LA UNE SANTE

Maladies Tropicales Négligées au Togo : La bataille est loin d’être gagnée

Les Maladies tropicales négligées (Mtn) sont un groupe de diverses maladies tropicales fréquentes au sein des populations défavorisées. Depuis 2010, le Togo organise chaque année des traitements de masse (TDM) contre les maladies tropicales négligées (MTN) à chimiothérapie préventive, à savoir les schistosomiases, les géo-helminthiases et l’onchocercose dans le pays. Malgré tout, elles restent un problème de Santé publique au Togo.

Les maladies tropicales négligées sont principalement des maladies infectieuses qui sévissent dans les milieux déshérités, surtout dans la chaleur et l’humidité des climats tropicaux. « Il s’agit pour la plupart de parasitoses transmises par des insectes – moustiques, simulies, phlébotomes, mouches tsétsé, triatomes, mouches des immondices – et par des gastéropodes. D’autres sont propagées par l’eau contaminée et par les œufs de vers présents dans le sol », a expliqué un médecin. Autrefois très dispersées, ces maladies se concentrent aujourd’hui dans les endroits extrêmement pauvres et dans les taudis urbains. Le Togo n’est pas épargné. 

Le Togo au front…

Face aux effets des MTN, le Togo a initié depuis 2010, des traitements de masse. La lutte contre les MTN à chimiothérapie préventive repose essentiellement sur les traitements de masse (TDM) qui ciblent l’onchocercose, les géo-helminthiases et les schistosomiases qui sévissent dans le pays. Pour ce faire, deux (02) tours d’un TDM intégré à l’Ivermectine, à l’Albendazole et au Praziquantel dans les cinq régions sanitaires sont effectués régulièrement. Pour le compte de cette année, le premier tour du TDM contre ces MTN s’est déroulé du 18 au 29 juin 2019. « Le TDM de l’année 2018, six millions deux cent quarante mille neuf cent quatre-vingt-dix-et-neuf (6 240 999) personnes ont été recensées au premier tour et 3 159 965 au second ; les taux de couverture thérapeutique pour l’Albendazole pour le premier et le second tour sont respectivement de 99,34% et de 99,8% ; l’objectif fixé étant de 95% ; les taux de couverture thérapeutique pour l’Ivermectine pour le premier et le second tour sont respectivement de 83,51% et de 83,49% ; l’objectif fixé étant de 80% dans toutes les communautés élues ; quatre-vingt-dix-et-neuf virgule vingt-trois pourcent (99,23%) d’enfants d’âge scolaire et 95,55% des adultes dans les zones endémiques à la schistosomiase ont été traités au Praziquantel au premier tour », a indiqué ministère de la santé et de l’hygiène publique. En outre, une évaluation d’impact, menée en 2015, a montré une baisse significative des prévalences desdites maladies.

Pour rendre la lutte plus efficace,  il a été élaboré, à travers le Programme National des Maladies Tropicales Négligées (PNMTN), un plan stratégique national de mise en œuvre des Maladies Tropicales Négligées (PSN MTN) pour la période 2016-2020. Ce plan stratégique national sert de document d’orientation pour la planification et de cadre de suivi de tous les indicateurs pour l’ensemble des intervenants dans le secteur des Maladies Tropicales Négligées. De ce plan, un Plan d’Action Opérationnel est élaboré chaque année comportant plusieurs activités. « L’évaluation de l’impact de ces TDM après 5 années de traitement a montré une baisse importante des prévalences de ces trois (03) maladies. Ainsi la prévalence des géo-helminthiases est passée de 33% en 2009 à 11,6% en 2015, celle des schistosomiases de 23% en 2009 à 5% en 2015 et la microfilarémie de l’onchocercose est passée de 5% en 2009 à moins de 2% en 2015. Cependant, ces prévalences sont encore à un seuil qui nécessite la poursuite de la chimiothérapie préventive», a expliqué le médecin Colonel AWOUSSI Sossinou, Secrétaire général du ministère de la santé et de l’hygiène publique.

La bataille est loin d’être gagnée

La revue des activités de lutte contre les maladies tropicales négligées 2018, tenue en avril 2019 à Kpalimé, a montré qu’il y a encore du chemin à faire pour réduire significativement la morbidité due aux Maladies Tropicales Négligées au Togo.

En effet, la rencontre a noté des insuffisances à différents niveaux : directions régionales, directions préfectorales et formations sanitaires. Il s’agit entre autres des insuffisances dans le respect de la cartographie de mise en œuvre des TDM et le remplissage des outils liée au retard dans le démarrage de la supervision, dans la qualité des données transmises au niveau régional, dans le reconditionnement des intrants à la fin des TDM et dans la promptitude dans la transmission des rapports. Le même constat est également fait dans l’analyse des données avant la validation régionale auquel s’ajoutent‘ la mauvaise qualité des prestations due à une insuffisance  de supervision dans les FS à forte densité,  le manque de médicaments pour prendre en charge  gratuitement les effets secondaires lors des TDM, la persistance de la prévalence élevée de l’onchocercose, des schistosomiases et des géo-helminthiases dans certaines zones malgré de bonnes couvertures thérapeutiques. Autant d’insuffisances qui montrent à juste titre que la guerre déclarée à ces maladies tropicales négligées est loin d’être gagnée au Togo. 

FRATERNITE

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