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Nouveaux Conseillers Municipaux : Le plus dur commence dans le développement à la base

La Cour Suprême devrait proclamer, dans quelques jours, les résultats provisoires des élections municipales tenues le 30 juin dernier. En attendant le verdict de l’institution, les élus issus de ces municipales ont, devant eux, du pain sur la planche.

Après plus d’un demi-siècle d’échec du système des Délégations spéciales, l’heure est désormais non seulement à une planification plus élaborée du développement à la base mais aussi  l’instauration de la culture du résultat et du compte rendu aux électeurs. Un exercice qui s’annonce laborieux pour la majorité des 1527 conseillers municipaux dont certains ont déjà montré leur incapacité à résoudre, voire poser dans les bons termes la question du développement.

En effet, les élections municipales sont l’aboutissement du processus de décentralisation après plus de 32 ans d’attente. Ce processus qui vise entre autres, la prise en compte des réalités locales et la responsabilisation des communautés à la base dans la gestion de leur développement.

Faut-il le souligner, l’un des objectifs principaux de la politique nationale de développement à la base est de préparer le terrain à une décentralisation réussie. Il s’agit en d’autres termes, de favoriser le renforcement des capacités des populations locales, en vue de leur permettre de prendre en charge de façon durable, la gestion de leurs propres affaires dans le cadre de la gouvernance participative. Il leur permet également de révéler leurs préférences collectives de développement. Par ailleurs, la concertation et la mobilisation des populations locales au sein de ces dispositifs favorisent leur proximité avec les niveaux de prise de décisions les concernant.

Un développement planifié…

Aujourd’hui,   le  développement  local doit   d’abord  se traduire  par  des  programmes   de  grands   aménagements  dont  la  mission  première est  d’équiper certaines communes pour redynamiser  la  vie  économique. Ce programme d’aménagement doit être planifié avec une orientation des investissements pour permettre à la commune d’avoir une économie solide.

Les préoccupations sont en général, la santé, l’éducation, l’eau et l’assainissement. Pour ce faire, les actions doivent être coordonnées pour fournir aux populations les meilleurs services. Loin des centres urbains, certaines commodités deviennent des luxes. L’accès à l’eau potable, au minimum des soins de santé ou à l’école reste aléatoire.

Il s’agit donc de permettre aux habitants de chaque commune de jouir des fruits du développement local dont l’objectif est d’améliorer le cadre de vie, le niveau de vie, afin que chacun puisse travailler et profiter des avantages des services de proximité.

Pour ce faire, les Conseillers Municipaux et les Maires doivent mobiliser les moyens en faisant appel aux partenaires locaux et internationaux, ce qui nécessite un savoir-faire.

Le plus dur commence…

Elus sur la base de  leurs programmes ou de leurs orientations politiques, aussi bien les conseillers municipaux que les maires sont chargés de mettre en œuvre les aspirations des électeurs. Ainsi, ceux-ci attendent que le conseiller municipal respecte ses promesses, défende leurs opinions et réponde à leurs besoins.

Pour ce faire, il est compétent pour créer et supprimer des services publics municipaux, pour gérer le patrimoine communal.

Mais le rôle d’un conseiller municipal ne s’arrête pas là. Il est également chargé de voter le budget préparé par le maire et les services municipaux, d’approuver les comptes en fin d’exercice, de décider des travaux communaux à réaliser, d’organiser et de créer les services publics municipaux, de gérer le patrimoine communal, d’aider au développement économique de la ville. Ces fonctions doivent être remplies conformément aux priorités et orientations politiques déterminées par le maire.

Ces fonctions étaient hier confiées aux Délégations spéciales. Mais les hommes et femmes placés à la tête de ces délégations spéciales ont largement montré leurs limites. Mais curieusement, certains d’entre eux se sont encore positionnés pour diriger les communes, oubliant que cette fois, la donne a changé. Même si ces derniers comptent sur la fraude électorale pour briguer les mairies, reste que les citoyens sont désormais plus regardant sur la gestion faite de leurs patrimoines communs. En effet, le développement local par les débats qu’il génère est un lieu d’émergence de démocratie locale mais pour des gens qui ont longtemps gouverné comme des maîtres, ce sera sans aucun doute un nouvel apprentissage qui s’annonce difficile. Et c’est là que le plus dur commence.

FRATERNITE

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