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Pétrolegate:  La guerre dans la maison

L’affaire de détournements de 500 milliards FCFA sur la commande du pétrole, révélée par la presse a connu, fin semaine dernière, un nouveau rebondissement. Le ministre en charge du Commerce, Kodjo Adedze a fait commanditer un audit par son ministère aux fins de tirer au clair l’affaire et situer les responsabilités. Un exercice qui s’annonce intéressant.

Réelle volonté ?

Le ministre en charge du Commerce, Kodjo Adedze a donné des instructions pour que des audits soient réalisés dans l’affaire «Pétrolegate». Ceci, afin d’en rétablir la vérité.

C’est, en substance, l’annonce faite, le vendredi 17 juillet dernier, sur la télévision nationale, par Komlan Kondo, le Coordonnateur par intérim du Comité de suivi des fluctuations des prix des produits pétroliers (CSFPP). « Si malversations il y a, les auteurs seront poursuivis conformément aux textes en vigueur », a ajouté Komlan Kondo.

L’opinion pourrait espérer avec cette annonce si seulement le pouvoir de Lomé s’était fait, ne serait que l’once d’une crédibilité dans ces genres de dossier.   Seulement voilà ! Celui qui va faire l’audit est lui-même l’audité.

Des inquiétudes…

En effet, plusieurs points et évidences en suspens contraignent à être dubitatifs quant à l’issue d’une telle procédure en faveur du rétablissement de la vérité.

D’une part, si audit est réellement demandé par l’autorité, c’est à demander où était-elle alors quand tout se tramait. En plus de ceux que le confrère a cité représentant la primature et autres niveaux de l’exécutif  dans le Csfppp, des indiscrétions font état de ce que plusieurs autres personnalités du régime seraient bien trempées dans cette affaire. Dès lors, mener un audit avec les acteurs nationaux paraîtra peut objectif, dans un contexte où nombre de structures privées appartiennent au même clan à travers des sociétés écrans.

D’autre part, en annonçant l’audit, Komla Kondo, à la tête du CSFPP depuis le 5 juin, en remplacement du mis en cause Francis Sossa Adjakly, s’est évertué  à démontrer l’absence de concussion et/ou de délit d’initié dans ce dossier. Pendant qu’une action judiciaire est en cours, cela semble être une politique de l’autruche ou une diversion pendant que le joueur joue à l’arbitre. Et cela est de nature à fausser le jeu, dès le départ. Partant de là, il est fort à parier que cette affaire fera moins d’émules qu’espérées.

Guerre de clans…

Seul espoir à priori, c’est l’engagement sans pareil dans ce dossier du ministre de tutelle qui, à en croire de sources bien introduites, est décidé à faire découvrir le pot-au-rose.  Il revient que  l’OTR, institution dont a été préalablement Commissaire Général le ministre, n’a jamais été ouverte au comité de fixation des prix. Ce qui n’est pas anodin. Et l’éjection de l’inamovible Adjakly de la tête de la Csfppp , un comité qui n’était en fait qu’ une nébuleuse n’était qu’un premier acte du scenario.

D’autres sources bien introduites rapportent par ailleurs, que le pot-aux roses s’est retrouvé dehors à force de bras de fer interminable entre le père Francis et le fils Fabrice Adjakly avec la suite de la famille mêlée. Et tout serait parti de la décision du père, vu le train de vie incontrôlable de son fils de lui retirer la signature sur les comptes de Management Hydrocabure, l’entreprise qui serait le trader.

Il saute donc aux yeux  que cette affaire dont tout le mérite revient à la presse, ne serait pas bien vue par nombre de cadres du ministère. Lesquels seraient d’ailleurs actuellement à couteaux-tirés avec M. Adedze. Visiblement emballés, ces derniers s’emploieraient à tordre le coup au processus pour noyer le dossier.

Dès lors, tous les regards sont tournés vers Faure Gnassingbé, très attendu sur le sujet. Pour une fois, on attend de voir s’il donnera son onction salvatrice au ministre Adedze afin que l’affaire aille jusqu’au bout et révèle jusqu’au dernier degré, tous les noms tapis dans l’ombre et qui, depuis le «bureau noir» du ministère du Commerce, se sucrent allègrement et indûment sur le dos de leurs citoyens jusqu’au dernier.

Mais avant, lorsqu’on se rappelle qu’il n’y a pas longtemps, d’abord sur insistance de votre Journal FRATERNITÉ, ensuite au titre de mesures sociales liée à la Covid, le pays a connu de baisses conséquentes de prix de produits pétroliers à la pompe, ce qui n’était pas ordinaire, l’on est tenté de dire que les faits et similitudes parlent d’eux-mêmes. L’on attend donc que la vraie vérité éclore. Le presse en fait déjà une partie.

FRATERNITE