession. Et ceci en étroite collaboration avec les pouvoirs publics pour éviter, tant soit peu, aux fidèles de tomber dans les mains de ces «vicieux » dénommés pasteurs.

Koffi Miboussomékpo

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