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Mandat Social : La raison de Faure à fraternité  ?

Le troisième mandat de Faure Gnassingbé portera le sceau du social. C’était une promesse du Chef de l’Etat togolais,  alors en campagne pour son troisième quinquennat à la tête du Togo en 2015. Mais cette promesse n’a pas été tenue. Les projets sociaux sont à compter sur le bout des doigts. Pire, certaines décisions vont à l’encontre de la promesse faite par président togolais. Et votre Journal FRATERNITE, dans plusieurs parutions, a relevé le mythe qui entoure ce mandat dit social. Chose rare, Faure Gnassingbé a «avoué» que son mandat social n’était qu’un leurre, donnant ainsi raison à FRATERNITE.

En Avril 2015, alors en campagne pour l’élection présidentielle, Faure Gnassingbé, candidat à sa propre succession avait fait une promesse aux Togolais : ce troisième mandat sera celui du Social. A cette époque, le fils du Feu Gal Gnassingbé Eyadéma voulait certainement apporter une réponse adéquate aux multiplies cris de détresse des Togolais qui ne savent plus à quel saint se vouer. Puisque la même année, une enquête officielle a révélé que la pauvreté a pris  des proportions inquiétantes au Togo.

Mais après sa réélection contestée à la tête du pays, le candidat Faure a semblé oublier ses promesses de campagne. En effet, depuis le début de son troisième mandat, l’homme qui a succédé à son père en 2005 a rarement fait des visites de terrain pour constater de visu l’avancement des projets lancés ou encore aller à la rencontre des populations. Ces populations dont la majorité croupissent sous une pauvreté galopante qui fait perdre à certains même leur dignité (l’augmentation des mendiants dans les rues de Lomé). Pire, les prix des produits de première nécessité connaissent une hausse, surtout après l’augmentation successive du prix des carburants, de l’eau et bien d’autres.

 L’échec du mandat social…

Et depuis, les Togolais se posent des questions sur ce mandat dit social. Le 31 octobre 2019, lors de la présentation du rapport pays Doing Business 2020,  le Président de la République  a, demi-mot, « reconnu » l’échec de son « mandat social ». « Si vous gérez mal, vous ne pouvez pas faire du social. Aujourd’hui, le poste le plus élevé dans notre budget, c’est le remboursement de la dette. Mandat social ou pas, vous avez une dette, vous devez rembourser. J’aurai préféré que ce soit l’éducation, l’agriculture ou la santé », a expliqué le fils du Général Eyadèma. Cette déclaration sous entend que Faure Gnassingbé savait pertinemment qu’il ne pourra pas tenir sa promesse.

En effet, depuis quelques années, le déficit budgétaire a tutoyé les 10 % du PIB et, surtout, une montée en flèche de la dette publique. Celle-ci était tombée de 81 % à 17 % du PIB de 2007 à 2010, grâce à son allègement. Dès 2011, elle est repassée à 48,6 % et excède aujourd’hui les 80 %, soit le taux le plus élevé de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), qui en a fixé le maximum à 70 %. Cela  est d’autant plus grave qu’une partie de cette dette n’apparaissait pas, se dissimulant sous le vocable de « préfinancements ». Ce système triangulaire consistait pour l’État à accorder, de gré à gré, les marchés publics.

Selon de sources officielles, aujourd’hui, le taux d’endettement, sans la dette des sociétés d’Etat, est de l’ordre de 70,9% du PIB et le Togo devrait être sous la barre des 70% d’ici fin décembre 2019, environ à 67% du PIB respectant ainsi l’ensemble des critères de convergence de l’UEMOA.

Curieusement, Faure Gnassingbé continue d’endetter le pays avec les financements du Fonds monétaire international (FMI). En outre, les sociétés d’Etat qui alimentent les caisses sont privatisées à tour de bars au nom du Plan National de développement (PND). C’est à juste titre que, Kako Nubukpo, ancien Ministre de la Prospective met en doute la réussite de ce plan. Pour Kaku Nubukpo, le PND dans son état actuel ne fera que contribuer à « un processus d’entement croissant » du Togo. Puisque, «le Togo emprunte sur le marché de taux d’échange à 6,5%. Alors que le scénario de base est de 5,2% », a justifié l’ancien chef service de la BCEAO.

De plus, ce plan n’a pas prévu de scénario pessimiste. Pourtant, une échéance électorale cruciale attend le Togo en 2020. La situation de crise latente qui prévaut dans le pays depuis fin 2018 n’augure rien de bon au lendemain de ce scrutin. D’ailleurs, Faure Gnassingbé semble prendre conscience de la situation. C’est pourquoi nous allons organiser les élections beaucoup plus tôt, a indiqué en substance le Président de la République, le 31 octobre dernier.

Dans sa mission de veille, le Journal Fraternité a détaillé sous tous les angles les points susmentionnés dans ses colonnes. Certains esprits nains ont voulu défendre  bec et ongle l’indéfendable. Mais encore une fois, les faits donnent raison à Fraternité.

En somme, c’est l’endettement qui a eu raison du mandat social, a en croire Faure Gnassingbé. Il semble donc trouver l’argument pour se dérober à sa promesse et postuler pour un quatrième mandat. A en croire un observateur de la scène politique, en disant cela, le Chef de l’Etat répond tacitement aux  critiques sur son troisième mandat. Le tout, à quelques semaines de la présidentielle de 2020. « Mais les Togolais ne sont pas dupes », a conclu notre interlocuteur.

FRATERNITE