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Logements sociaux au Togo : Le ministre Tsolenyanu en plein dilatoire

Le 4 octobre 2021, plusieurs pays ont commémoré la Journée mondiale de l’habitat. Une journée de réflexion consacrée à l’accès de tous les humains à meilleur cadre de vie et au droit fondamental de vivre dans un logement décent. L’occasion pour le ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Réforme foncière du Togo, Me Koffi Tsolenyanu de réaffirmer, au travers d’un message, la volonté du gouvernement togolais de mettre à disposition des concitoyens des habitats sociaux. Mais cette promesse faite aux Togolais depuis plusieurs années tarde à se concrétiser. Et la dernière sortie de Me Tsolenyanu n’a fait que renforcer les doutes grandissants.
L’envolé continue des prix des terrains et des logements depuis quelques années par défaut d’un encadrement rigoureux des pouvoirs publics a renforcé l’acuité du problème de logement. Des milliers de concitoyens se retrouvent ainsi dans des habitats insalubres avec son lot de conséquences. De sources officielles, les besoins en logements décents au Togo sont estimés à 500 000. Selon les prévisions ces besoins devraient être beaucoup plus importants à l’horizon 2030. On comprend que c’est pour solutionner le problème que le gouvernement s’est lancé dans un vaste chantier de construction d’habitats sociaux.
Législation revue, terrains acquis…logements inexistants
Pour permettre à tous les togolais de « disposer d’un « chez soi » pour vivre dans la sécurité, la paix et la dignité », l’exécutif s’est doté notamment d’une politique nationale de l’habitat soutenu par un Fonds spécial pour le développement de l’habitat (FSDH). Il a également acquis, environ 139 hectares de terrains sur toute l’étendue du territoire.
Les chantiers de la cité Mokpokpo, la cité des Anges, la cité Renaissance, Well city et plusieurs autres projets de construction sont été également lancés depuis plus de cinq ans. Mais avec des coûts qui varient entre 11 et 21 millions de nos francs payable sur une période de 20 ans, seuls les fonctionnaires togolais des catégories A1, A2, A3 et B qui respectent les conditions de solvabilité auprès de leur institution bancaire pourront s’offrir ces logements, avait indiqué en 2016 l’ex ministre de l’Habitat Me Séssénou Fiatouwo. Mais comme nous l’avions déjà souligné dans plusieurs publications à ce sujet, il serait même difficile pour les fonctionnaires de certaines catégories mentionnées plus haut d’acheter ces logements et de continuer d’assumer leurs charges familiales convenablement. En attendant que le problème d’acquisition lié au prix exorbitant des logements ne se pose, les bâtiments même peinent à sortir de terre. Et le double langage du ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat Me Koffi Tsolenyanu montre que les livraisons ne sont pas pour demain.
Me Koffi Tsolenyanu pris en flagrant délit de mensonge
Dans son message du 04 octobre dernier, le ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat a fait savoir que les 20 000 logements seront livrés d’ici 2025. « Aussi, à l’horizon 2025, le Gouvernement s’engage-t-il à construire au moins 20.000 logements, répartis sur l’ensemble du territoire togolais », a déclaré Me Koffi Tsolenyanu.
Curieusement, il y a un an, le même ministre de l’habitat avait fait la même déclaration mais en promettant que les 20 000 habitats seront disponibles d’ici 2022. « Dans le souci de donner une image de marque à notre pays en matière de logement, le Chef de l’Etat promeut, avec l’appui du secteur privé, la construction d’au moins 20 000 logements, répartis sur l’ensemble du territoire togolais, à l’horizon 2022 », avait-t-il déclaré à l’époque. Loin d’être anodin, ce changement de l’échéance montre que la promesse des 20 000 logements sociaux faite aux togolais depuis des années semble n’être finalement que du bluff.

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