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Permis de conduire obligatoire pour les motos : Bien mais…

Le Vendredi 09 Août dernier, le ministre de la Sécurité et de la protection civile, le Gal Yark Damehame, annoncé que le permis de conduire sera désormais obligatoire pour les motocyclistes. Cette décision se veut, à comprendre le ministre, une réponse au nombre sans cesse croissant d’accidents de circulation causés par les motocyclistes.

En théorie, ce permis de conduire est impératif pour toute personne possédant une moto. Mais dans la pratique, les policiers ne l’exigent pas. Mais, le bilan sécuritaire du premier semestre de l’année en cours a vraisemblablement obligé les autorités à taper du poing sur la table. « Les motocyclistes ont jusqu’au 20 septembre 2019 pour passer et obtenir leur permis de conduire. Faute de quoi, leurs engins seront saisis pendant les contrôles routiers, et ils ne les retireront qu’après avoir présenté leur permis», a annoncé le ministre-Général.

Un bilan effarant

En effet, au total 3178 accidents de circulation dont 354 pertes en vies humaines ont été enregistrés courant le premier semestre 2019. Et les principales causes sont notamment l’excès de vitesse, la conduite en état d’ébriété ou sous l’influence de substances psychotropes, le dépassement défectueux, le non-respect ou l’absence de disposition de sécurité (casque, ceinture de sécurité, siège auto pour enfant), l’usage du téléphone au volant et le non-respect du code de la route. Selon les chiffres rendus publics par le ministre chargé de la Sécurité, 157 décès sur 354 occasionnés par les accidents, sont provoqués par les motocyclistes.

En fait, depuis quelques années, le nombre des victimes des accidents de circulation prend des proportions inquiétantes. En effet, l’année dernière, le bilan affiche un total de cas d’accidents en 2018 de 5814 avec 592 morts et 7951 blessés, la situation est plus grave que les trois dernières années. Pour les catégories d’engins impliqués, figurent en première ligne les motos (172 morts), les voitures (81 morts), les camions (50 morts) et le train (3 morts).  2017 a été l’une des années les plus dangereuses pour les usagers de la route. Durant cette année, le ministère de la sécurité et de la protection civile a enregistré 5.181 cas d’accidents.  Ces accidents ont fait 8 624 blessés et 580 morts. Par rapport à l’année 2016 (514 morts), le nombre de décès dus aux accidents de circulation sur les routes togolaises a augmenté de 7%. Ce bilan macabre émane du ministère de la Sécurité et de la protection civile. En 2015, ils étaient 573 personnes à perdre la vie sur les routes.

Du coup, la décision prise par le Ministre de la sécurité se veut impérative en vue « de sauver la vie des usagers, mais aussi de tous les citoyens ». D’où la nécessité de mettre la pression sur les motocyclistes pour qu’ils régularisent leur situation. Mais contre toute attente, alors que certains motocyclistes s’apprêtent à obtempérer, le Gal Yark Damehame s’est montré moins catégorique en essayant d’apporter des clarifications sur sa décision.   « Le 20 septembre nous commençons le contrôle et la vérification des pièces et permis de conduire pour les motocyclistes. Mais à partir du 1er décembre 2019, il y aura contrôle + sanction » a –t-il clarifié avant de nommer la sanction « Tu n’as pas ton permis de conduire, à partir de cet instant là c’est-à-dire le 1er décembre, on gare ta moto quelque part et tu rentres à la maison ». Cette sortie du ministre de la Sécurité aura finalement pour effet de freiner l’élan de sa première sortie qui a eu le mérite de réveiller l’opinion sur l’importance du permis de conduire pour les deux roues. Même si certains concitoyens exigeaient une période moratoire.

Toutefois, il faut souligner que cette décision seule ne permettra pas de réduire significativement le nombre d’accidents. Dès lors, il faut faire plus.

Et si on allait plus loin ?

Le ministre de la Sécurité a semblé prendre la mesure de la situation. Puisqu’il est également annoncé des tests d’alcoolémie sur les routes. Mais là aussi, ce sera insuffisant. Il nous souvient que plusieurs décisions ont été annoncées, il y a bientôt 5 ans qui n’ont jamais été mis en application.

Il s’agit des contrôles diurne et nocturne de police  sur toute l’étendue du territoire. « Ces contrôles seront exécutés par des personnels de la police, de la gendarmerie et du ministère chargé des Transports. Ceux-ci seront clairement identifiables par des numéros matricules qui leur seront affectés à cet effet », avait-on annoncé avant d’ajouter par ailleurs que « les véhicules assurant le transport interurbain de passagers de plus de 12 places et les camions remorques ou semi-remorques affectés au transport de marchandises ne sont plus autorisés à circuler la nuit entre 18 heures 30 et 5 heures du matin. Toutefois, cette restriction de circulation n’est pas applicable aux véhicules transportant des marchandises notamment des denrées périssables. Les autocars assurant le transport de passagers sur de longues distances devront disposer de deux conducteurs pour se relever. Il est également formellement interdit à tout véhicule en transit de transporter des passagers. Tout véhicule ou camion, en panne, n’est plus autorisé à stationner sur la chaussée durant plus de 6 heures. Les véhicules manifestement vétustes seront retirés de la circulation ». Et pour terminer, « les propriétaires de véhicules ou de camions en circulation devront prendre toutes les dispositions pour équiper leurs véhicules en un dispositif d’éclairage non éblouissant d’une part, et de feux de gabarit d’autre part ».

Il ne faut pas non plus oublier que l’état défectueux de certaines routes et des feux tricolores sont à l’origine des accidents. Il y a donc, nécessité d’une réflexion globale sur les principales causes des accidents.  La décision du ministre de la Sécurité est bonne mais risque de ne pas aboutir au résultat escompté si les mesures susmentionnées ne sont pas mises en application comme il se doit.

FRATERNITE

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