LA UNE POLITIQUE

Opération « Togo Mort » : Un bilan qui n’arrange pas les affaires du pouvoir

La Coalition des 14 partis de l’opposition a appelé les Togolais à rester chez eux le lundi 18 Juin dernier. Une journée « Togo Mort », un acte de désobéissance civile dont l’objectif est de démontrer au régime de Lomé la détermination des togolais à voir les réformes s’opérer. A l’heure du bilan, le pouvoir doit encore se mordre les doigts.

Il y a une semaine, la coalition des 14 partis de l’opposition a décrété la journée du lundi 18 juin 2018, journée « Togo Mort ». Pour ce faire, elle a usé de plusieurs moyens de communications notamment par les réseaux sociaux pour appeler les Togolais à rester chez eux. Et visiblement le message est suffisamment passé.

En effet, lundi dernier plusieurs rues de la capitale étaient désertes. Au niveau des grands carrefours commerciaux tels que Deckon et le grand marché, les activités étaient au ralenti. Les commerçants ont scellé les portes. Dans la matinée de la journée quelques rares conducteurs de taxi moto ont fait la navette. Lomé, la capitale a présenté ainsi un visage pâle. Malgré le déploiement des militaires et des forces de l’ordre pour rassurer les citoyens de vaquer à leurs occupations, ces derniers ont préféré rester chez eux. C’est seulement dans l’après-midi que certains artères ont retrouvés un peu de vie.

Dans les villes de l’intérieur du pays, le mot d’ordre de l’opposition a également reçu un écho favorable. Les rues et les marchés d’habitude remplis de monde étaient clairsemés. La situation à l’intérieur du pays a été même par endroit plus frappante que dans la capitale. C’est le cas notamment dans la ville d’Anié où les rues étaient complétement désertes.

Au terme de cette journée, dans les deux camps protagonistes dans de la crise, le satisfecit  a été proclamé du côté de l’opposition tandis que du côté du pouvoir, c’est la grise mine. 

Un bilan qui n’arrange pas le pouvoir

Pour les responsables de la Coalition de l’opposition la journée « Togo Mort » du lundi dernier, s’apparente à un ultime test. Et pour cause, depuis quelques temps les appels à manifester de l’opposition n’ont été suivis par l’effet escompté. Même s’il faudrait mettre cela sur le compte de la terreur installée dans les rues de la capitale et dans certaines villes de l’intérieur à la veille des manifestations avec d’important contingents militaires, arme au point et bâton à la main, prêt à réprimer toutes manifestations.   Il faut également souligner la cassure de la dynamique qui a été enclenchée lors des premières manifestations. Ceci est essentiellement dû à l’arrêt des manifestations par l’opposition pour donner une chance au dialogue. Un dialogue dont attend toujours l’épilogue. Ainsi, l’appel à la désobéissance civile est la dernière option qui s’offre à la coalition de l’opposition pour rappeler au pouvoir de Faure Gnassingbé que les populations togolaises restent déterminées. Et au vu du visage qu’a montré les rues de Lomé et celles de l’intérieur du pays, il est clair que l’opposition a réussi son pari qui représentait, faut-il encore le souligner, un couteau à double tranchant pour les deux camps.

Ainsi donc, ce bilan n’arrange pas le pouvoir. Ceci pour deux raisons principales.  Premièrement, le pouvoir  qui s’appuie sur «  sa méthode de la terreur » pour dissuader  les togolais de ne pas manifester donne raison à l’opposition qui dénonce la répression psychologique exercée par le pouvoir sur ses partisans. Deuxièmement, cette journée vient témoigner que les populations sont toujours en alertes. Dans ce cas, un peuple qui reste silencieux, est un peuple imprévisible. De ce fait, le pouvoir s’est créé une bombe à retardement qui pourrait lui explorer à la figure à tout moment. 

Quand on se réfère aux conséquences notamment économiques d’une telle journée (Togo Mort) où toutes les activités économiques sont au ralenti, le Président de la République a qui les citoyens ont confié la gestion du pays doit sortir de son silence pour proposer une alternative crédible au peuple.

Miboussomékpo Koffi

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